L’édito – Le progrès technique, une menace sine qua non. 

A l’heure des grandes prises de conscience des impacts du progrès sur l’environnement, la sécurité, le bien-être de l’homme, des appels à la modération, de la lutte contre les excès, le progrès, jadis veau d’or des temps modernes, prend des allures de bouc émissaire. Sorte de main invisible incontrôlable, toupie exaspérée livrée à elle-même, le progrès est en marche et rien ne semble pouvoir l’arrêter.  Comme un virus créé de toute pièce, l’idéologie du dieu progrès, sensée donner à l’homme la maîtrise du monde et de son destin, a totalement échappé au contrôle de l’humanité.

Qui renoncerait au progrès et à l’innovation se verrait totalement dominé par les autres, que ce soit à titre individuel ou collectif. De sorte que le progrès, comme réalité innovante autant que comme idéologie, s’est imposée comme condition sine qua non de la réalité du monde post-moderne. Ainsi cette menace post-moderne d’un progrès débridé voulant imposer à l’homme sa conception du bonheur au point de l’engager dans la voie de la post humanité est devenue tout autant un incontournable avec lequel il n’est plus possible de ne pas faire qu’une menace désormais structurelle. Construire et vivre sur les bases d’une menace devenue existentiellement structurelle, tel est l’avenir de l’homme privé d’un rapport humble aux vérités de la nature. Le fait est, qu’on le veuille ou non, que ce post modernisme est devenu la réalité la plus concrète et contraignante de l’homme d’aujourd’hui et sortir de ce nouveau lien de dépendance ne se fera qu’au prix de nombreux renoncements de conforts et d’habitudes. Mais sans changement de logiciel interne à l’humanité pour retrouver les bases de la pré-modernité, on voit mal comment l’homme pourra surmonter l’obstacle colossal et quasi génétique de cette menace sine qua non, OGM de l’humanité en mutation. M’est avis que sans une prise de conscience des propres errements des catholiques égarés comme tout leurs contemporains dans les fils de cette araignée moderniste, il sera bien difficile au monde de retrouver sa place de créature dans la Création du Créateur.

 

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