Le pape invite aux œuvres de miséricorde

Dans sa riche chronique scrutant les mots du pape un “moine de Triors” revient pour l’Homme nouveau sur cette fin de l’année de la miséricorde. une sorte d’exégèse de la lettre du pape misericordia et misera

Le 30 novembre, le Pape terminait le cycle de ses audiences sur la miséricorde avec celle sur la prière pour les vivants et les morts qu’il rapprocha volontiers de la dernière œuvre de miséricorde corporelle, à savoir la sépulture donnée aux morts. Le Pape touche ainsi la doctrine du purgatoire, dont l’existence est refusée tant par les protestants que par les orthodoxes. De plus, en recommandant la prière pour les vivants et les morts spécialement à la messe, il défend un dogme essentiel de la doctrine catholique également refusé par les protestants. Pour ces derniers, à la Cène pur mémorial du Sacrifice du Christ, on ne doit ni demander l’intercession des saints, ni prier pour les vivants et les morts, en raison de la justification par la foi seule.

De nos jours, nombreux sont ceux qui nient l’existence du purgatoire et qui, en conséquence, non seulement ne prient pas pour leurs défunts, mais à plus forte raison ne pensent pas à faire célébrer des messes pour eux. Or, l’existence du Purgatoire et de l’Église souffrante, se trouve déjà affirmée au chapitre XII du Second livre des Macchabées. Les Macchabées ressentent le besoin de faire quelque chose pour les soldats morts pour la cause de Dieu, mais dans le péché. Ils prièrent et Juda fit offrir à Jérusalem un sacrifice expiatoire de sorte que leurs péchés soient enlevés, car il n’ignorait pas que le péché faisait obstacle à l’union à Dieu et à la résurrection future. Par cet acte Judas témoignait de sa conviction qu’il existe pour les âmes, après la mort, un état où elles peuvent être purifiées pour avoir part à la récompense, et ceci grâce aux suffrages des vivants.

Un acte de piété

L’essentiel de la doctrine du Purgatoire était ainsi déjà explicitement énoncé, même si le terme n’en est pas prononcé. Quant à la sépulture, elle est non seulement un acte de piété, mais encore un acte de grande foi, souligne le Pape, en donnant l’exemple de Tobit. En effet, déposer le corps d’un défunt dans la tombe fait preuve de foi et d’espérance dans la résurrection finale, mais c’est aussi un acte éminent de charité qui constitue la septième œuvre de miséricorde. À ce propos, on ne peut qu’inviter chacun à lire attentivement le dernier document romain tout récent sur l’incinération. C’est une mise en garde paternelle contre des abus réels, occultant un élément clé de l’Écriture. Prier pour les défunts, c’est aussi rendre grâce au Seigneur pour tous les mérites qu’ont acquis sur terre nos chers défunts. C’est enfin un acte de confiance en la miséricorde infinie de Dieu.

Mais la prière pour les défunts ne doit pas non plus nous faire oublier la prière pour les vivants. À la lumière de la foi, la nécessité de la prière pour les vivants apparaît encore plus évidente, puisqu’elle est le fondement de ce que l’on appelle le mystère de la communion des saints, mystère qui nous dévoile particulièrement la beauté de la miséricorde divine que Jésus est venu nous révéler au nom de son Père. En raison du baptême et des mérites de Notre Seigneur, de la Vierge Marie et de tous les saints du Ciel, tous les chrétiens vivants ou morts font partie du Corps mystique du Christ et vivent en conséquence de ce grand mystère alimenté par la prière de chacun pour les autres. Le Pape insiste alors sur la nécessité de la pureté du cœur, mais aussi sur l’importance de la prière en famille tant de fois recommandée par ses prédécesseurs. Enfin il souligne avec saint Paul qu’il ne peut y avoir de vraie prière chrétienne sans union et prière à l’Esprit Saint qui intercède pour nous en des gémissements ineffables pour nous faire dire avec Marie : Abba, Père.

 

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