L’édito – Entrisme ou prophétisme ?

L’édito – Entrisme ou prophétisme ?

En politique, deux grandes lignes de fond se retrouvent et souvent s’entrechoquent, dans les rangs catholiques. Si nous laissons l’enfouissement qui n’a engendré que l’effacement, il reste en effet deux attitudes possibles, à mon sens complémentaires et non pas exclusives, comme c’est le cas, malheureusement, aujourd’hui. Dans le monde politique, faut-il faire de l’entrisme ou brandir la bannière catholique ? Bien évidemment les deux, si l’entrisme n’est pas de la compromission passive et le prophétisme, un ensemble de poncifs excommunicateurs. Il faut, comme de tous temps dans l’Eglise, des prophètes, dont la radicalité sert de lumière sur la colline pour le monde, comme pour le peuple chrétien. Les prophètes redonnent, envers et contre tout (tous) le cap, la finalité ultime de tout engagement, qu’il soit politique ou non. L’entrisme, pour sa part, travaille le terrain de l’intérieur et en fonction de la conjoncture œuvre au bien commun par le mieux possible (et non le moindre mal). Le mieux possible n’est pas une succession de compromissions, mais l’acte le meilleur possible en vue du Bien commun. Il s’agit de la décision qui, dans un contexte donné, permettra d’en poser un second puis un troisième et ainsi de suite dans la marche vers le Bien que rappellent sans cesse et surtout sans habillage du moment, les prophètes. Les deux sont nécessaires, et dépendent beaucoup du charisme de chacun. Les entristes sont comme le coin dans la bûche du système. En outre, il est illusoire de penser que le « système » s’effondrera et laissera libre le champ aux prophètes. Gouverner ne s’improvise pas. L’expérience socialiste après 20 ans hors du gouvernement et celle d’En Marche composé de néophytes en sont une triste démonstration. Les Européennes approchent, les municipales viendront vite. Chacun, selon son charisme, peut œuvrer au bien commun politique et donc civilisationnel. Loin d’opposer les catholiques engagés, il est peut-être temps d’adopter une stratégie commune de part et d’autre de cette apparente distinction. Il n’y a pas de meilleure ou moins bonne stratégie si les deux se coordonnent pour aplanir les routes et ouvrir à Dieu.

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