L’édito – Noël – Quand la famille devient un refuge emmuré

L’édito – Noël – Quand la famille devient un refuge emmuré

Noël ! Douce nuit durant laquelle souffrir semble interdit. Comme si Noël, par sa nature même était un avant-goût de la béatitude du Ciel. Quelle que soit la forme que nous pouvons donner à cette joie, du plus bassement matériel au plus hautement spirituel, elle veut comme crier au monde cette effluve de l’éternité divine qui reste dans le cœur de chaque homme, si loin soit-il de Dieu. Et pourtant, plus encore qu’au temps ordinaire, la souffrance déchire, comme un éclair saillant, le monde en cette nuit qui n’est pas douce pour tout le monde. Combien sont seuls, à la rue parfois, à l’hôpital ou simplement chez eux, parce que Noël c’est une fête de famille, en famille. Alors, on n’ose pas s’inviter, on se fait tout petit et même on a honte d’être exclu de cette joie dont notre tristesse nous apparait une flétrissure pour le bonheur des autres.

Noël, c’est le moment de l’année où la famille est mise à l’honneur, réunie, comme le clan autour du patriarche. Et cette perspective est pour certain une joie attendue avec impatience et pour d’autre une épreuve redoutée, un passage obligé. Bref, que ce soit du point de vue de l’exclu, comme de celui du contraint ou de l’enthousiaste, Noël est devenu pour beaucoup non plus une fête en famille, mais une fête entre la famille.  Pour quelques mains tendues, combien sanctuarisent ce moment en fermant les yeux sur la souffrance des autres ? Et la nuit par excellence de l’accueil de l’être fragile devient alors celle de tacites murailles, laissant hors de la maison commune, les voyageurs isolés, comme Marie refoulée de l’auberge.

Parmi les arguments souvent évoquées par les francs-maçons ou les catholiques rejoignant les protestants, notamment les évangéliques, il y en a une qui devrait nous faire réfléchir au soir tombant de Noël : la fraternité et l’accueil d’une communauté.

Une grande question se pose alors, existentielle et missionnaire : pourquoi l’Eglise n’est-elle plus chez nous, une famille ? Pourquoi est-elle aussi éclatée et indifférente que « la famille moderne » ? N’y a-t-il pas un lien ? Puisse la magie de Noël réchauffer les liens de solidarité charnelle et fraternelle de la famille catholique.

 

Cyril Brun, rédacteur en chef.

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