Grenoble – Les funérailles auront désormais lieu à l’église

L’évêque de Grenoble, Mgr Guy de Kerimel, a décidé supprimer la mission de l’équipe des funérailles qui officiait depuis plus de vingt ans au Centre funéraire intercommunal de la ville. À partir d’aujourd’hui 1er février, les cérémonies se déroulera dans les églises.

Dans la mesure où il s’agit de l’une des rares occasions, avec le mariage et les baptêmes, de se tourner vers l’Église, l’évêque estime qu’il est urgent de

« replacer la paroisse et la communauté chrétienne au centre de la pastorale des funérailles, dans un souci d’évangélisation ». « L’Église ne peut pas dépendre d’un organisme à but lucratif pour assurer un service pastoral. Il faut que les rôles de chacun soient clarifiés. »

On apprend ainsi que la moitié des obsèques catholiques – un millier par an – étaient célébrées dans ce lieu qui, au départ, devait constituer un recours exceptionnel. Mgr de Kerimel a donc bien fait de réagir et de remettre l’église au milieu du village. Il écrit aux fidèles :

Depuis toujours, l’Eglise catholique est proche de ceux qui pleurent leurs défunts. Elle prie pour les hommes et les femmes qui sont morts, habitée par l’Espérance que donne la puissance d’amour et de vie de la résurrection du Christ, offerte à tous.

De la même manière, l’Eglise accompagne tous les hommes et les femmes de bonne volonté qui demandent une prière, un accompagnement, du soutien et de la fraternité à des moments précis de leurs vies. Ainsi, comme il est dit dans la prière eucharistique pour les circonstances particulières, l’Eglise prie elle-même pour être fidèle à cette mission : « Rends-nous attentifs aux besoins de tous, afin que partageant leurs tristesses, et leurs angoisses, leurs espérances et leurs joies, nous leur annoncions fidèlement la Bonne Nouvelle du salut et progressions avec eux sur le chemin de ton Royaume. »

Le lieu traditionnel pour les prières liturgiques est dans les édifices construits pour cela, hérités de l’histoire ou construits plus récemment, selon les besoins des communautés. Les églises servent ainsi pour la messe du dimanche, mais aussi en semaine, pour les mariages et les baptêmes, et pour les funérailles. Elles sont aussi visitées par ceux qui veulent aller prier et goûter le silence et l’architecture et le mobilier conçus pour soutenir la prière individuelle ou communautaire.

Ainsi les églises ont toujours été -et doivent rester-, ouvertes pour tous, lieux de paix et d’espérance, au service de la rencontre entre l’Homme et Dieu dans la prière.

Il y a une vingtaine d’année il avait été envisagé que l’on puisse prier pour des défunts dans les centres funéraires construits par des communes ou des entreprises de pompes funèbres. Ce qui avait été envisagé comme exception se révèle être devenu très important, si bien que dans l’agglomération grenobloise, près de la moitié des funérailles catholiques sont célébrées au Centre Funéraire Intercommunal (CFI) de la Tronche. Cette pratique laisse penser, surtout aux personnes moins proches des communautés chrétiennes, que le CFI est le lieu normal de la célébration des funérailles, ce qui peut entraîner des confusions entre funérailles civiles et funérailles catholiques.

Dans un contexte fortement sécularisé, il me semble nécessaire de distinguer la mission spécifique de l’Eglise face au précieux service des pompes funèbres. C’est pourquoi je demande que les funérailles catholiques soient célébrées dans les églises catholiques.

