Les évêques du Kenya s’inquiètent des risques de violences lors des élections de 2017

 « Attention car nous risquons de retomber dans les violences de 2007-2008 » avertissent les évêques du Kenya, qui « notent avec préoccupation le retour de la violence, d’un langage conflictuel et de discours incitant à la haine » dans le cadre de la campagne électorale relatives aux élections générales de 2017 et de facto déjà commencée.


Dans une déclaration, la Conférence épiscopale du Kenya souligne que « le pays est déjà entré dans un climat électoral », critiquant les hommes politiques qui « abandonnent actuellement leurs responsabilités pour aller d’un bout à l’autre du pays pour se garantir un poste en vue des élections de 2017 ».


Les accusations croisées entre les hommes politiques « aux dépens de la vérité » alimentent déjà les violences dans différentes zones du pays. « Des vies humaines ont déjà été perdues dans le cadre d’incidents entre les Pokots et les Marakwets. Sont par ailleurs en cours des affrontements entre les communautés Kisii, Masai et Kipsigis » affirme le message et il s’agit là seulement de quelques-uns des exemples cités.


Après avoir réaffirmé l’interdiction de l’usage des chaires des églises à des fins électorales, les évêques rappellent un autre mal qui affecte le Kenya, à savoir la corruption. Cette dernière « est perpétrée sans honte ni peur » et les évêques se déclarent disposés, « en tant que responsables religieux, à faciliter (la mise en place d’un NDT) forum visant à discuter les problématiques de la corruption dans la sobriété, loin de toute rhétorique politique ».


Face aux attaques terroristes qui ont ensanglanté les zones limitrophes de la Somalie, les évêques soulignent que « les intentions de leurs auteurs sont claires : créer de l’hostilité entre chrétiens et musulmans. Nous ne devons pas céder à cette tentation parce que le mal peut être vaincu seulement par le bien ».


Le Message qualifie enfin de « préoccupante la situation de conflit sans fin au Soudan du Sud », qui provoque un flux constant de réfugiés au camp de Kakuma. « Nous faisons appel au gouvernement du Kenya afin qu’il travaille avec les autres nations pour trouver une solution durable aux problèmes du Soudan du Sud. Le Kenya doit reprendre son rôle traditionnel de médiateur de paix au Soudan du Sud ».


Les évêques concluent en lançant un appel à la responsabilité à tous les kenyans « parce que le bien-être et la prospérité du pays dépend de chacun d’entre nous. Ensemble, nous pouvons construire un pays juste et libéré de la corruption, un pays ordonné et dans lequel existe le respect de la loi et de la dignité de toute personne »

 

Source agence Fides

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