La paix elle aura son visage ! Du sens de « la paix du Christ » – Les formations d’InfoCatho

A peine sortie, la traduction française de la modification du CEC sur la peine de mort a été retoquée par le Vatican. La traduction du missel romain de Paul VI regorge elle aussi d’erreurs. Certes traditor traditus, le traducteur est un traitre par nature, mais les traducteurs français auraient-ils un problème de compétences ? Le fait est que à peu près toutes ces « trahisons lexicales » ont en commun d’estomper la verticalité de la liturgie, pourtant censée faire le pont avec le Ciel. (Pontifex)

Ainsi avez-vous remarqué que nous sommes invités à nous donner la paix, dans la charité du Christ, là où le latin (de Paul VI) nous invite à nous « offrir » la paix, sans autres fioritures ? Offrir et non donner, car il ne s’agit pas de faire la paix avec son voisin (que souvent nous ne connaissons pas). Faire la paix, l’Evangile nous demande de le faire avant de venir à l’autel. Par contre, là où le latin parle de donner, c’est en s’adressant à l’Agneau de Dieu qui lui n’offre pas mais donne ce dont il est la source, sa paix qui a rapport, non à l’absence de conflit, mais à la félicité.

Pour nous qui ne sommes pas la paix, nous offrons la paix venue de la source. Cette offrande procède d’un même mouvement que celui de l’offertoire, c’est le même mot, « offerte vobis pacem  », car comme nous ne pouvons donner à Dieu des choses dont il est la source (les offrandes), nous ne pouvons donner aux hommes la paix dont nous ne sommes pas la source, mais le canal. Ainsi sommes nous inviter à recevoir et partager. Partager avec le Ciel nos offrandes ; partager avec les Hommes la paix du Ciel.

Benoît XVI a passé son pontificat à redonner le sens des mots, tant il sait combien l’approximation, au fil du temps, fait dévier la route de la lumière vers les ténèbres.  Ainsi, cette horizontalité bienveillante de la paix du Christ nous détourne de la source même tout autant que de la finalité de ce geste, la béatitude même du Christ partageant sa paix et non une trève.

 

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