Jean-Frédéric Poisson l’inconnu de la primaire s’exprime sur Europe

Le podcast est ici

Et l’essentiel là

“Nous sommes devenus sous-attractifs sur le plan économique et sur-attractifs sur le plan social”



Le débat

 

Lors premier débat entre les candidats de la droite et du centre déroulé hier soir, les téléspectateurs ont pu découvrir Jean-Frédéric Poisson. “Ca aura permis de faire voir ce que je pense” s’est félicité l’élu qui ne “pense pas avoir du tout à rougir du plateau d’hier”. Satisfait de sa prestation, le successeur de Christine Boutin a cependant regretté “le format en lui-même (qui) permet assez peu les échanges de fond”.  “Un format pareil ne permet pas de parler de politique” et “on est plus tenté de donner, en très peu de temps, des mesures-catalogues” a-t-il expliqué. Pour lui, “la question centrale qui est posée aux Français pour la présidentielle prochaine est : est-ce que la France reste une puissance moyenne (…) ou alors est-ce que nous décidons de jouer le rôle que beaucoup de pays attendent de nous sur la scène internationale ?

 

Les élections aux USA et en France

 

Le président du Parti chrétien-démocrate a admis qu’aux EU, son inclination allait à Donald Trump car ce dernier déclare “moi, je vais m’occuper de vous”. Gêné par les dernières révélations, il maintient “que dans cette élection si jamais madame Clinton était élue présidente des Etats-Unis d’Amérique, la dépendance qu’elle a à l’égard de Wall street et sa volonté d’intervenir sur tous les théâtre du monde ne sont pas une bonne nouvelle pour nos intérêts”. Sur la scène nationale, Jean-Frédéric Poisson serait “ très ennuyé” si un duel gauche-FN se profilait au second tour “parce que je pense que les socialistes ont fait un tel mal à la France qu’il faut que ça s’arrête mais je ne crois pas que Marine Le Pen soit aujourd’hui en situation de gouverner le pays”. “J’ai avec le FN des divergences de fond” et “je pense que le FN manque aujourd’hui de cohérence idéologique” a-t-il fustigé. D’ailleurs, il ne croit pas “que le FN soit capable de diriger la France en la maintenant dans la tranquillité” et “il y aurait certainement une espèce d’acidité, de violence en réaction qui m’inquiète beaucoup” a-t-il pronostiqué.  

 

L’immigration & l’identité

 

La migration est un “problème emblématique du temps” a déclaré l’élu avant de plaider pour “une politique européenne sur ce sujet”. “Je crois dans l’europe qui s’occupe des migrants, je ne crois pas dans l’Europe qui s’occupe de notre vie quotidienne (ou) du calibre de nos tomates” a-t-il lâché. “Est-ce qu’on peut continuer à mentir à tous ces migrants en leur disant venez en France car vous avez un avenir devant vous ? Ils n’ont pas un avenir devant eux et on ne peut pas leur donner” a regretté le député des Yvelines. “Une fois qu’ils sont sur le territoire français, c’est la grandeur de notre pays et notre devoir d’humanité de les traiter le plus dignement possible” a-t-il cependant nuancé.

 

Au sujet de l’identité, le candidat se démarque de Nicolas Sarkozy : “cette affaire de gaulois et d’identité, j’ai pas bien compris ce que c’est” a-t-il lancé. Cependant, “je plaide pour que le droit du sang redevienne le mode principale d’accession à la nationalité” car “nous sommes devenus sous-attractif sur le plan économique et sur-attractif sur le plan social” a-t-il souligné. “Il faut enfin mettre en place des choses pour que les migrants n’aient pas envie de venir en France ou pas besoin” a-t-il préconisé.

 

La laïcité

 

“La loi de 1905 est une loi qui garantit la liberté religieuse” a commencé l’homme politique. “L’Etat est neutre, l’espace public ne l’est pas” et “nous nous sommes trompés en France en considérant que l’espace public aussi était neutre” a-t-il souligné, considérant qu’il ne peut pas l’être. Pour l’ancien maire, “nous avons un problème avec l’islam” mais “la garantie de l’expression de la liberté religieuse se fait jusqu’à pouvoir porter le vêtement qu’on veut”. “Je suis contre l’interdiction du burkini, au risque, peut-être, de surprendre” notamment parce que “je ne vois pas comment on peut rentrer dans la police du vêtement, ce n’est pas la france cette affaire” a-t-il expliqué. “Il est clair que 200 000 immigrés légaux par an ont bouleversé le paysage français” a-t-il cependant estimé, prenant en considération “le sentiment qu’ont beaucoup de français d’être dépossédés de leur pays, de leur culture”.

Comments are closed.