L’édito – Et Dieu dans tout ça …

 

L’actualité médiatique, bioéthique et politique tant nationale qu’internationale donne aux catholiques de larges occasions de monter au créneau pour défendre les vérités fondamentales issues de la révélation chrétienne. Ces vérités sont de deux ordres. L’une dite loi naturelle, observable et démontrable rationnellement quoiqu’aujourd’hui, le principe de non contradiction ayant été balayé, la logique rationnelle semble de moins en moins un argument opposable au relativisme irrationnel. L’autre ordre de vérité comprend les données de foi strictement révélées et auxquels l’Homme ne peut accéder que par la révélation divine et l’adhésion de la foi. C’est de ces deux ordres, qui ne forment qu’une seule vérité comprise entre foi et raison, que nous tirons les grandes vérités anthropologiques éthiques et spirituelles. Aussi, défendre « les vérités fondamentales issues de la révélation chrétienne » suppose de pouvoir, selon la demande de saint Pierre, en rendre compte, donc non pas de les ânonner, mais de les comprendre de l’intérieur, c’est-à-dire d’en connaitre les raisons fondamentales. Or la plus fondamentale des raisons qui explique toute vérité trouve sa source la plus ultime en Dieu et en son dessein pour l’humanité, autrement dit sa volonté. L’homme et le monde sont créés tels qu’ils sont parce que dans le plan divin c’est le meilleur des mondes possibles en vue du projet divin qui est la vie intime de l’homme avec Dieu, autrement appelée paradis ou vision béatifique. Si nous ne tenons pas ces deux bouts que sont la volonté divine et la vocation ultime de l’homme, toutes les vérités anthropologiques, éthiques et même spirituelles ne sont qu’un assemblage de vérités sans cohérence dont, de ce fait on peut disposer à sa guise.

 

Aussi, dans le combat politique, culturel et éthique, il manquera toujours au plus humaniste des militants, la transcendance qui donne toute la cohérence du combat qu’il mène. Sans cette transcendance et cette vocation de l’homme, les « valeurs » chrétiennes ne sont qu’une philosophie, voire une idéologie parmi d’autres. Le catholique qui se bat pour le bonheur des hommes et qui oublie qu’au-delà des contingences matérielles le bonheur de l’homme c’est Dieu, et qui donc oublie Dieu dans son discours comme dans sa stratégie, condamne l’homme qu’il veut aider à plafonner en lui-même. Ce qui est le drame de l’humanisme athée dénoncé par le cardinal de Lubac. L’impasse du débat bioéthique le révèle bien du reste. Parler du droit à la vie est une erreur qui montre bien l’aporie d’un discours sans Dieu. Il ne saurait y avoir de droit à la vie pour une personne qui n’est pas encore. Ce qui existe en revanche, c’est le droit au respect de la vie, une foi celle-ci reçue. Dieu préexiste à toute vie humaine et il en est le maître. L’homme qui n’existe pas n’est pas sujet de droit. Le débat bioéthique pose avant tout la question de la place et des droits de Dieu sur l’humanité. L’enjeu est hautement spirituel : acceptons-nous Dieu en acceptant qu’il soit maître de la vie et donc de ma vie, ou le rejetons-nous. A nous en tenir au droit naturel, difficilement défendable sans transcendance divine, nous éludons la partie la plus essentiel de la question. Une partie qui déborde largement la bioéthique, mais dont elle est l’aspect le plus cuisant : Et Dieu dans tout ça ?

 

Cyril Brun, rédacteur en chef

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