L’édito – Damnation par ignorance

 

Damnation par ignorance, voilà bien un titre inquiétant ! Notez qu’il n’est pas dit pour ignorance, mais par ignorance. Ouf ! ce n’est pas le fait même d’ignorer qui damne, mais les conséquences de l’ignorance qui nous mettent sur le chemin de la damnation. Mais comment donc ? Dieu nous damnerait ? Poser ainsi la question révèle une double ignorance. Cela peut sous-entendre que la damnation n’existe pas. Allons allons ! suffit ces fadaises d’ancien régime conciliaire. Nous irons tous au paradis.  Bien ! premier remède, lire la Bible et noter tous les passages où il est question de damnation (prendre un peu de temps, il y en a un nombre certain) Poser la question de cette façon laisserait aussi supposer que Dieu du haut de son trône de justice damne certains êtres humains. Pourtant, il est dit à plusieurs reprises dans l’Evangile que nous nous condamnons nous-mêmes par nos propres actes, lesquels sont nos juges. Finalement, Dieu ne fait que ratifier une sentence prononcée par nos propres juges. Et la miséricorde dans tout ça ? Mais la miséricorde est une réponse de Dieu à notre désir de miséricorde. Si nous ne voulons pas de la miséricorde, cette dernière glissera sur nous comme l’eau sur les plumes d’un canard. En effet, la miséricorde, comme la justice sont amour et vérité. Il est impossible de forcer l’amour, pas même pour Dieu. Alors quel est le fond du problème ? Simplement en nous même, car nous n’allons pas au paradis parce que Dieu nous aime, mais parce que nous aimons Dieu dans la mesure où le paradis ce n’est pas éviter l’enfer, ni se retrouver tranquillement pour un barbecue du week-end. Le paradis c’est la vie amoureuse intime avec Dieu. L’enfer, c’est l’éternité privée de l’amour de Dieu que nous avons refusé. Ainsi, la damnation est une exclusion par nous-mêmes de l’amour de Dieu et plus exactement de la vie intime amoureuse avec Dieu. Le paradis, à l’inverse, c’est jouir de l’amour de l’être aimé. Et notre vie consiste à apprendre à aimer Dieu pour toujours davantage en être rempli. L’amour suppose la connaissance (qui n’est pas le savoir), ce qui est le principe même de la contemplation. Se tromper sur Dieu c’est regarder et avancer dans une mauvaise direction. Voilà pourquoi nous pouvons en arriver, chemin faisant, à nous damner par ignorance. La formation qui débouche sur la connaissance contemplative amoureuse n’est, pour le catholique, pas une option, mais une nécessité. Qui ne veut pas se former, se cherche et s’aime plus qu’il ne cherche et aime Dieu. Ainsi, dans ce monde comme dans l’autre, il a et aura l’objet même de sa quête, lui-même.

C’est pourquoi, InfoCatho publie chaque jour un ou deux articles de formation qui sont pourtant parmi les moins lus de notre site. Le catholique a, parmi les chrétiens, la réputation de ne pas connaître sa foi d’être peu formé. Pourtant….

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