L’édito – La bioéthique aujourd’hui sert de caution aux excès de la science.

La grande question de l’éthique est de poser des limites au progrès. Aujourd’hui pourtant, clairement, la bioéthique sert de caution aux excès de la science. Pour qui étudie la chronologie des avis du conseil national d’éthique et donc des lois de bioéthique on se rend compte que l’enjeu est de temporiser en accompagnant les évolutions de la société pour donner une caution en temps opportun au mouvement quasi pendulaire qui veut que, d’année en année, les limites posées à la science soient sans cesse repoussées. Ceci en pleine cohérence avec l’idéologie moderniste qui préside aux destinées du monde laquelle veut que le progrès soit sans fin, sans obstacle, pour un mieux-être de l’humanité, mieux-être qui ressemble à une course permanente, une fuite éperdue vers l’avant, toujours plus loin de l’homme lui-même. L’éthique, entendue comme le chemin vers le bien, moralise ainsi toutes les avancées scientifiques par lesquelles le progrès remplirait sa fonction salvatrice au service d’un mieux-être toujours perfectible de l’homme. Mieux-être individuel au détriment d’un mieux-être, bien commun de l’humanité, qui vient renforcer le fondement hédoniste de ce modernisme contre lequel s’opposer devient un blasphème. Nouvelle finalité nouvelle éthique, ne nous y trompons pas, les glissements des lois de bioéthique ne sont que la sacralisation des glissements de l’humanité vers la post humanité.

 

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