Le pape parle aux sept Eglises

Le Pape a prononcé un discours important le 22 mai dernier à la conférence épiscopale italienne (CEI) dans lequel, partant du message donné par saint Jean aux sept églises (Apocalypse, chap. 2 et 3), il actualise les divers reproches ou recommandations qui y sont contenus. Sans la docilité à l’Esprit Saint, il ne peut y avoir ni unité ni sainteté et les consignes du Pape resteraient alors lettre morte. Dans l’Apocalypse, saint Jean transmet le message du Christ à l’Église universelle, à travers les sept églises particulières, pour les inviter à surmonter les écueils intérieurs des hérésies montantes, et ceux plus extérieurs suscités par la persécution. À travers ces sept églises (chiffre de plénitude), saint Jean brosse un état ecclésial d’une grande actualité. Seules les deux églises de Smyrne et Philadelphie qui sont persécutées ne subissent pas de reproches, mais sont encouragées.

Contre Éphèse, Jésus reproche le péché classique d’acédie qui, sous l’effet du démon de midi, fait fuir l’amour d’antan. Le Pape rappelle alors la nécessité de la persévérance envers l’unique nécessaire et la fidélité à celui qui fut le Oui par excellence : Jésus. Le Pape rappelle à ce sujet aux évêques qu’ils n’ont qu’un seul maître : le Christ. Smyrne, petite chrétienté pauvre, sans moyens de puissance, était pourtant riche à cause de la grâce déposée en elle et du message reçu qu’elle défend contre les adversaires du Christ. Nous aussi, comme Smyrne, nous pouvons ne recevoir du Christ aucun reproche, mais nous aurons toujours besoin de son aide dans les moments difficiles inhérents à l’être et à la foi chrétiens. Demandons au Seigneur d’avoir jusqu’au bout la grâce de la patience et de la fidélité des vrais confesseurs de la foi, ce qui peut aller jusqu’au martyre. Pergame, comme tant de pays apostats de nos jours, gisait sous le règne de Satan. Mais était présente aussi en elle une petite église persécutée, comme de nos jours il existe tant d’églises des catacombes. Le Pape en profite pour condamner à nouveau la mondanité spirituelle incompatible avec la vie évangélique. Le message à l’église de Thyatire s’avère d’une actualité particulièrement profonde : Jésus y condamne la tendance multiséculaire du syncrétisme et du relativisme fusionnel qui réduit le christianisme à une série de principes déconnectés totalement de la vérité et de la lumière évangélique. Jésus secoue aussi l’église de Sardes moribonde pour qu’elle jette un regard lucide et intérieur sur elle-même. Humilité et vérité sont les deux colonnes essentielles sur lesquelles nous devons bâtir notre maison spirituelle. Notre christianisme ne doit jamais être un christianisme de façade, mais il exige la véritable obéissance de la foi incompatible avec l’orgueil. Comme Philadelphie, nous sommes tous appelés à la persévérance, en évitant toute timidité et pusillanimité qui nous empêcherait de nous livrer entièrement à Jésus et à son Église. Le Christ se montre à Laodicée dans le symbole de l’Amen, lui l’Ω et l’ω, l’accomplissement de toute l’histoire de la création et de la Rédemption, lui la lumière du monde et le vrai témoin qui nous montre le chemin, Lui qui dit vrai, car il est fidèle en tout. La fidélité alors suppose le rejet de toute tiédeur si détestée par le Christ : Que n’es-tu ni chaude, ni froide ! Souvenons-nous en dans notre vie. Refusons tout compromis en demeurant fidèles à ce que Benoît XVI appelait les « points non négociables ». La grâce ne se marchande pas, elle se mérite et en premier lieu par la prière. Demandons donc à Marie de faire nôtres ces messages aux diverses églises (profitons-en pour lire l’Apocalypse), sans nous laisser déprimer ni intimider.

 Un moine de Triors

 

Source  et suite L’Homme Nouveau

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