La destination universelle des biens

Alors que le pape François vient de faire un petit rappel sur la destination universelle des biens à l’occasion de sa rencontre avec les participants du Forum “Fortune-Time Global”, nous relayons ici une synthèse courte de ce principe par ICHTUS

 

Mettre ses biens au service de tous

Le pouvoir de « soumettre » la terre a été donné, non à un homme en particulier mais à la famille humaine tout entière. Cela veut dire qu’aucun membre de la famille humaine n’est exclu du droit d’accéder aux biens matériels et immatériels.

C’est ce qu’on appelle le principe de la destination universelle des biens, qui ne signifie pas que tout appartienne à tous indistinctement, mais :

1°) qu’aucune personne, aucune famille, aucune communauté ne peut être privée, sans faute de sa part, du droit de posséder ;

2°) que chacun doit user de ses biens de manière à ce qu’ils puissent servir aussi à d’autres, selon l’ordre de la charité : c’est à dire qu’ils servent au bien des communauté dont on a la charge, au bien commun :

– ceux du père de famille, au bien commun de sa famille, de sa commune, de sa nation ;

– ceux de l’entrepreneur (ou de l’épargnant) au service de ses clients, de ses salariés, de ses fournisseurs, de ses prêteurs… en somme aux biens communs de son entreprise.

– ceux du citoyen, au bien commun de son pays et de la communauté humaine.

– la foi du chrétien à l’évangélisation du monde, à la « communion des saints »…

Les biens ne sont-ils que matériels ?

Ce principe s’applique aux biens immatériels comme aux biens matériels ; nul ne doit être exclu de l’accès aux biens immatériels (du savoir, de la religion, de l’art de vivre) qui se multiplient quand on les partage, et tous ont droit à la vérité, au respect de la vie et de la dignité de la personne humaine.

La première application du principe de destination universelle des biens consiste dans la mission et l’évangélisation ainsi que dans la diffusion de la culture, parce que ce sont ces biens les plus précieux qui permettent à ceux qui y accèdent de rendre fécondes les ressources matérielles des lieux où ils se trouvent : « l’annonce de l’Evangile demeure la première des charités » [[- Jean-Paul II « Novo millenio ineunte » (Lettre ouverte pour le 3ème millénaire), 2001, n° 50.]].

Légitimité de la propriété privée

Le principe de destination universelle demande aussi, pour que le plus de biens possible parviennent au plus grand nombre, que soit assurée la fécondité de ces biens et la paix entre ceux à qui ils peuvent bénéficier : c’est pour assurer la fécondité des biens et la paix que les peuples civilisés ont institué des régimes de propriété :

« La propriété d’un bien fait de son détenteur un administrateur de la Providence pour le faire fructifier et en communiquer les bienfaits à ceux qui en ont besoin, et d’abord à ses proches » (CEC, n° 2404).

« Les biens de production – matériels ou immatériels – comme des terres ou des usines, des compétences ou des arts, requièrent les soins de leurs possesseurs pour que leur fécondité profite au plus grand nombre.

 

Les détenteurs de biens de consommation doivent en user avec tempérance, réservant la meilleure part à l’hôte, au malade, au pauvre » (CEC, n° 2405).

Cyril Brun

Docteur en histoire et enseignant à l’Université de Bretagne Occidentale , Cyril Brun est rédacteur en chef d’infocatho. Chef d’orchestre de formation, critique musical, historien et essayiste chrétien, il a publié plusieurs ouvrages dont “Pour une spiritualité sociale chrétienne” (Tempora, 2007) et “Le Printemps français : le grand réveil de notre civilisation” (Ed. A. de Saint-Prix, 2013).
La Vérité vous rendra libre (Ed Edilivre, 2015)
Il est contributeur et ancien directeur de la rédaction de Cyrano.net.
Il est également membre du comité éthique pro persona sur la finance et consultant en anthropologie.

Website: http://www.cyril-brun.fr/

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