Humanae vitae en danger ? Attaque et contre attaque dans les coulisses de la Curie

Le siège contre l’encyclique « Humanae vitae » de Paul VI datant de 1968 vient de connaître ces derniers jours deux nouveaux assauts. Mais également une vigoureuse contre-attaque.

Le premier assaut vient du cardinal Walter Kasper qui vient, dans un livret, de faire l’éloge du « changement de paradigme » inauguré par le Pape François avec l’exhortation « Amoris laetitia ». Un changement de paradigme – écrit Kasper – qui ne se limite pas à autoriser la communion aux divorcés remariés mais qui selon lui pourrait également légitimer la contraception.

Le second vient du journal des évêques italiens “Avvenire” qui vient de publier un commentaire alambiqué d’un très beau livre qui vient de sortir sur la genèse de “Humanae vitae” contenant de nombreux documents inédits de la correspondance de Jean-Paul II. Malgré la qualité de l’ouvrage, Avvenire tente de faire passer Jean-Paul II pour un fondamentaliste rigide qui aurait fait pression sur un Paul VI ouvert.

Face à ces deux interprétations malhonnêtes, Luigi Melina, Melina, l’ancien président de l’Institut pontifical Jean-Paul II d’études sur le mariage et la famille, remet les pendules à l’heure.

 

 

On entend aujourd’hui parler d’un « changement de paradigme » historique qu’il faudrait appliquer à la morale sexuelle catholique. Dans le but de l’imposer, on est en train de se livrer à une tentative discutable de relecture historique qui oppose les personnages de Paul VI et de Jean-Paul II, voyant dans le second un traditionnaliste rigide et intransigeant qui aurait compromis l’attitude ouverte et flexible du premier.

En réalité, cette falsification grossière et arbitraire ne vise qu’à faciliter une manipulation idéologique du magistère du Pape Paul VI. La mise entre parenthèses de l’enseignement de Saint Jean-Paul II sur la théologie du corps et sur les fondements de la morale, de ses catéchèses et de « Veritatis splendor » au nom du nouveau paradigme pastoral du discernement au « cas par cas » ne nous fait faire aucun pas en avant, au contraire, il nous fait reculer vers le casuistique, avec le désavantage que celle-ci était au moins soutenue par un solide contexte ecclésial et culturel de vie chrétienne tandis qu’aujourd’hui elle ne pourrait qu’aboutir en une totale subjectivisation de la morale.

Le Pape François a récemment approuvé la publication de la part de la Congrégation pour la doctrine de la foi de la lettre « Placuit Deo », qui met entre autre en garde contre une résurgence du néo-gnosticisme. Ne serait-ce pas cela le venin qui se cache derrière ces soi-disant relectures et actualisations de « Humanae vitae » qui, en prétendant dépasser la lettre voudraient pour en atteindre l’esprit ou qui, en niant avec suffisance sa pertinence normative (« le problème de ‘Humanae vitae’ ce n’est pas oui ou non à la pilule ») en exalte une vague dimension prophétique anthropologique creuse, une affirmation de valeurs ensuite laissées à l’interprétation subjective, en fonction des circonstances ?

A l’opposé de ces tendances le livre de Pawel Galuszka est un puissant remède qui nous permet de respirer la bonne théologie morale de Karol Wojtyla, qui a été le fils fidèle et dévoué de Paul VI avant de lui succéder sur la chaire de Saint Pierre.

Un article de Sandro Magister, vaticaniste à L’Espresso.

Luigi Melina

 

 

Source Diakonos.be

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