Fatima – 13 mai -13 octobre, le temps d’un rosaire

Nous voilà arrivés au centenaire de la première apparition de Fatima. Pendant les cinq mois qui viennent, offrons tout particulièrement nos journées à Notre-Dame. Petit signe de Notre-Dame du Rosaire qui a voulu marquer du signe du rosaire ses apparitions à Fatima : avez-vous remarqué que, du 13 mai au 13 octobre, il y a 153 jours, autant que de Je vous salue Marie dans un rosaire ?

Le rosaire n’est pas le seul enseignement de Notre-Dame à Fatima. En effet,  au cours de ses six apparitions de 1917, elle rappela les cinq grands enseignements suivants :

  • la nécessité de prier et d’offrir des sacrifices pour la conversion des pécheurs,
  • la récitation quotidienne du chapelet pour obtenir la paix dans le monde,
  • les fins dernières : le Ciel, le purgatoire, l’enfer,
  • la dévotion au Cœur Immaculé de Marie, dévotion voulue par Dieu et qui assurera le salut à ceux qui l’embrasseront,
  •  enfin son rôle de médiatrice de toutes grâces.

Ce dernier thème de la médiation universelle de la Sainte Vierge n’est exprimé que de façon implicite dans les apparitions, mais il est très présent en particulier dans l’apparition du 13 juillet :

  • « Récitez le chapelet tous les jours en l’honneur de Notre-Dame du Rosaire, pour obtenir la paix du monde et la fin de la guerre, parce qu’Elle seule peut les obtenir ».
  • « Si l’on fait ce que JE vais vous dire, beaucoup d’âmes se sauveront et l’on aura la paix ».
  • « Si l’on écoute MES demandes, la Russie se convertira et on aura la paix ».

Ces phrases indiquent clairement le pouvoir qui a été donné à la Sainte Vierge : celui d’obtenir la conversion des pécheurs et la paix dans le monde. Notre-Dame a donc un rôle dans le domaine spirituel, la conversion des pécheurs, mais aussi dans le domaine temporel : la paix dans le monde. D’ailleurs, dans les litanies de la Sainte Vierge, elle est invoquée sous les noms de « Refuge des pécheurs » et de « Reine de la Paix ».

Mais, il n’y a pas que dans l’apparition du 13 juillet que ce rôle a été annoncé. Déjà, le 13 juin,  elle avait montré tout le pouvoir que Dieu lui a accordé.

Elle avait dit : «  Jacinthe et François, JE les emmènerai bientôt » marquant par là qu’elle a pouvoir sur la vie et sur la mort. Puis un peu après, en parlant de la dévotion à son Cœur Immaculé, elle précise : «  À qui embrassera cette dévotion, JE promets le salut. » Elle n’a pas dit : « Dieu promet le salut », mais bien : « JE promets le salut » ! Et elle le confirme en disant juste après à Lucie que son cœur est « LE chemin qui la conduira jusqu’à Dieu  ». Elle montre ainsi qu’elle a le pouvoir de nous faire entrer au paradis.

De même, le 13 septembre, elle dit à propos des guérisons demandées par Lucie : « J’en guérirai quelques-uns » montrant qu’elle a également pouvoir sur notre santé.

La médiation de Notre-Dame est aussi très clairement illustrée dans quatre apparitions, au moment où elle ouvre les mains. Par ce geste, elle communiqua aux petits voyants des lumières sur Dieu (première apparition), les éclaira sur leur vocation (deuxième apparition), les instruisit sur des réalités surnaturelles (l’enfer dans la troisième et les mystères du rosaire dans la sixième apparition).

