Il existait depuis 1936, le pèlerinage de Chartres des étudiants n’aura pas lieu cette année

Cette année, il n’y aura pas de pèlerinage des étudiants vers Chartres, il a semblé nécessaire aux évêques de changer la proposition. En concertation avec le cardinal Vingt Trois et les évêques d’Ile-de-France, un autre projet est proposé, celui d’une marche vers Montmartre dans la nuit du 28 au 29 avril 2017. Ce pèlerinage destiné aux 18-30 ans verra converger les différents groupes d’étudiants de Paris, et de certains diocèses d’Ile de France, après un enseignement donné par les aumôniers dans leurs lieux respectifs, vers ce sanctuaire consacré au Sacré-Cœur et à l’adoration eucharistique. Après une soirée de louange, adoration et confession, en cette année d’élection une messe pour la France y sera célébrée par Mgr Jérôme Beau.

Ce pèlerinage était profondément ancré dans les traditions estudiantines et remontait à la veille de la Seconde guerre mondiale. En 1935, une poignée d’étudiants de la Sorbonne décide en effet de marcher vers Chartres à la suite de Péguy. Ce dernier avait en effet accompli le pèlerinage de Chartres en 1912, accomplissant un vœu fait l’été précédent pour la guérison de son fils malade. Deux étudiants  portent l’initiative, Marie-Claude Pfenninger et Jean Aubonnet. L’année suivante, le pèlerinage étudiant est né : il dure trois jours et accueille une centaine de pèlerins.

Il continue à se développer et perdure malgré la guerre. Le Père Faidherbe, dominicain, donne au pèlerinage  des années 40 un dynamisme et une structure qui vont lui permettre de devenir le grand moment de l’année pour les groupes d’étudiants catholiques. En 1945, il rassemble déjà 4.000 marcheurs !

De la Libération au milieu des années 1960, le pèlerinage étudiant connaît un succès massif et régulier : la cathédrale de Chartres devenant trop petite pour accueillir tous les pèlerins, on en vient à dédoubler la messe de clôture, puis le pèlerinage en entier. On compte jusqu’à 12.000 pèlerins. Un étudiant parisien sur quatre y participe – facultés et grandes écoles.
Avec le milieu des années 1960 s’ouvre une période de difficultés. Au sein des universités, les chrétiens ont un mal croissant à se faire une place ainsi qu’à se retrouver. Le pèlerinage entame une phase de déclin relatif.

Vers 1990, l’archevêque de Paris, le Cardinal Lustiger (qui avait lui-même fait le pèlerinage quand il était étudiant en Sorbonne, et l’avait ensuite animé), charge deux aumôniers de relancer le pèlerinage. Avec les années 1990, la formule se renouvelle et l’ensemble de la ” génération étudiante ” de la région parisienne est invitée à y participer.
En 1996, la présence de la Croix des Journées Mondiales de la Jeunesse marque  les participants.

En 2000, le pèlerinage constitue la première des trois étapes proposées aux jeunes d’Ile de France pour leur démarche jubilaire. Rassemblant désormais un nombre régulier de pèlerins compris entre 2.500 et 3.500, à la date des Rameaux, il restait le rendez-vous fédérateur des différentes communautés étudiantes chrétiennes.

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