Faut-il des affiches provocantes pour lutter contre le sida ?

Alors que des maires retirent les affiches d’une campagne provocante anti-VIH, que des citoyens les arrachent ou les recouvrent, Marisol Touraine a décidé de porter plainte pour Homophobie. Les juristes pour l’enfance portent plainte à leur tour contre une camagne à la déontologie douteuse.
Vous pouvez également signer la pétition
Voici le communiqué des Juristes pour l’enfance.
Notre association dépose ce jour une plainte devant le Jury de déontologie publicitaire contre la campagne d’affichage du Ministère de la Santé, diffusée partout en France et dont le visuel laisse apparaître des couples d’hommes enlacés, avec le message suivant :
« avec un amant, avec un ami, avec un inconnu »
« coup de foudre, coup d’essai, coup d’un soir ».
Sous couvert de lutte contre le SIDA, le ministère de la Santé par le biais de cette campagne d’affichage ne fait rien moins qu’inciter, promouvoir et banaliser sur la voie publique des comportements sexuels dits à risques (multiplication de partenaires, qui plus est, exclusivement
masculins) .
Alors qu’une publicité d’un opérateur de téléphonie internet présentant l’image d’un enfant glissant à califourchon sur une rampe d’escalier a été supprimée au motif de ne pas inciter les enfants à adopter de tels comportements dangereux, comment une telle une campagne banalisant le vagabondage sexuel pourrait-elle être considérée comme anodine et sans danger ?
Circonstance aggravante, ces affiches sont diffusées partout et, en particulier, aux arrêts de bus largement fréquentés par les jeunes comme à proximité directe des écoles (établissements maternels, primaires, collèges et lycées), visibles par tous et en tous lieux.
Cette campagne de publicité est gravement contraire aux principes professionnels applicables enla matière. En conséquence, et au nom de la défense des droits de l’enfance, JPE demande l’arrêt immédiat de cette campagne au Jury de déontologie publicitaire.
L’association va également exercer un recours contre la décision de financement public de cette campagne qui, en portant sur la voie publique des attitudes sexuelles qui relèvent de la vie privée et de l’intimité des gens, porte atteinte à la pudeur publique et à l’innocence à laquelle ont droit les enfants. Nous vous tiendrons au courant des suites de ces différentes actions.
Sachez sinon que nos autres actions suivent leur cours : instruction de deux plaintes contre des agences américaines vendant des prestations de GPA en France, mise en jeu de la responsabilitéd’hébergeurs de sites Internet permettant le recours à des mères porteuse, lesdits hébergeurs ayant refusé de bloquer l’accès au contenu illicite, mise en jeu de la responsabilité de forums permettant l’entremise entre des mères porteuses et des parents commanditaires.
Soyez assurés de notre dévouement au service des enfants et recevez à l’occasion de cette triste affaire tous nos remerciements pour votre aide précieuse grâce à laquelle nous pouvons défendre les enfants en justice,

Aude Mirkovic
Maître de conférences en droit privé,
Porte-parole de l’Association

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