L’édito – 2018 année bioéthique, année de civilisation

Lorsque Christiane Taubira vendit sa loi tristement célèbre, elle n’hésita pas à parler, à juste titre, d’un changement de civilisation. Avec les tenants du mariage dit pour tous (aujourd’hui tous éliminés de l’échiquier politique), elle entendait engager l’humanité dans une nouvelle ère, comme le New Age veut nous faire passer du poisson au verseau. Si sa loi ratifiait un changement, elle n’en était pas véritablement à l’origine. En revanche, elle a ouvert la boite de Pandore, donnant une légitimité à toute revendication de cette nouvelle civilisation. A la différence du New Age qui entend faire table rase du passé, mais sans avoir de projet autre que sa destruction pour laisser émerger une nouveauté inconnue, les idéologues de la civilisation Taubira (qui comme tous les autres seront pris dans le rouleau compresseur du New Age), eux ont un projet précis qu’ils entendent mener à bien tant en posant une série de pierres qu’ils espèrent inamovibles qu’en pourchassant les tenants du « monde ancien ».

Comme les catholiques sont les représentants les plus opiniâtres de cette vieille civilisation et qu’ils sont depuis 2012 violemment mis sur la devant de la scène politique et médiatiquement plus stigmatisés que le Front National, il importe pour eux de cerner les contours de cette ère nouvelle. Par la négative on peut dire qu’elle se voudrait l’exact opposé d’un monde fondé sur l’Evangile. Si curieux que cela puisse paraître, puisque la civilisation Taubira se targue de vouloir le bien des hommes et des femmes.

Toute la différence bien entendu repose sur la notion de bien. Et c’est là que repose le vrai problème de la loi Taubira, bien au-delà du mariage dit pour tous. La racine que nous n’avons pas assez dénoncée (et l’idée d’un référendum sur le sujet montrait bien que l’essentiel du drame n’avait pas été perçu), cette racine qui ouvre aujourd’hui toutes les portes à l’euthanasie, l’eugénisme, les PMA/GPA en tous « genre » et qui permet de décréter la loi martiale contre le délit d’entrave numérique, réside dans le « simple fait » qu’un parlement a décidé sui generis du bien et du mal, sans plus aucune référence à l’Homme Lui-même. Le sénateur communiste Jean-Pierre Michel, rapporteur du projet de loi sur le mariage pour tous l’avait clairement dit : le principe communiste c’est le rapport de force. Nous avons la majorité donc nous décidons.

La loi Veil n’était pas allée si loin. Elle ne décidait pas du bien ou du mal, elle dépénalisait un mal, continuant ainsi de reconnaître que c’était un mal. Ce que nient aujourd’hui les fanatiques de l’IVG.

Si ceci est une dynamique mondiale poussée par de nombreux courants, il n’en demeure pas moins que 2018 est, à ce propos, une année cruciale, en France, pour la vérité anthropologique. Quels seront les principes de révision de la loi de bioéthique ? La vérité de qui est l’Homme  ? Ou la majorité ? Et dans cette perspective quelle majorité ? Celle d’une Assemblée nationale qui ne représente pas la Nation ?

Notre civilisation repose sur la vérité fondamentale de l’Homme ; celle qui se profile, sur une illusion d’un homme non pas seulement augmenté, mais illusoire. S’il va nous falloir nous battre, texte après texte, tout au long du processus de révision, ne perdons pas de vue qu’un seul fondement tient tous ces enjeux : la vérité anthropologique.

Comme en 2012 et depuis, nous devons reprendre le bâton de pèlerin du héraut de la vérité. Nous devons, non pas reculer pas à pas en disant ce que n’est pas l’homme, mais annoncer à temps et à contre temps qui est l’Homme. Cela suppose de se former pour rendre compte de notre foi, comme nous y exhorte saint Pierre. Qu’on défende l’enfant à naître, les trisomiques, la fin de vie, la famille, nous menons un seul et même combat pour la vérité anthropologique. Car là est le changement de civilisation : créer un homme virtuel et l’imposer par la force de la loi et du mensonge comme le seul et unique véritable être humain. Les vents contraires sont d’une incroyable violence, parce que les enjeux financiers, mais aussi spirituels sont colossaux. Ne pas entrer dans la bataille, qu’on se cache derrière tous les prétextes qu’on veut, est de la non-assistance à personne en danger. N’est-ce pas aussi, au fond, refuser l’inévitable martyre, alors que l’urgence, c’est l’Homme  ?

Cyril Brun, rédacteur en chef.

 

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