L’édito – L’Eglise, inaudible ou discréditée ?

L’édito – L’Eglise, inaudible ou discréditée ?

Alors que le monde moderne promu par une certaine intelligentsia semble jouer le tout pour le tout, l’Eglise craque de toutes parts, engluée dans mille affaires et divisions. Est-ce un simple hasard du calendrier ? Possible. Mais, à y regarder de plus près, les réformes anthropologiques et structurelles prônée par une idéologie post-humaniste aux moyens financiers sans précédents, ne trouvent aucune autre opposition sérieuse que l’Eglise catholique hiérarchique et une part non négligeable des fidèles catholiques. Pourtant, petit à petit, le formatage ambiant a rendu le discours le plus naturel qui soit sur la vie et sur l’Homme, inaudible au point que l’Homme est devenu l’ennemi de l’Homme. La réalité de ce qu’est l’Homme s’est peu à peu muée en épouvantail pour l’Homme lui-même, terrifié par ses propres limites, obsédé par l’illusion de liberté que lui donne la destruction de lui-même. Il n’est pas jusqu’à un nombre inquiétant de catholiques à voir en l’Homme réel la bête à abattre, peu soucieux du plan et de la volonté de Dieu en la matière. Mais il se trouve que, ces derniers temps, la hiérarchie ecclésiastique a retrouvé un discours clair et le pape n’est plus le seul à prêcher dans le désert du haut de sa cathèdre, à peine relayé par quelques disciples regardés comme des bêtes fauves à fuir. L’Eglise catholique est devenue le dernier rempart contre l’autodestruction anthropologique de l’Homme. Et elle se réveille. Le pape est cinglant dans ses propos, l’archevêque de Paris entre en guerre contre la dictature des consciences et les manifestations repointent leur nez. Finalement, comme pour le mariage pour tous, faire passer ces lois humanicides ne sera pas aussi simple que prévu. Et hop, d’un coup surgit tout le pu d’une Eglise depuis longtemps gangrénée. Facile discrédit sur l’institution et par ricochet sur le discours. Mais avant d’être discrédité, le message de l’Eglise est inaudible pour cette génération. Car pour qui cherche sans peur la vérité, que le porteur du message soit corrompu, n’affecte pas la vérité du message lui-même. En réalité, bien de nos contemporains sont aussi assez contents de trouver un faux-fuyant pour ne pas discuter, voire simplement ne pas réfléchir. Preuve s’il en est, la grande majorité des commentaires sur les réseaux sociaux concernant les grands thèmes de la vie sont ponctués dès le premier échange par « les affaires ». Celles-ci sont le nouveau désert de saint Jean-Baptiste. Au milieu de cette nouvelle forme d’hostilité, annonçons la vérité. Ce qu’ils veulent c’est rendre toujours plus inaudible la vérité. Inaudible parce que devenue inacceptable dans son contenu. Inaudible parce que discréditée et enfouie sous un amas de purin, sinon orchestré, du moins sciemment réutilisé. Cela ne change rien au tas d’immondices qui putréfie dans l’Eglise, mais cela ne change rien non plus à la Vérité que l’Eglise doit malgré tout porter au monde. Le silence serait la victoire de Satan.

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