Enfin, la danse du soleil, également déclenchée par un geste de ses mains, indique qu’elle a aussi le pouvoir de jouer sur les éléments naturels. Elle l’avait d’ailleurs clairement dit au cours des trois apparitions précédentes : le 13 juillet, elle avait dit : «  JE viendrai faire un miracle », le 19 août : «  JEferai le miracle pour que tout le monde  croie » et le 13 septembre : «  JE ferai le miracle pour que tous croient  ». De plus, ce fut un miracle exceptionnel, un miracle cosmique, le quatrième de ce type dans l’histoire de l’humanité (voir lettre de liaison n° 12). Par ce miracle, Dieu veut nous montrer avec éclat qu’Il a confié à sa Mère un pouvoir très étendu.

Jacinthe eut une perception très profonde de cette puissance de Notre-Dame, car, quelques jours avant de partir à l’hôpital, elle confia à sa cousine ses dernières pensées qui jettent une lumière remarquable sur ce point :

Il ne me reste plus beaucoup de temps pour aller au Ciel. Toi, tu resteras ici afin de dire que Dieu veut établir dans le monde la dévotion au Cœur Immaculé de Marie. Le moment venu de le dire, ne te cache pas. Dis à tout le monde que Dieu nous accorde ses grâces par le moyen du Cœur Immaculé de Marie, que c’est à elle qu’il faut les demander, que le Cœur de Jésus veut qu’on vénère avec lui le Cœur Immaculé de Marie, que l’on demande la paix au Cœur Immaculé de Marie, car c’est à elle que Dieu l’a confiée.

La médiation de la Sainte Vierge n’est pas un enseignement nouveau dans l’Église. Saint Bernard disait déjà : « La volonté de Dieu est que nous ayons tout par Marie ». Plus près de nous, saint Bernardin de Sienne n’hésitait pas à dire : « Tous les dons du Saint-Esprit sont distribués par Marie à ceux qu’elle veut, quand elle le veut, comme elle le veut et autant qu’elle le veut ».

Dans son Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge, saint Louis-Marie Grignion de Montfort, va jusqu’à dire, au n° 25 :

Dieu le Saint-Esprit a communiqué à Marie, sa fidèle Épouse, ses dons ineffables, et Il l’a choisie pour la dispensatrice de tout ce qu’Il possède : en sorte qu’elle distribue à qui elle veut, autant qu’elle veut, comme elle veut et quand elle veut, tous ses dons et ses grâces, et il ne se donne aucun don céleste aux hommes qu’il ne passe par ses mains virginales.

Et plusieurs papes ont confirmé cet enseignement. En particulier, Léon XIII, dans l’encyclique Octobri Mense du 22 septembre 1891, déclara :

Il est permis d’affirmer que rien, d’après la volonté de Dieu, ne nous est donné sans passer par Marie, de telle sorte que, comme personne ne peut s’approcher du Père tout-puissant sinon par son Fils, ainsi personne, pour ainsi dire, ne peut s’approcher du Christ que par sa mère.

Et dans l’encyclique Ad Diem Illum Laetissimum du 2 février 1904, saint Pie X confirma l’enseignement de Léon XIII :

Par la communion des douleurs et de volonté entre le Christ et Marie, cette dernière a mérité de devenir la dispensatrice de tous les bienfaits que Jésus nous a acquis par son sang.

La médiation de la Sainte Vierge est donc une notion parfaitement traditionnelle. Et Notre-Dame est venue à Fatima confirmer ce qu’enseigne la Tradition. Toutefois, pour ne pas devancer les déclarations solennelles du Magistère, à Fatima, la Vierge Marie ne se présente pas comme « Médiatrice de toutes grâces », mais tout son message souligne qu’elle est bien la médiatrice de toutes les grâces, en particulier des grâces de conversion pour les pécheurs et de paix pour le monde.

Alors en ce centenaire de sa première apparition à Fatima, méditons sur sa puissance et demandons à celle qui est « Médiatrice de toutes grâces » toutes les grâces dont nous avons besoin.

En union de prière dans le Cœur Immaculé de Marie.

Yves de Lassus

 

 Président de Cap Fatima 2017

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