Le président libanais, Michel Aoun rencontre les chefs des Eglises d’Antioche

Alors qu’au Liban se multiplient les signaux concernant l’imminente constitution d’un nouveau gouvernement, placé sous la conduite du Premier Ministre sunnite Saad Hariri, le nouveau Chef de l’Etat, Michel Aoun, chrétien maronite issu d’une famille modeste et religieuse  (le système institutionnel réserve le poste de Président de la République du Liban à un chrétien maronite) a rencontré 4 des 5 patriarches d’Antioche et de tout l’Orient.

Ces différents patriarcats dont 3 sont catholiques  et 2 orthodoxes sont tous issus de l’Eglise d’Antioche, l’une des plus anciennes de la Chrétienté qui a été fondée par l’apôtre Pierre.

Au cours des jours qui ont précédés son élection (le 31 octobre 2016), le président a rencontré le patriarche maronite d’Antioche et de tout l’Orient, S.Em. le Cardinal Bechara Boutros Rahi. Les maronites sont des chrétiens catholiques orientaux en pleine communion avec le Saint-Siège. L’Eglise Maronite est l’Eglise catholique du Liban et la plus grande communauté catholique au Proche-Orient (notamment la Syrie, Chypre et la Turquie). Son siège est à Bkerké au Liban. Créé cardinal par Benoit XVI le 24/11/2012, Mar Bechara Boutros Rahi, devrait en cas de conclave, en être le doyen et en assurer la présidence.

La semaine dernière, le 16 novembre, le Président Aoun a reçu la délégation de l’Eglise grecque melkite, guidée par le patriarche melkite d’Antioche et de tout l’Orient, S.B. Grégoire III Laham. C’est lui qui en 1970, fonda l’Ordre Patriarcal de la Sainte Croix de Jérusalem qui aide moralement et financièrement les Chrétiens de Terre Sainte, et qui depuis 2014 est représenté en France. Un entretien avec S.B. Grégoire III Laham dirigé par Charlotte d’Ornellas, a récemment été publié et traite principalement du problème des chrétiens d’Orient. Les melkites sont des catholiques orientaux, dont le siège patriarcal se trouve à Damas en Syrie.

Le même jour, le président Aoun a reçu le patriarche syriaque-catholique d’Antioche et de tout l’Orient, S.B. Ignace Youssif III Younan, qui a son siège a Beyrouth au Liban. Le 10 novembre dernier, il avait également reçu le patriarche syriaque-orthodoxe d’Antioche et de tout l’Orient, S.B. Ignace Ephrem III. L’Eglise syriaque-orthodoxe est une Eglise autocéphale (autonome) dont la séparation provient des disputes christologiques du concile de Chalcédoine (451) qui a déclaré que le Christ était à la fois pleinement homme et pleinement Dieu.

Les différents patriarches lui ont rendu visite pour le féliciter de son élection et lui soumettre des évaluations concernant la situation actuelle du pays, aux prises avec la tentative de sortir progressivement de la paralysie institutionnelle de ces dernières années.

En janvier dernier les Patriarches des deux Eglises syro antiochiennes avaient déjà rencontré le Général (2S) Michel Aoun en sa qualité de responsable du Mouvement patriotique libre afin de demander qu’un siège du Parlement national soit réservé ex legge à un représentant politique issu de chacune des deux Eglises. Les accords de Taeff, qui marquèrent en 1989 la fin de la guerre civile, ont disposé la parité numérique des sièges parlementaires réservés aux parlementaires chrétiens et musulmans.

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