L’édito – La laïcité conduit-elle nécessairement à la schizophrénie ?

L’édito – La laïcité conduit-elle nécessairement à la schizophrénie ?

On finit par ne plus bien savoir ni ce qu’est la laïcité, ni, de ce fait, comment se comporter de façon laïco-compatible. Les funérailles de Johnny Hallyday n’en finissent pas de tirailler les médias et les réseaux sociaux, comme la laïcité à la française a visiblement tiraillé le président Macron et la plupart des responsables politiques présents. Le chef d’l’Etat esquisse le geste de l’habitude, puis retire la main du goupillon, sans doute après s’être dit, « je représente l’Etat, je ne peux pas ». Valérie Pécresse ne s’est visiblement pas posé la question, ou trop tard et cela lui a valu une volée de bois vert.

Où, au fond, est le problème, sinon dans la tête de fanatiques tétanisés par la peur et qui lancent une véritable fatwa à chaque fois qu’un geste fait en public est trop chrétien ? Car la question se résume bien à cela : des fanatiques anti-cléricaux ont peur des catholiques et sèment la terreur dans l’espace public.

Décortiquons un peu cela. Le fanatisme d’un Mélenchon et de la plupart des médias et par derrière d’une Franc-maçonnerie les a poussé, par haine de l’Eglise catholique à dénaturer le sen même de la laïcité, de sorte qu’ils sont pris à leur propre piège et ne sont plus en capacité aujourd’hui d’en rendre compte posément. La diatribe hallucinante de Jean-Luc Mélenchon révèle que le combat laïcard n’a plus aucune prise sur le réel et ne peut se justifier, en vérité, à la lumière de la loi de 1905 et moins encore des « jurisprudences Malraux ». Ne pouvant plus défendre la vérité, ils stigmatisent, terrorisent dans une haine qui se double de la peur de devoir affronter la vérité de leur vacuité. Leur peur justifie la charia qu’ils imposent.

A ceux qui trouveraient qu’il y a là un peu de victimisation catholique, il serait cependant, me semble-t-il, difficile de défendre, là encore en vérité, le deux poids deux mesures en la matière. Que ce soient les jugements partiaux en faveur de Femen recevant le prix de la laïcité (sic), les décisions du Conseil d’Etat, la guerre des crèche la cruxophobie ou les articles de presse non écrits d’actes « christianophobes  », la liste est longue de ce parti pris anti chrétien.

Qu’est donc la laïcité à la française ? Il est du reste surprenant qu’il y ait une laïcté propre à chaque pays. Mais il est évident que la laïcité du président Erdogan, n’est pas celle du président Poutine (plus proche du reste de celle de Trump), de Madame Hidalgo ou même de la loi de 1905. Si on juge de la laïcité aux récipiendaires du prix qui la couronne, la laïcité en France est clairement la promotion d’actes anti-chrétiens. Des actes violents, hors-la-loi, mais protégés, comme pour les Femen, ou des actes d’expulsion du territoire, comme la charia laïcarde s’y emploie. De sorte que ces derniers ont fini par pousser l’Etat à privatiser à son profit l’espace public.  Sous couvert de tolérance, on éradique le catholicisme et on donne plus de place à l’islam (qui n’a rien de laïque) et à la laïcité devenue une véritable religion d’Etat, pourvu d’un clergé fanatique.

Ainsi, la laïcité en France n’est plus du tout celle de 1905 permettant à tous les cultes de se développer sans favoriser, ni brimer aucun. Oser dire le contraire aujourd’hui est un mensonge qui sert d’écran de fumée à la décatholicisation non de l’espace public, mais du pays. Il n’est nulle victimisation en ces lignes, c’est une pure constatation que la furie des médias autour du goupillon de la Madeleine ne fait que mettre en exergue. Car en quoi le fait qu’un responsable politique pratique publiquement sa foi la favorise ou brime les autres religions, à partir du moment où ses décisions politiques sont, elles, laïques ?

Car ici se situe l’amalgame sur lequel se fonde la terreur laïcarde. Un geste en public n’est pas un geste public, sauf pour celui qui aime jouer les symboles et dont l’exemplarité est prophétique. Le président Macron qui humilie un chef d’Etat africain est un geste public. Emmanuel Macron qui bénit un cercueil, qui plus est dans une célébration privée, est un geste en public.  Anne Hidalgo qui organise le ramadan à la mairie de Paris est un geste public, tout comme encourager à la haine anti chrétien en décernant le prix de la laïcité aux femen.

Le malaise de cette pseudo-laicté fut éclatant à l’occasion des funérailles de Johnny Hallyday. Ce malaise, fondé sur une fausse vision de la laïcité, conduit comme tout mensonge à une forme de schizophrénie dont les élus ne savent plus comment se dépêtrer et que les électeurs ne supportent plus.

 

Cyril Brun, rédacteur en chef

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