Églises orientales : le Pape s’exprime sur la dignité de la liturgie

Églises orientales : le Pape s’exprime sur la dignité de la liturgie

S’exprimant devant la Congrégation pour les Églises orientales le vendredi 18 février dernier, le Pape François a abordé la question de la liturgie dans le cadre des vingt-cinq ans de l’Instruction sur l’application des prescriptions liturgiques du Code des canons des Églises orientales.  Le Pape a notamment parlé de l’iconostase.

Ainsi, les traditions qui gardent l’usage de l’iconostase, avec la porte royale, ou le voile qui cache le sanctuaire à certains moments du rite, nous enseignent que ces éléments architecturaux ou rituels ne transmettent pas l’idée de la distance de Dieu, mais au contraire, exaltent le mystère de condescendance — de syncatabasis — par lequel le Verbe est venu et vient encore dans le monde.

Le Pape met aussi en garde contre certains “particularismes liturgiques” et contre des “expérimentations qui qui peuvent nuire au cheminement vers l’unité visible de tous les disciples du Christ”. Une manière de critiquer certaines initiatives qui tendraient à dénaturer la spécificité de ces liturgies orientales ainsi qu’à porter préjudice à leur beauté. Il est vrai que des réformes peu heureuse ont pu éloigner les liturgies de ces Églises en communion avec le Siège apostolique de leurs collègues non unies à Rome :

Le Congrès liturgique pour les 25 ans de l’Instruction sur l’application des prescriptions liturgiques du Code des canons des Eglises orientales est l’occasion de mieux se connaître parmi les commissions liturgiques des différentes Eglises sui iuris ; c’est une invitation à marcher ensemble avec le Dicastère et ses consulteurs, selon la voie indiquée par le Concile œcuménique Vatican ii. Sur ce chemin, il est bon que chaque composante de l’unique et symphonique Eglise catholique se maintienne toujours à l’écoute des autres traditions, de leurs itinéraires de recherche et de réforme, tout en gardant chacune sa propre originalité. La fidélité à son originalité propre est ce qui fait la richesse symphonique des Eglises orientales. On peut s’interroger, par exemple, sur la possible introduction d’éditions de la liturgie dans les langues des pays où les fidèles se sont répandus ; mais sur la forme de la célébration, il est nécessaire de vivre l’unité selon ce qui est établi par les Synodes et approuvé par le Siège apostolique, en évitant des particularismes liturgiques qui, en réalité, manifestent d’autres divisions au sein des Eglises respectives. En outre, n’oublions pas que les frères des Eglises orthodoxes et orthodoxes orientales nous regardent : même si nous ne pouvons pas nous asseoir à la même table eucharistique, nous célébrons et prions cependant presque toujours les mêmes textes liturgiques. Soyons donc attentifs à des expérimentations qui peuvent nuire au cheminement vers l’unité visible de tous les disciples du Christ. Le monde a besoin du témoignage de la communion : si nous faisons scandale avec les querelles liturgiques — et malheureusement, il y en a eu quelques-unes récemment — nous faisons le jeu de celui qui est maître de la division.

Source : L’Osservatore Romano

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