Egypte – Les coptes vont ils finir par se révolter ?

Égypte : « Minya est en ébullition ! »

C’est le titre de l’éditorial, du 2 septembre dernier, de Youssef Sidhom, rédacteur en chef de Watani, le seul hebdomadaire chrétien égyptien, publié au Caire. Il met en garde contre une montée de l’amertume des Coptes devant les persécutions incessantes dont ils sont les victimes dans le gouvernorat de Minya.

Dans son édition du 20 août, Watani avait mis en une « Minya : 15 églises fermées et 70 villages sans église ». La une de la livraison de la semaine suivante, 27 août, disait : « Les Coptes d’Ezbet-al-Furn, [région d’]Abu Qirqas], prient dans la rue pour célébrer la fête de l’Assomption de Vierge Marie. »

Depuis très longtemps, les Coptes en Égypte sont privés de leur droit constitutionnel au culte et à la pratique de leurs rites religieux. Cela accumule des couches d’amertume chez les Coptes et augmente le sentiment d’être traité indignement qui devient une sorte de bombe à retardement. Je pense que les responsables officiels devraient comprendre la gravité de la situation qui, selon toute évidence, échappe à beaucoup. En août 2013, les terroristes des Frères musulmans prirent pour cible quelque 100 églises et institutions coptes, les pillèrent et les incendièrent. Les Coptes comprennent alors que ce n’est pas eux qui étaient pris pour cible : c’était toute l’Égypte.

C’était la revanche des islamistes contre les Égyptiens qui, par millions, s’étaient levés pour se débarrasser des Frères musulmans […] Et donc les Coptes, qui sont d’authentiques Égyptiens, comprirent pleinement qu’ils n’étaient qu’un prétexte pour saper la nation : ils demeurèrent paisibles et ne se plaignirent pas […] Être privé de prier n’était, au demeurant, pas une nouveauté pour les Coptes. […] Un nouveau sommet a été atteint la semaine dernière dans le gouvernorat de Minya : les Coptes se virent interdits de prier et, pis encore, non pas du fait d’extrémistes, de fanatiques ou de fondamentalistes, mais par des membres du gouvernement local et de son appareil de sécurité. Les responsables de cet appareil se mettent la tête dans le sable pour ne pas voir le fait qu’ils n’ont aucun scrupule à fermer les églises qui existent, sous prétexte de raisons de sécurité. Ils traînent pour les rouvrir ou pour les légaliser. […] Et puis, les voilà qui se lèvent pour défendre la Constitution et la loi et que c’est de leur responsabilité d’interdire aux Coptes leurs lieux de culte. Vraiment ? Les Coptes sont-ils réduits à prier dans des endroits non autorisés parce qu’ils aiment ça ? Est-ce que les métropoles, les villes, l es villages, les hameaux ont suffisamment d’églises autorisées pour que les Coptes se mettent à prier dans des maisons, dans des rues ou dans des cours ? Les appareils administratifs et de sécurité font beaucoup d’efforts et pourraient poursuivre les Coptes devant les tribunaux, les mettre en état de siège et les empêcher de pratiquer leurs rites religieux. Ils auraient fait infiniment mieux en employant ces efforts à rédiger des rapports politiques et sur la sécurité conseillant l’urgence de rouvrir les églises fermées, et qui signalent les besoins pressants d’autoriser de nouvelles églises pour satisfaire les besoins des Coptes, qui sont conformes à la Constitution et aux lois. À moins que ces appareils ne se souviennent de la Constitution et des lois que pour réprimer les Coptes. Faudra-t-il un nouvel incident de violence sectaire à Minya pour que le Président Sisi remarque que les sentiments des Coptes à Minya s’aigrissent […] ? Faut-il que Minya brûle pour que nous prenions conscience de l’ampleur du crime qui est train de s’y accomplir et de l’injustice dont on afflige les Coptes ? […] Il est temps pour le Président Sisi et ses collaborateurs de comprendre que Minya est en ébullition et que le sentiment d’injustice et d’amertume chez les Coptes atteint un sommet.

Watani, 2 septembre – © CH pour la traduction

Source Christianophobie Hebdo.

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