Irak, l’impossible voyage du pape ?

« Le pape connaît bien la situation de l’Irak, il est bien informé, affirme le patriarche Sako. Pour une visite dans le pays, il m’a dit qu’il est tout à fait prêt, mais la situation n’aide pas. »

C’est ce qu’a déclaré le patriarche de Babylone des Chaldéens, Louis Raphaël Ier Sako, mercredi 7 février 2018 à la présentation de l’événement organisé par L’Aide à l’Église en détresse (AED) pour le 24 février où le Colisée et deux églises en Irak et en Syrie seront colorés de rouge pour souligner la persécution des chrétiens dans le monde, indique l’Agence Sir. Le patriarche a affirmé qu’ « allumer la lumière apporte de l’espérance aux gens qui ont beaucoup souffert ».

Louis Raphaël Ier Sako est de retour du Vatican ou il a été reçu par le pape François, avec dix-huit autres évêques de l’Église chaldéenne, le 5 février 2018, à l’occasion de leur visite « ad limina apostolorum ».

Le patriarche Sako a confirmé qu’il avait « présenté un programme pour la visite d’un seul jour du pape en Irak : Ur en Chaldée, pour une liturgie de la Parole œcuménique, Bagdad pour saluer les autorités religieuses et politiques, Erbil pour une messe ».

C’est ce que le pape Jean-Paul II avait souhaité pour le Jubilé de l’An 2000 : une célébration du « chêne de Mambré » avait eu lieu au Vatican en février 200, une fois le projet abandonné étant donné al situation internationale.

Aujourd’hui encore, dit le patriarche chaldéens, la visite du pape « n’est pas possible » surtout « en raison de cette tension entre Kurdes et Arabes » : il y a « un problème interne politique et de sécurité », a-t-il dit.

En ce qui concerne la situation dans le pays, le patriarche a dit que « l’État islamique est vaincu et les gens veulent rentrer ». Il a parlé de l’« amélioration concernant la sécurité en Irak » et de l’ « engagement pour la réconciliation et la stabilité ».

Même s’il « y a des problèmes », a-t-il souligné, il y a aussi « beaucoup d’espérance : sur vingt mille familles chassées de la Plaine de Ninive et de Mossoul, sept mille sont rentrées. D’autres familles n’ont pas pu rentrer parce que les maisons ne sont pas encore réparées ».

Selon le patriarche Sako, en Irak, « l’Église a fait un miracle avec l’aide de l’Église occidentale, des chrétiens et des Conférences épiscopales » : « Nous avons beaucoup encouragé ces chrétiens qui n’ont pas d’autre soutien que l’Église », a-t-il ajouté, soulignant que « le gouvernement privilégie les chiites, les sunnites et les Kurdes, les chrétiens venant après. »

« Nous avons besoin d’un soutien de l’Église occidentale », a en outre déclaré le patriarche : « Avec le soutien qui arrive de l’Occident, nous aidons tout le monde. Et les gens en sont frappés ».

« Nos Églises ont besoin du soutien moral, spirituel et matériel » des chrétiens d’Occident, a-t-il insisté : pour contribuer à la reconstruction, « l’Église doit être préparée, soutenue et ne pas être seule. Nous sommes un-demi-million de chrétiens, nous étions un million et demi ».

« Votre voix, a dit le patriarche aux chrétiens d’Occident, est la voix de ceux qui n’ont pas de voix, de ceux qui n’ont pas la possibilité de parler ». C’est pourquoi « sensibiliser l’opinion internationale sur notre situation est un grand soutien ». « Et devant l’exemple héroïque des chrétiens persécutés, a-t-il ajouté, les chrétiens en Occident doivent revoir leur propre foi : qui serait disposé à mourir pour sa foi ? ».

Le patriarche a aussi abordé d’autres thèmes, comme celui de la liberté religieuse : « Il faut du temps, mais cela arrivera, a-t-il encouragé. On ne peut pas imposer une religion, personne ne peut me forcer à devenir chrétien ou musulman ».

Source et traduction Zenit

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