Le programme de Fillon sur la famille n’est pas à la hauteur

Ludovine de la Rochère, dans un entretien au Figaro, revient sur divers points qui tiennent à cœur aux membres de La Manif Pour Tous. Après avoir réaffirmé sa volonté de toujours réclamer l’abrogation de la loi Taubira, la président du mouvement est revenue sur le programme de François Fillon qu’elle ne juge pas complètement à la hauteur sur la famille.

La victoire de François Fillon me paraît encourageante parce qu’il rompt avec le conformisme de ses prédécesseurs – je pense à Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy – et parce qu’il ose aborder des sujets aussi délicats que la filiation, l’éducation ou l’islam en France.

Néanmoins, sur la famille, son programme n’est pas complètement à la hauteur. D’abord parce qu’il n’assume pas de revenir au mariage homme-femme ni à l’adoption simple par un père et une mère (il ne souhaite revenir que sur l’adoption plénière) en dépit de son opposition affichée à la loi Taubira. Cela signifie qu’il reste encore – certes en partie, ce qui est déjà une avancée – dans cette attitude de la droite qui continue à se laisser dicter le calendrier par la gauche. Celle-ci ne se gêne pas pour provoquer et diviser, tandis que la droite a toujours des pudeurs de jeune fille !

D’autre part parce que son programme, en matière de politique familiale, manque de vision et d’ambition. En effet, les mesures qu’il propose sont comme des essuie-glaces : un retour à la situation antérieure au quinquennat de François Hollande. S’il faut corriger les erreurs du quinquennat qui s’achève, il faut en plus une ambition à la hauteur des enjeux.

D’immenses défis concernent aujourd’hui la famille : je pense aux bouleversements culturel et sexuel, à l’utopie du genre, aux problématiques du numérique et du transhumanisme, à l’écologie et d’autres enjeux que j’ai développés dans mon livre.

Le Figaro – Dans Famille je vous aime, vous fustigez « l’ogre ultralibéral ». Le programme économique thatchérien de François Fillon ne risque-t-il pas de fragiliser les familles et plus largement de bousculer les repères stables de la société ?

J’ai dû mal à croire que François Fillon ne voit pas le danger et ne prévoit pas de poser des limites, lui qui déclare que « la famille doit être au cœur des politiques publiques ». Il semble d’ailleurs fermement opposé à la PMA sans père et à la GPA, pratiques lucratives appréciées par le Marché.

Néanmoins, les propos qu’il a tenus récemment sur la révolution technique en cours dont la France doit savoir bénéficier à fond m’ont inquiétée. En effet, si l’accélération exponentielle des possibilités des nanotechnologies, de la biotechnologie, de l’informatique et de la génétique (NBIC) peut ouvrir des perspectives extraordinaires, il est indispensable de prendre aussi conscience des risques et de réfléchir aux critères de discernement à poser dans ce domaine. Il y a d’ailleurs urgence : le Parlement européen, par exemple, s’apprête à voter un texte qui donnerait un statut juridique autonome au robot !

Un autre exemple est celui du travail le dimanche : sa libéralisation totale serait clairement désastreuse pour la famille comme pour l’ensemble de la société. Nous avons impérativement besoin d’un jour de repos commun à tous !

Comment dépasser cette contradiction ?

Il me semble que toute l’action politique doit être pensée en fonction de sa finalité, qui est l’Homme. Si cette perspective est bien là, je pense que les décisions et leur mise en œuvre peuvent radicalement changer et être enfin constructives, la condition étant de s’y tenir rigoureusement et systématiquement.

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