Le Pape François s’exprime sur l’affaire Aupetit

Le Pape François s’exprime sur l’affaire Aupetit

Le Pape est parti hier d’Athènes pour retourner à Rome après son voyage apostolique où il s’est rendu à Chypre et en Grèce. Dans l’avion du retour, le Pape a abordé une conférence de presse où il a abordé différents sujets, allant de l’unité des chrétiens à l’affaire Aupetit. Concernant cette dernière, François s’est exprimé sur les raisons qui ont abouti à son acceptation de la démission de l’archevêque de Paris. Voici l’échange sur ce sujet qui s’est tenu en espagnol :

Jeudi, à notre arrivée, nous avons appris que vous aviez accepté la démission de l’archevêque de Paris, Mgr Michel Aupetit. Pourquoi une telle hâte ?
En ce qui concerne le cas Aupetit, je me demande ce qu’il a fait de si grave pour devoir démissionner ? Que quelqu’un me réponde, qu’a-t-il fait ?
Nous ne savons pas… un problème de gouvernance ou autre chose…
Et si nous ne connaissons pas l’accusation, nous ne pouvons pas condamner… Avant de répondre, je dirai : enquêtez, parce que le risque existe de dire : il a été condamné. Qui l’a condamné ? L’opinion publique, les bavardages… On ne sait pas… Si vous savez pourquoi, dites-le, sinon je ne peux pas répondre. Et vous ne le saurez pas parce que c’était un écart de sa part, un écart envers le sixième commandement, mais pas total, des petites caresses et des massages qu’il faisait à la secrétaire. Voilà l’accusation. C’est un péché mais ce n’est pas l’un des plus graves, parce que les péchés de la chair ne sont pas les plus graves. Les péchés les plus graves sont ceux qui ont le plus d’angélisme : l’orgueil, la haine. Donc Aupetit est pécheur, tout comme moi – je ne sais pas, vous concernant… peut-être – comme Pierre, l’évêque sur lequel Jésus-Christ a fondé l’Église. Comment se fait-il que la communauté de l’époque ait accepté un évêque pécheur, et ce, avec un péché aussi angélique que celui de renier le Christ ! Parce que c’était une Église normale, habituée à se sentir toujours pécheresse. C’était une Église humble. On voit que notre Église n’a pas l’habitude d’avoir un évêque pécheur. On fait semblant de dire : mon évêque est un saint…. Non, ça c’est le petit chaperon rouge ! Nous sommes tous pécheurs. Mais quand les bavardages augmentent, augmentent, augmentent jusqu’à ruiner la renommée d’une personne, elle ne pourra pas gouverner. Non pas parce qu’elle a perdu sa renommée non pas à cause de son péché, qui est un péché – comme celui de Pierre, comme le mien, comme le vôtre, mais à cause des bavardages des gens. C’est pourquoi j’ai accepté sa démission, non pas sur l’autel de la vérité mais sur celui de l’hypocrisie.

 

 

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