La conférence des évêques congolaise œuvre toujours pour la paix politique

Une déclaration du chef de l’Etat congolais, le 15 novembre dernier, adressée à l’assemblée nationale et au sénat lors d’une séance commune avait laissé entrevoir que ce dernier ignorait et rejetait le travail de médiation entrepris par la conférence épiscopale congolaise (la CENCO) qu’il avait lui-même sollicitée.

Cette médiation de la part de la conférence des évêques congolaise, s’était décidée après que les évêques aient suspendu leur participation au « dialogue national », qui s’était engagé entre la majorité présidentielle et l’opposition, partisan d’Etienne Tshisekedi, adversaire historique de Joseph Kabila. Le désir de la Cenco était de « rechercher un consensus plus large ». Le chef de l’Etat leur avait confié la médiation dont il est question, afin qu’ils puissent trouver un accord permettant de concilier l’ensemble des différentes positions.

La déclaration récente de Son Excellence Monseigneur Marcel Utembi Tapa, archevêque de Kisangani et président de la Cenco, permet de penser que le président Joseph Kabila profitera quand même du travail entrepris par les évêques congolais :

« La CENCO poursuit sa mission de bons offices auprès des différents acteurs politiques. son souci (…) est de voir tout le monde conjuguer les efforts pour juguler la crise socio-politique que connaît notre pays »

Cette déclaration intervient après la nomination de la part du Président Kabila d’un nouveau Premier Ministre, en la personne du député d’opposition Samy Badibanga, qui devra guider le pays jusqu’aux élections prévues pour avril 2018. Cette nomination est intervenue sur la base de l’accord du 18 octobre souscrit par la majorité présidentielle et par une partie de l’opposition ayant participé au dialogue national promu par la Présidence de la République.

« Malgré la nomination du nouveau premier ministre, les consultations de la CENCO se poursuivent. Les Evêques catholiques continuent à parler avec la classe politique et espèrent mettre autour d’une table Le Rassemblement et les participants au dialogue national en vue de nouvelles discussions » a déclaré Freddy Kita membre du Rassemblement, parti d’opposition à la majorité présidentielle. D’après Radio Vatican, la conférence des évêques congolaise a reçu l’appui du Pape François : un message du Saint-Père, appelant à une culture du dialogue sera lu ce dimanche dans toutes les paroisses du pays.

Un membre de la majorité présidentielle a cependant affirmé que « la mission confiée aux évêques par le chef de l’Etat n’avait pas pour finalité la convocation d’un nouveau dialogue mais plutôt pour rapprocher les positions des uns et des autres ».

Les positions des deux parties demeurent éloignées quant à l’abandon du pouvoir de la part de Joseph Kabila à l’échéance de son second mandat présidentiel, le 19 décembre prochain. Sur la base d’une décision de la Cour constitutionnelle, le Président sortant entend en effet demeurer en fonction jusqu’à l’installation de son successeur, alors que le Rassemblement continue à insister sur le fait qu’il doit s’en aller.

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