La tentation de survie nous fait oublier la grâce dit le pape aux consacrés

A l’occasion de la journée de la vie consacrée, ce 2 février 2017, le pape François a dénoncé « la tentation de la survie » qui rend « stérile » la vie consacrée. « Un mal qui peut s’installer peu à peu en nous, dans nos communautés. L’attitude de survie nous fait devenir réactionnaires, peureux ; elle nous enferme lentement et silencieusement dans nos maisons et dans nos schémas. »

Tout comme saint Jean-Paul II, qui face à des milliers de prêtres rassemblés à Ars en 1986 dénonçait la routine sclérosée des « fonctionnaires de Dieu », le Pape François a déclaré aux religieux et consacrés que « la tentation de la survie nous fait oublier la grâce, elle fait de nous des professionnels du sacré mais non des pères, des mères ou des frères de l’espérance que nous avons été appelés à prophétiser. Ce climat de survie endurcit le cœur de nos aînés en les privant de la capacité de rêver et, ainsi, stérilise la prophétie que les plus jeunes sont appelés à annoncer et à réaliser. »

Dans un contexte de « transformation multiculturelle » qui peut être déstabilisante, il est important que « la personne consacrée soit insérée avec Jésus dans la vie, dans le cœur de ces grandes transformations »« non par une attitude défensive, non poussés par nos peurs, mais les mains à la charrue, en cherchant à faire croître le grain souvent semé au milieu de l’ivraie. Mettre Jésus au milieu de son peuple signifie avoir un cœur contemplatif, capable de discerner comment Dieu marche dans les rues de nos villes, de nos villages, de nos quartiers », a exhorté le Saint-Père.

Il a enfin appelé les consacrés à accompagner Jésus « pour qu’il rencontre son peuple, pour qu’il soit au milieu de son peuple, non pas dans la lamentation ou dans l’anxiété de celui qui a oublié de prophétiser parce qu’il ne prend pas en charge les rêves de ses pères, mais dans la louange et dans la sérénité ; non pas dans l’agitation mais dans la patience de celui qui se fie à l’Esprit, Seigneur des rêves et de la prophétie. Et ainsi, nous partageons ce qui nous appartient : le chant qui naît de l’espérance », a conclu le Saint-Père.

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