Entretien avec le Père Jens Petzold de la communauté monastique de Sulaymaniyah (Kurdistan irakien)

Le Père Jens Petzold, de la communauté monastique de Sulaymaniya (c’est la « branche » du monastère syrien de Mar Mousa) a répondu aux questions de L’Oeuvre d’Orient. Dans cet entretien, il rappelle la spécificité de la tradition chaldéenne. Le monastère est, en effet, affilié à l’Église chaldéenne catholique. Si les latins sont centrés sur le Vendredi saint, tandis que les byzantins et les syriaques insistent sur la Résurrection, les chaldéens, eux, sont davantage portés sur l’attente du samedi saint. En effet, “l’église chaldéenne, elle, est « l’Eglise du samedi », dans l’attente. Il y a l’espérance que porte le peuple sur cette croix vide. C’est un moment d’angoisse mais aussi un moment de grande espérance.” En tout état de cause, “en Orient, Pâques est vraiment LA grande fête.”

Voici cet entretien :

Quelles sont les traditions à Maryam-Al-Adhraa pour Pâques ?

Pendant le carême, les chaldéens font le chemin de Croix chaque vendredi. Pendant la messe de la résurrection, les fidèles préparent une petite pièce de théâtre traditionnelle sur la résurrection, lorsque Jésus ouvre les portes du ciel.

Pour les syriaques, la tradition est un peu identique à celle des latins, il y a des chants spécifiques pour cette fête. Originairement la messe était célébrée à partir de 3h jusqu’à 7h du matin, l’heure où la lumière du jour parait – les églises traditionnelles étaient même étudiées pour que le jour de Pâques, la lumière touche terre au moment de la Consécration.

Que représente la fête de Pâques pour vos fidèles ?

Pour eux c’est très important. Parfois on a l’impression qu’en Europe, Noël a pris la place sur les autres fêtes mais en Orient, Pâques est vraiment LA grande fête. C’est pour eux le moment d’Espérance.

Dans l’Église latine en général, l’accent est mis sur le vendredi saint. C’est très important la Croix, cette souffrance et la conscience que Jésus est mort pour nos péchés.

Dans l’Église orientale, byzantine et syriaque, la tradition aime beaucoup la Résurrection. Dans la liturgie on est heureux que Jésus ressuscite ; le Christ prend nos péchés.

L’église chaldéenne, elle, est « l’Église du samedi », dans l’attente. Il y a l’espérance que porte le peuple sur cette croix vide. C’est un moment d’angoisse mais aussi un moment de grande espérance.

Il existe ainsi un jeu entre ces trois traditions car chacune se concentre sur un des aspects de la résurrection du Christ.

Avez-vous un message particulier pour le carême ?

Au Moyen-Orient nous sommes dans l’attente du futur, nous avons besoin de la prière. Cette expérience d’angoisse de la résurrection est très importante et en même temps j’ai cette confiance en Dieu, que l’on va finir par trouver avec une nouvelle paix au Moyen-Orient.

Il faut chercher dans le cœur des chrétiens et de toutes les personnes de bonne volonté un moyen de créer la paix à nouveau.

Source : lettre d’information de L’Oeuvre d’Orient.

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