Le Pape François critique la politique migratoire de Trump

Le Pape François critique la politique migratoire de Trump

Au moment où ce qui existait sous l’administration Obama, sans que le pape s’en émeuve, et où Donald Trump a mis fin à la séparation des familles.

Dans une interview à l’agence Reuters, le pape critique vivement la politique de l’administration Trump de séparation des familles à la frontière mexicaine. Entre autres sujets brûlants, comme la politique italienne, les négociations avec la Chine ou la promotion des femmes au Vatican.

« Contraire à nos valeurs catholiques » et à la « morale », c’est ainsi que le pape qualifie la politique actuelle de séparation des familles de migrants à la frontière mexicaine, dans une interview choc de deux heures donnée à Philip Pullela, vaticaniste de l’agence Reuters, ajoutant soutenir les critiques déjà émises par la Conférence des évêques des États-Unis.

Ce n’est pas la seule charge contre l’administration Trump, puisque François s’est par ailleurs dit attristé par la décision du président américain de mettre en application de nouvelles restrictions sur les voyages et le commerce avec Cuba. Un pas en arrière par rapport à l’ouverture initiée par son prédécesseur Barack Obama, et dans laquelle le Vatican avait joué un rôle diplomatique majeur.

Le retrait des États-Unis de l’Accord de Paris a enfin été, selon les mots du pape, un autre motif de « souffrance », « parce que l’avenir de l’humanité est en jeu ». Ce n’est pas la première fois que François exprime son inquiétude à l’encontre de l’administration Trump. En février 2016, répondant à des questions sur celui qui n’était encore que candidat à la présidence des États-Unis, le pape avait déclaré : « Une personne qui ne pense qu’à construire des murs, où qu’ils soient et qui ne construit pas de ponts, n’est pas chrétienne. Ce n’est pas dans l’Évangile. »

Crise européenne : plaidoyer pour l’accueil

« Ce n’est pas facile, mais le populisme n’est pas la solution » : ainsi peut-on résumer le regard de François sur la crise européenne, marquée ces derniers jours par les polémiques autour de l’Aquarius. Le pape a ensuite déclaré que les populistes « créaient une psychose » sur la question de l’immigration, alors même que des sociétés vieillissantes comme l’Europe vivaient « un grand hiver démographique » et avaient besoin de plus d’immigrants. Sans immigration, a-t-il encore ajouté, l’Europe « deviendra vide ».

« Je crois que vous ne pouvez pas rejeter les gens qui arrivent. Vous devez les recevoir, les aider, les prendre en charge, les accompagner et ensuite voir où les mettre, mais dans toute l’Europe », a-t-il encore précisé au journaliste de Reuters, dans la lignée des propos tenus à l’ouverture d’un colloque sur les migrants au Vatican, où il avait plaidé pour une gestion internationale et partagée de la crise.

En outre, il a plaidé pour une politique long-termiste qui s’attaque aux racines de la crise, déclarant que l’Europe devait se concentrer sur l’éducation et l’investissement en Afrique si elle voulait endiguer le flot des migrants : « Nous devons investir en Afrique, mais investir de manière ordonnée et créer de l’emploi, ne pas aller là-bas pour l’exploiter », a-t-il affirmé, regrettant que « dans notre inconscient collectif, il y ait quelque chose en nous qui dise que l’Afrique doit être exploitée ».

Négociations avec la Chine : patience et prudence

Sur un autre sujet glissant du moment, les pourparlers en cours visant à conclure un accord entre la Chine et le Vatican pour reconnaître des « évêques officiels », soutenus par le régime de Pékin, le pape s’est montré plus évasif, se prononçant de manière générale pour la poursuite du dialogue. « Le dialogue est un risque, mais je préfère le risque plutôt que la défaite certaine qui accompagne l’absence de dialogue », a-t-il déclaré. Évasif aussi dans sa réponse à ceux qui l’accusent de se mettre à « l’heure chinoise » : « Je dis que c’est le moment de Dieu. Avançons sereinement. »

En somme, avec la Chine, l’heure semble être à la patience et à la prudence. « Je pense que le peuple chinois mérite le prix Nobel pour sa patience, a-t-il encore ajouté. Ils savent attendre. Le temps leur appartient et ils ont des siècles de culture… Ils sont sages, très sages. J’ai beaucoup de respect pour la Chine. »

Femmes au Vatican, Église chilienne, démission

François a annoncé qu’il voulait nommer plus de femmes à la tête des départements du Vatican, notamment pour leur capacité à résoudre les conflits, ajoutant prudemment qu’il ne souhaitait pas que cela conduise à un « machisme en jupe » et expliquant qu’il ne s’agissait pas de revenir sur la question de l’ouverture du sacerdoce aux femmes.

Face à la crise que traverse l’Église chilienne, il a en outre déclaré à Reuters qu’il accepterait d’autres démissions d’évêques.

Enfin, il a une fois encore expliqué qu’il n’excluait pas renoncer à sa charge pour raisons de santé, comme Benoît XVI, mais qu’en aucun cas il n’avait cela en tête pour le moment.

Source: La Vie

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