Les conseils du pape aux séminaristes

A l’occasion de l’anniversaire de son ordination sacerdotale, le 13 décembre 2016, le pape a rencontré quelques séminaristes des Pouilles.

Touché par les vœux spontanés des jeunes garçons, le pape n’a pas tenu son idscours officiel qui sera remis aux séminaristes “plus tard”.

Il s’est alors livré à une réflexion spontanée, une suite de conseils et d’expériences qui viennent en fait compléter le discours officiel.

Extrait :  être proche

Une parole que je voudrais dire à un séminariste : « être proche ».

On ne peut pas être prêtre et détaché du peuple. Proche du peuple. Celui qui nous a donné le plus grand exemple a été le Seigneur, c’est pas vrai ? Être proche ! Un prêtre qui se détache du peuple n’est pas capable de donner le message de Jésus. Il n’est pas capable de donner les caresses de Jésus aux personnes ; il n’est pas capable – et je prends ton image [il se tourne vers le recteur qui a parlé avant] – de mettre dans la porte pour qu’elle ne se ferme pas [il se réfère à une image citée pas le Recteur, dans laquelle le pieds de Jésus empêche que se referme la porte de la Miséricorde]. Près des gens. Etre proche signifie patience ; veut dire brûler [consumer] la vie, parce que – disons la vérité – le Saint Peuple de Dieu fatigue, fatigue ! Mais quelle belle chose de voir un prêtre qui finit la journée fatigué et qui n’a pas besoin de cachets pour bien s’endormir ! Cette fatigue saine du travail, du don de la vie aux autres, continuellement au service des autres. Quand vous commencerez : « Moi maintenant je voudrais autre chose. J’ai la paroisse, mais je voudrais faire l’école ici … ». Mais pourquoi veux-tu l’école ? Pour l’argent ? Tu as peur de la pauvreté ? Écoute, si tu as peur de la pauvreté, ta vocation est en danger ! Parce que la pauvreté sera ce qui fera grandir ton don au Seigneur, elle sera celle – la pauvreté – qui fera un mur pour te garder, parce que la pauvreté dans la vie consacrée, dans la vie des prêtres, est une mère et un mur. Elle est une mère et un mur : elle donne la vie et elle garde. Un prêtre proche des gens, proche des problèmes des gens. Cette parole : « être proches » !

Quand tu trouves  un prêtre qui s’éloigne des gens, qui cherche autre chose – oui, il vient, dit la messe et puis s’en va, parce qu’il a d’autres intérêts que le peuple des fidèles qui lui sont confiés – cela fait mal à l’Église. Être proche ! Comme Jésus a été proche de nous. Il n’y a pas d’autres voies : c’est la voie de l’incarnation. Les propositions gnostiques sont si nombreuses aujourd’hui, c’est un peu être un bon prêtre, mais pas catholique, gnostique, mais pas catholique. Non, non ! Catholique, incarné, proche, qui sait caresser et souffrir avec la chair de Jésus avec les malades, avec les enfants, avec les problèmes, avec tant de problèmes qu’ont nos gens. Cette promiscuité vous aidera tellement, tellement, tellement !

 

Vous pouvez retrouver ici l’intégralité du discours improvisé. Et ici le discours officiel dans lequel il invite à ne pas se sentir différent de ses contemporains.

Deux textes qui se répondent et qui sont aussi d’une certaine façon l’exégèse de la nouvelle ratio studiorum dont nous donnons ici un compte rendu.

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