Faut-il fermer les limbes ?

Le sort des enfants morts sans baptême demeure un objet d’angoisse pour les familles confrontées à l’épreuve d’une fausse couche, ou au drame d’un avortement provoqué. La miséricorde de Dieu, « qui veut que tous les hommes soient sauvés » (1 Tm 2, 4), les mérites infinis de la passion du Christ, et la sollicitude de Jésus pour les plus petits (cf. Mc 10, 13-14) ne sont-elles pas des données suffisantes pour consoler les parents éprouvés, en les assurant que leur enfant repose désormais dans la gloire du ciel ? C’est animé de ce souci pastoral que Dom Pateau, père Abbé de l’Abbaye Notre-Dame de Fontgombault, a voulu examiner en théologien la convenance d’un salut pour tous ces
petits « à qui la vie n’a souri que durant un instant » (p. 15). L’argument central consiste à affirmer une suppléance universelle de la médiation sacramentelle du baptême pour les enfants dans l’impossibilité de recevoir le sacrement, et, partant, à dégager la « convenance », proche selon l’auteur de la certitude, « d’une sanctification directe par Dieu des enfants mourant sans baptême » (p. 248).

Après un parcours chez les prédécesseurs de saint Thomas, l’auteur examine attentivement la position du Docteur angélique, faisant état des variations de sa pensée, pour proposer une critique, rendue possible par un approfondissement de l’enseignement de saint Thomas (cf. p. 19), de la théorie des limbes. L’ouvrage se conclut par une section au titre éloquent : « Vers un document magistériel ? » Quoique tempéré par un point d’interrogation, l’appel lancé par l’auteur est sans équivoque : pour les enfants morts sans baptême, « [l’]échec de la volonté salvifique de Dieu ne semble pas admissible » (p. 250).

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