L’édito – La théologie du détail

La théologie, considérée comme la reine des sciences, perçue comme la plus ardues des disciplines, autrefois pratiquée avec « crainte et tremblement », oscille aujourd’hui entre obscurantisme et facilité, livrée aux mains de spécialistes auto décrétés. Pour les uns, c’est un vaste trou noir incompréhensible. Pour d’autre c’est l’objet des discussions de salons faciles sur lequel chacun a son avis tranché, quoique non documenté. Ainsi s’est développé au sein de l’Eglise catholique, une forme de relativisme, laissant à chacun la possibilité d’avoir son opinion privée sur les points les plus complexes de la théologie. Un relativisme, finalement très protestant qui donne à chacun l’illusion de maîtriser une des disciplines les plus complexes qui soit donnée à l’humanité. Cette appropriation privée de la théologie, en dehors, voire en réaction, à la Tradition de l’Eglise a dessiné des lignes parfois très antagonistes au sein même de l’Eglise, la forçant à d’impossibles compromis, au mépris d’une Tradition bimillénaires et de la vérité même. Les théologiens en herbes de notre temps se révèlent tout d’un coup bien plus avisés et inspirés qu’un saint Augustin, un saint Ambroise, pour ne pas citer le désormais conflictuel saint Thomas d’Aquin. Outre l’orgueil qu’on ne saurait ne pas voir perler derrière ces révolutions modernes, se pose la question de l’unité même de l’Eglise et de la cohérence de ses fidèles. Peut-on encore se dire catholique quand ont nie une part, même infime, de la foi catholique ? N’est-on pas alors une branche sectaire, au sens étymologique, c’est-à-dire coupée, de l’arbre universel ? Pourquoi venir à la messe catholique, se dire catholique, si au fond on veut changer l’Eglise pour la tailler à sa propre mesure ? Pourquoi alors, ne pas se faire sa propre Eglise, comme nombre de courants protestants ? L’Eglise, comme la foi catholique, sont un manteau bien trop grand pour nous, parce qu’il est dimensionné pour le corps même du Christ. Face à cela nous avons deux possibilités : grandir à la mesure du manteau ecclésial, ou le tailler à notre mesure, mais alors, il ne s’agit plus de l’Eglise. Pour maintes choses, le relativisme et les bonnes intentions se cachent derrière le détail, arguant que toutes ces choses ne sont pas importantes, mais secondaires, que ce qui compte, c’est l’amour, le prochain, la simplicité etc. Que ces trois choses comptent et puissent être prioritaires s’entend à condition que l’amour soit en cohérence avec la vérité, sans quoi il n’y a pas d’amour vrai. Le psaume nous le rappelle « amour et vérité s’embrassent ». Car notre monde moderne, finalement désincarné à force de se réinventer, ne comprend plus la notion de cohérence. Sur un axe fondamental, se greffent au quotidien un millier de détails qui dessinent, en réalité, la trajectoire que nous suivons. Modifier un détail et la réalité présente sera différente. Or le détail est porteur de sens. Le sens de ce qu’il exprime d’abord, le sens de son absence en suite. Refuser ou nier un détail nous dit beaucoup de notre rapport au monde réel. Entre celui qui insiste pour que les fourchettes soient sur la face et celui qui s’en moque, deux tempéraments, mais aussi deux idéologies sont présentent. En outre, il en est du détail comme du degré d’un angle. Modifier, même d’un pouillème, l’angle entre deux droites et quelques centimètres plus haut la trajectoire est sensiblement altérée. Alors, oui, la théologie se situe d’une manière « déroutante » dans le détail.

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