Le ministère d’unité du Pape – G. Leclerc

A relier avec “Le charisme pétrinien” de G. Leclerc :

Si l’Église vit actuellement une épreuve vraiment crucifiante, c’est qu’elle est blessée dans sa vocation à la sainteté, de la façon la plus grave. L’atteinte à l’innocence de l’enfance, du fait de la trahison du ministère sacré ne peut que faire trembler l’institution tout entière, sapée dans son caractère essentiel. Péché de cléricalisme, a dénoncé le pape François ? Sans aucun doute, à condition de bien voir que l’abus de pouvoir va jusqu’à la captation perverse de l’autorité passée sous l’empire du Malin. Notre Pape n’a aucun doute à ce sujet, ayant une rare conscience de la présence et de l’action de Satan en ce monde. La question n’est pas celle de la légitimité de l’autorité du sacerdoce ministériel, elle est dans son dévoiement, dès lors qu’elle s’identifie à la puissance de la transgression ou qu’elle couvre le forfait, en trahissant l’essence de l’épiscopat, laquelle se rapporte à la vigilance pour le bien des âmes.

Mais un autre scandale s’est ajouté à celui-là. La mise en cause de l’autorité suprême dans l’Église à la suite du document Viganò. Celle-ci n’est pas admissible. Car, en dépit d’éventuelles défaillances dans le gouvernement de l’Église, l’autorité suprême est la seule à pouvoir porter remède à ses propres torts, pourvu que ceux-ci soient avérés. Nous n’avons aucune information certaine sur la façon dont François a agi par rapport à l’épiscopat américain. Tout au plus, pouvons-nous soupçonner de graves désordres qui ne datent pas du pontificat mais s’enracinent dans des décennies de relâchement, notamment en ce qui concerne le recrutement et la conduite des séminaires.

S’il y a possibilité de purification et de redressement de la situation, c’est au charisme pétrinien qu’on le devra. Charisme qu’avait bien défini saint Irénée de Lyon dès le IIe siècle. À l’évêque de Rome appartient le ministère de la fidélité à la tradition et à la règle de la foi, en dernière instance. Le successeur de Pierre est en charge de l’ensemble de la communion des Églises dans la charité. Il n’est pas le chef d’un parti, parti de la conservation ou parti du mouvement. Les sensibilités les plus diverses, les écoles de spiritualité et d’apostolat nées de siècle en siècle doivent trouver en lui le témoin de l’unité. Lorsque des objections et des oppositions apparaissent en période de réformes nécessaires, elles doivent être dépassées selon les règles qu’un Yves Congar avait examinées à la veille de Vatican II. Et c’est l’épreuve qui devrait stimuler l’ensemble du peuple chrétien à participer à un mouvement de conversion et de réconciliation, Pierre étant reconnu comme le foyer de rassemblement sous la motion de l’Esprit Saint.

Source : France-catholique

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