La fidélité aux valeurs non négociables en vue de la conversion de la France et de l’Europe

Nous avons retranscrit l’enseignement d’Hubert et Sylviane rappelant que la conversion de notre pays demande la fidélité aux valeurs non-négociables énoncées déjà par Jean-Paul II, parmi lesquelles le respect de la vie et la défense de la famille. Cet enseignement a été donné Dans le cadre du week-end sur la justice et la sainteté, organisé par la Famille missionnaire de Notre-Dame en juillet à Sens.

L’expression “principes non négociables” est formalisée pour la première fois en 2002, par le Cardinal Ratzinger alors Préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, lorsqu’il liste, à la demande de saint Jean-Paul II, 15 points indiscutables dans sa note doctrinale concernant l’engagement et le comportement demandé aux catholiques dans la vie politique. A cette époque, le cardinal Ratzinger constate un certain relativisme culturel qui se manifeste de manière évidente en érigeant en théorie et en défendant le pluralisme éthique. C’est la preuve, ajoute le cardinal, de la décadence et de la dissolution de la raison et des principes de la loi morale naturelle. Dans la ligne de cette tendance, les citoyens, d’une part, revendiquent la plus complète autonomie pour leurs choix moraux et, d’autre part, les législateurs pensent qu’il faut respecter cette liberté de choix en formulant des lois qui font fi des principes de l’éthique naturelle, comme si toutes les conceptions de la vie avaient une égale valeur. Le cardinal Ratzinger s’oppose à la thèse relativiste selon laquelle il n’existe pas une norme morale enracinée dans la nature même de l’Homme. Nous devons au contraire soumettre notre conception de l’Homme, du Bien commun et de l’Etat au jugement de cette norme morale. La vie démocratique a besoin de fondements vrais et solides, c’est-à-dire de principes éthiques qui, en raison de leur nature et de leur rôle de fondement de la vie sociale, ne sont pas négociables. Comme l’enseigne le Concile Vatican II, la sauvegarde des droits de la personne est en effet la condition indispensable pour que les citoyens, individuellement ou en groupe, puissent participer activement à la vie et à la gestion de la nation. Saint Jean Paul II a maintes fois répété  que ceux qui sont engagés directement dans les instances législatives ont une obligation précise de s’opposer à toute loi qui s’avère un attentat contre la vie humaine. Le cardinal Ratzinger parle “d’exigence éthique fondamentale” à laquelle on ne peut renoncer car l’essence de l’ordre moral qui concerne le bien intégral de la personne est en jeu.

Se trouvent énumérés dans cette note de 2002,

  • Premièrement : la protection de la vie depuis sa conception jusqu’à la mort naturelle
  • Deuxièmement : la protection et la promotion de la famille fondée sur le mariage monogame entre personnes de sexe différent et la filiation biologique
  • Troisièmement : la garantie de liberté d’éducation des enfants, comme droit inaliénable des parents.

Mais aussi : la protection sociale des mineurs, la libération des victimes des formes modernes d’esclavage, comme la drogue ou la prostitution, le droit à la liberté religieuse, le développement d’une économie au service de la personne et du Bien commun, et enfin la recherche et le maintien de la paix.

Ce sont des principes éthiques non négociables. En soi, précise le cardinal Ratzinger, il ne s’agit pas de valeurs confessionnelles, car de telles exigences éthiques sont enracinées dans l’être humain et appartiennent à la loi morale naturelle. Elles n’exigent pas de ceux qui les défendent la profession de la foi chrétienne.

En 2004, le cardinal Ratzinger poursuit sa réflexion et introduit une hiérarchie dans ces principes. Voici un extrait de son propos : “Les questions morales n’ont pas toutes le même poids moral que l’avortement ou l’euthanasie. Par exemple, si un catholique était en désaccord avec le Saint Père sur l’application de la peine capitale ou sur la décision de faire la guerre, il ne serait pas considéré pour cette raison comme indigne de se présenter pour recevoir la Sainte Communion. Les catholiques peuvent légitimement avoir des opinions différentes sur la guerre ou la peine de mort, mais en aucun cas sur l’avortement ou l’euthanasie.

Ce texte aborde un point essentiel : les sujets moraux n’ont pas tous le même poids, et c’est pourquoi certains, mais pas tous, sont non négociables. Le pape a mis en exergue trois principes non négociables car ce qui touche à la vie, à la famille ou à l’éducation fonde la société et est à distinguer des autres points contenus dans la Doctrine sociale de l’Eglise. En ce sens, ces points sont méta-politiques, c’est-à-dire qu’ils vont au-delà de la politique. Nier le droit à la vie et détruire la famille c’est instaurer une barbarie en lieu et place de la cité.

