Kenya – Critiques sans concession des politiques par les évêques

C’est un cri d’alarme et une critique sans concessions envers la classe politique du pays que les évêques kényans lancent à quelques mois des élections générales qui verront le renouvellement complet de tous les postes éligibles. Outre le président et le vice-président, les électeurs choisiront le 8 août 2017 les membres du Parlement et les autorités locales. L’approche de ces scrutins crée un climat de tensions dans tout le pays. C’est pourquoi l’épiscopat a décidé de prendre la parole.

Les partis pointés du doigt

Les partis politiques kényans ne sont pas capables d’organiser des primaires pacifiques écrivent les évêques dans une déclaration rendue publique à l’issue de leur assemblée plénière, le vendredi 28 avril 2017. « Les situations chaotiques que nous voyons démontrent combien le système politique que nous avons en ce moment au Kenya est fragile » estiment-ils. Ils critiquent ainsi la « manipulation et les abus » commis par des « personnages sans intégrité et qui ne sont pas assez mûrs pour bien discerner entre le bien et le mal. De telles personnes ne devraient pas être autorisées à se présenter à des fonctions électives en premier lieu ».

L’épiscopat prie ainsi pour que la manière dont les primaires ont été organisées ne soient pas « le miroir » de ce qui se passera en août. La conférence des évêques craint ainsi par-dessus tout « la violence répandue ». « De nombreux Kényans semblent avoir perdu confiance dans la capacité des institutions, des corps, et des individus et même de leurs propres leaders » poursuivent-ils.

Responsabilité des électeurs

Dans ce climat déjà tendu, qui n’est pas sans rappeler celui de 2007 quand les violences post-électorales ont causé la mort de plusieurs milliers de personnes, les évêques ont donc décidé de rappeler à l’ordre de manière claire et directe la classe politique et d’interpeller les électeurs. « Nous devons apprendre à nous faire confiance et à parler entre nous ».

L’Église place ainsi les Kényans devant leurs responsabilités : « si nous autorisons les personnes corrompues à être nos leaders, nous n’aurons alors pas le droit de nous plaindre si nos ressources nationales sont pillées et envoyées sur les comptes en banque de quelques-uns, alors que des millions de nos gens se débattent dans la pauvreté ».

Les évêques lancent également un appel à la commission électorale indépendante, l’IEBC pour que soient organisées des « élections libres, justes et transparentes », seules garantes de résultats acceptables par tous. L’épiscopat espère ainsi « mettre fin au cycle de violences électorales et au chaos qui engouffre la Nation avant et après chaque élection ».

 

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