La liberté, premier dommage collatéral du transhumanisme

Alors qu’Elon Musk fait part de son intention d’ « augmenter le cerveau humain en lui ajoutant une intelligence artificielle », (cf. Connecter les cerveaux aux ordinateurs, nouveau projet d’Elon Musk) Mathieu Terence, auteur d’un essai, Le transhumanisme est un intégrisme, dénonce avec force l’idéologie d’un mouvement « scientiste, matérialiste et ultralibéral ». Une utopie qui instaure « un nouveau monde en fonction des valeurs dominantes du précédent : jeunesse, efficacité, rentabilité ».

Cet « ‘homme augmenté’, que les neurosciences et le génie génétique rendent plausible aujourd’hui,dénonce l’auteur, est le fantasme d’un monde qui, au lieu de savoir donner à vivre une vie vraie, complète, libre, choisie, ou même simplement digne, à l’ensemble du genre humain, a pour but d’abolir la mort de quelques ressortissants, privilégiés ».

Le changement anthropologique qui s’annonce fera passer l’homme du statut « de créature à la vie naturelle » à celui de « créateur de vie artificielle ». Pour Mathieu Terence, le danger du transhumanisme est celui de toute idéologie en générale et de celle du scientisme ultra-libérale en particulier, « mais ce risque est fatal : la perte de la liberté. En l’occurrence : en éradiquant tout hasard dans le processus du vivant on est sûre de perdre toute possibilité de liberté dans le destin d’un sujet. On peut laisser aux fétichistes du ‘progrès’ le rêve de ce monde parfait. De mon côté, sans y croire, j’attends le ‘transhumaniste’ qui défendra le projet d’un nouvel humain plus paresseux, moins docile, plus intraitable, plus laid, plus imperméable à toute idée de célébrité, plus hostile à l’injustice, plus mélomane que Musk n’est mégalomane ».

 

Source Généthique.org

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