Par cette décision qui prend effet le 1er février 2018, je veux permettre plusieurs choses :

  • Que les isérois sachent qu’ils sont les bienvenus dans l’Eglise catholique, qu’elle les accueille2 ; qu’elle prie pour tous. Je veux par cette décision signifier qu’il n’y a pas besoin d’aller dans un lieu laïc pour être bien accueilli par l’Eglise et prier pour son défunt !
  • Je souhaite aussi que les familles en deuil puissent bénéficier, non pas simplement d’une prière pour leur défunt, mais d’un accompagnement, et qu’elles puissent avoir quelque occasion de rencontrer des personnes de la communauté chrétienne qui est près de chez eux. C’est la vocation des paroisses que de signifier la proximité et la sollicitude de l’Eglise à tous et d’être un fraternel soutien pour la vie humaine et spirituelle.

Depuis que je suis évêque de Grenoble-Vienne, Je ne cesse d’œuvrer pour que nos communautés vivent une vraie refondation et qu’elles soient davantage missionnaires et fraternelles. Cette décision va dans ce sens.

C’est pourquoi je vous encourage à vous engager dans la pastorale des funérailles pour accueillir davantage de familles dans les paroisses. C’est une belle mission que de rencontrer et accueillir les familles, les écouter, leur annoncer avec délicatesse et vive espérance la bonne nouvelle que la mort – grâce et par le Christ- n’a pas le dernier mot. C’est même une urgence dans notre culture qui a tendance à nier la mort, qui croit la vaincre par des technologies, alors que, dans le Christ, elle est la porte de la vie. Aussi convient-il de répéter inlassablement avec Saint Paul que, puisque Christ est ressuscité, nous aussi nous ressusciterons !

Je vous invite à travailler en équipe, en lien avec votre curé, à annoncer fidèlement la bonne nouvelle du salut et à être d’une grande bienveillance avec les familles qui retrouveront les paroisses.

Pour accompagner ce changement, quelques mesures pratiques sont à prendre :

  1. Un nouveau tract explicatif vient d’être réalisé pour être donné aux familles. Il est à la disposition des entreprises de pompes-funèbres et des paroisses pour répondre à des questions simples et fréquentes. Il permettra aussi un bon contact entre les équipes paroissiales et les sociétés commerciales de pompes-funèbres. Je vous invite à le lire et à le diffuser très largement.
  2. Un lien et un contact téléphonique efficaces sont à mettre en place dans chaque paroisse ou relais (si ce n’est déjà fait). Ils permettront aux familles ou aux pompes funèbres de trouver facilement un interlocuteur dans chacune des paroisses de l’agglomération. Le service « Communion » a aussi réalisé un annuaire des équipes funérailles.
  3. Pour les familles de passage à Grenoble, sans plus aucun lien avec aucune paroisse, il sera éventuellement possible de célébrer les funérailles à l’église de ND de Plaine-Fleurie, à Meylan (non loin du centre funéraire de la Tronche)

Je tiens à remercier les personnes qui ont œuvré avec dévouement et passion au centre funéraire intercommunal de Grenoble (CFI), envoyés par l’Eglise pour y annoncer l’Espérance.

Je remercie les entreprises de pompes funèbres pour leur flexibilité ; d’après nos contacts avec elles, il n’est pas prévu de changement significatif de tarification.

Ma décision s’appuie également sur une autre décision pastorale qui a porté du fruit : sachez que la paroisse St François d’Assise de la région de Bourgoin-Jallieu a pris il y a deux ans une décision analogue et que les choses se sont bien passées.

Au-delà du principe de bon sens qui clarifie les postures : « les funérailles catholiques dans les églises catholiques, les funérailles laïques dans les lieux laïcs », il s’agit pour moi de construire des relations pastorales qui puissent durer. Nous devons nous donner les moyens de ne pas être dans la seule rencontre ponctuelle. Ceci est valable pour l’ensemble de la pastorale : pas simplement pour les funérailles mais aussi par exemple pour les baptêmes, les mariages ou le baptême des adultes.

Il s’agit de permettre à des personnes qui ne connaissent plus Jésus Christ et son Eglise de faire une belle expérience de l’accueil respectueux, de la découverte de la Parole de Dieu, de la rencontre du Ressuscité et de l’entrée dans l’Eglise.

 

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