La Basilique Notre-Dame des Victoires fête les 180 ans de sa consécration au Très Saint et Immaculé Cœur de Marie

« Consacre ta paroisse au Très Saint et Immaculé Cœur de Marie » 

Vers la fin de l’année 1836, il y avait à Paris un prêtre découragé : le curé de l’église de Notre Dame des Victoires depuis 1832 : l’abbé Charles Dufriche Desgenettes. Eglise vide, difficultés pour nouer des contacts avec les habitants de ce quartier d’affaires… L’abbé demande à plusieurs reprises à être déchargé de sa paroisse, mais l’évêque refuse, lui demandant d’être confiant et persévérant (une lettre envoyée par l’abbé Desgenettes relate les grandes difficultés rencontrées depuis 4 ans et évoque la proximité d’imprimeries qui éditent des journaux subversifs, ainsi que la présence de sociétés secrètes révolutionnaires distillant des discours contre la religion). C’est dans ce contexte, le 3 décembre 1836 à 9h du matin, que l’abbé Desgenettes s’apprête à célébrer la messe à l’autel de la Sainte Vierge…

Il y a donc tout juste 180 ans, le dimanche 11 décembre 1836, l’abbé Desgenettes informait donc ses fidèles qu’il consacrerait la paroisse « au Très Saint et Immaculé Coeur de Marie » en cette fin d’après-midi. Une vingtaine de personnes reçurent cette annonce le matin, plus de 450 se pressaient
dans l’église le soir. Rappelons-nous que l’iphone n’existait pas en ce temps !

180 ans plus tard, nous ne pouvons que nous émerveiller des fruits visibles de cette consécration. Plus de 37 000 ex-voto couvrent les murs de la basilique qui ruissellent littéralement de prières. Savez-vous que nous avons la joie de poser encore une vingtaine d’ex-voto chaque année ? Les grâces continuent à se répandre abondamment. Mais ce sont les fruits cachés de cet acte de foi qui sont le plus bouleversants.
À commencer par celui que posa le curé de la paroisse en 1836. Malgré un zèle apostolique particulièrement avéré, il faisait le douloureux constat de l’indifférence de ceux qui habitaient le quartier. Qui d’entre nous n’est pas blessé par la sécularisation de notre société et la fermeture de tant de nos proches à l’annonce de l’Évangile ? Sa confiance absolue dans la puissance de l’intercession de la Vierge Marie a été largement récompensée. Et nous-mêmes, avons-nous vraiment confiance en Marie ? Sommes-nous capables de nous dessaisir de nos soucis pour les confier à sa maternelle intercession ? Avons-nous seulement essayé de le faire ? 

Père Hervé Soubias,
curé-recteur

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