Le pape poursuit en 2006. En ce qui concerne l’Eglise catholique, l’objet principal de ses interventions dans le débat public porte sur la protection et la promotion de la dignité de la personne et elle accorde donc volontairement une attention particulière à certains principes qui ne sont pas négociable, parmi ceux-ci les principes suivants apparaissent de manière claire, principes déjà cités en 2002. 1 : la protection de la vie à toutes ses étapes, 2 : la reconnaissance et la promotion de la structure naturelle de la famille comme union entre un homme et une femme fondée sur le mariage, et sa défense contre des tentatives de la rendre juridiquement équivalente à des formes d’union radicalement différentes qui, en réalité, lui portent préjudice et contribuent à sa déstabilisation en obscurcissant son caractère spécifique et son rôle social irremplaçable. Et 3 : la protection du droit des parents d’éduquer leurs enfants.

Ces trois principes sont inscrits dans la nature humaine elle-même, ils sont donc communs à toute l’humanité.

En 2007, dans son exhortation apostolique Sacramentum Caritatis, le pape Benoît XVI emploie à nouveau l’expression “valeurs qui ne sont pas négociables” en citant toujours le respect et la défense de la vie, la famille, la liberté d’éducation des enfants, auxquels il ajoute la promotion du Bien commun sous toutes ses formes. Il précise alors, au titre de l’exemplarité, que cette exigence s’applique particulièrement aux baptisés qui occupent un poste de décision politique.

En 2008, le cardinal Bertone soutient les propos du pape en précisant que la non-négociabilité de ces principes ne dépend pas de l’Eglise ni de sa supposée intransigeance, ou pire de son esprit fermé face à la modernité, mais elle dépend plutôt de la nature humaine à laquelle ces principes sont liés.

2010 : le pape Benoît XVI précise que ces valeurs trouvent leur origine dans la dignité naturelle de l’homme dans ce que la raison humaine peut comprendre. Il parle aussi de pilier irremplaçable dans l’édification d’une société vraiment digne de l’homme et des valeurs qui lui sont consubstantielles.

En 2012, l’Eglise rappelle que le respect de la vie, la défense de la famille et la liberté des parents en matière d’éducation ne sont pas des questions morales personnelles ou familiales. La famille est la cellule de base de la société, c’est-à-dire que la défense de la famille est un principe non-négociable. La Doctrine sociale de l’Eglise évoque son caractère irremplaçable : “La famille, communauté naturelle au sein de laquelle s’expérimente la sociabilité humaine, contribue d’une manière unique et irremplaçable au bien de la société.” Il est tout-à-fait évident que le bien des personnes et le bon fonctionnement de la société sont étroitement liés à la prospérité de la communauté conjugale et familiale. Sans famille forte dans la communion et stable dans l’engagement, les peuples s’affaiblissent. La priorité de la famille par rapport à la société et à l’Etat doit être affirmée. En effet, la famille, ne serait-ce que dans sa fonction procréatrice, est la condition même de leurs existences. Tout modèle de société qui entend servir le bien de l’homme ne peut pas faire abstraction du caractère central et de la responsabilité sociale de la famille.

En 2014, avec le pape François, pas de grands changements. Notre pape actuel réinscrit les principes évoqués par Benoît XVI dans l’enseignement de l’Eglise. Cependant, il introduit des éléments majeurs nouveaux, avec l’accueil des réfugiés et l’attention portée aux plus pauvres.

En conclusion : la conversion de la France, déjà le pape saint Jean-Paul II en était préoccupé quand il posait la question en 1980 : “France, fille aînée de l’Eglise, es-tu fidèle à l’alliance avec la Sagesse éternelle ?” Une société qui s’attaque aux plus faibles, l’embryon, l’enfant, la personne âgée, et s’attache à déconstruire la famille perd ses propres fondements. Certaines expressions ont été rayées du langage de nos contemporains, sous le prétexte fallacieux d’une soi-disante liberté. La fidélité en fait partie. Rappeler à la France et à l’Europe que leur survie réside dans la fidélité aux valeurs non négociables est un scandale pour notre époque. Ce scandale, c’est celui de la Croix, c’est celui des saints, des hommes et des femmes d’exception qui paient de leur vie ou par le sacrifice d’une carrière leur fidélité inconditionnelle aux valeurs fondamentales de la vie. Ils sont les phares qui éclairent notre route, nous indiquant la direction à suivre contre vents et marée

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