La Turquie veut faire main basse sur des propriétés chrétiennes

C’est un de ces scandales dont la Turquie n’est pas chiche. Les propriétés religieuses des chrétiens syriaques dans la région du Mardin ont excité sa convoitise. Les Syriaques étaient propriétaires bien avant l’arrivée des Turcs dans la région : les autochtones, ce sont eux. Non contents d’avoir massacré entre 150 000 et 300 000 Syriaques lors du Seyfo – l’abominable génocide perpétré entre 1914 et 1920 –, les Turcs voudraient encore spolier les descendants des survivants de leurs propriétés légitimes dont certaines remontent à quinze siècles ! Il y a quand même des limites à l’outrecuidance et à la canaillerie

Le conflit juridique en cours relatif à la saisie par le gouvernement turc de dizaines de propriétés de l’Église syriaque orthodoxe, laisse cette minorité religieuse inquiète de sa survie sur cette terre où elle est née. Les autorités se sont récemment appropriées des centaines de milliers de m2 de terrains – y compris au moins deux monastères vieux de quinze siècles et toujours en activité –, au motif que leurs actes de propriété étaient caducs.

Une procédure en appel contre la confiscation du monastère Mor [Saint] Gabriel, fondé au Ve siècle et l’un des plus anciens monastères au monde toujours en activité, a été rejetée en mai dernier par une commission gouvernementale chargée de la liquidation des actifs. « 

 Nos églises et nos monastères sont ce qui enracine les Syriaques dans ces terres. Notre existence repose sur eux »,

a déclaré Kyriakos Ergun, président de la Mor Gabriel Monastery Foundation, au site d’information sur le MoyenOrient Al-Monitor. « Alors que le pays devrait protéger cet héritage, nous constatons au contraire que notre culture est en péril ».

Pendant des années, les titres de ces propriétés étaient inclus dans le cadastre national turc comme appartenant à des villages habités par des Syriaques. Mais en 2012, la municipalité agrandie de la ville de Mardin, au sud-est du pays, a été constituée et le statut légal des Syriaques – ainsi que leur capacité à détenir des propriétés – a été déclaré disparu. Le résultat de ce changement, c’est que de nombreux monastères et églises – ainsi que des cimetières – ont été subséquemment transférés au département du Trésor turc, puis au département des Affaires religieuses (Dinayet), une institution étatique de premier plan qui a la haute main sur les locaux religieux musulmans. […]

Les responsables de plusieurs organisations assyriennes aux États-Unis et en Europe ont publié, cette semaine, des déclarations condamnant la saisie par la Turquie des propriétés religieuses assyriennes. Une déclaration commune des trois plus importantes organisations – Assyrian Universal Alliance USA, American Mesopotamian Organization USA et Restore Nineveh Now Foundation USA – a demandé que le gouvernement des États-Unis, de conserve avec les Nations unies et des organisations internationales de défense des droits de l’homme, exige que la Turquie « cesse cette politique d’intolérance religieuse et ethnique, et rende immédiatement les monastères et les églises à leurs légitimes propriétaires. » […] Toutefois, et selon des informations du site Catholic Culture, le gouvernement turc n’aurait pas encore mis à exécution la saisie de ces propriétés et il a déclaré que ces propriétés ne seraient pas confisquées si l’Église syriaque orthodoxe pouvait présenter et faire enregistrer une preuve certifiée de propriété.

AINA, 10 juillet – © CH pour la traduction

Source Christianophobie Hebdo.

 

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