LGBT-isme contre christianisme

LGBT-isme contre christianisme

Un article de David Carlin, traduit par Vincent de L. pour France-catholique :

*David Carlin est professeur de sociologie et de philosophie au Community College de Rhode Island, et l’auteur de The Decline and Fall of the Catholic Church in America (« Le déclin et la chute de l’Église catholique en Amérique »).

Naguère, si vous souhaitiez être anti-chrétien, vous deviez être plutôt instruit. C’est-à-dire qu’il fallait lire plusieurs livres. Il fallait être à même de suivre un raisonnement. Il y a deux cents ans, vous auriez lu Voltaire ou Tom Paine. À la fin du XIXe siècle, vous auriez lu lu Herbert Spencer ou Thomas Henry Huxley. Et dans la première moitié du XXe siècle, vous auriez lu Freud ou Bertrand Russell ou John Dewey. (Dewey n’a jamais attaqué explicitement le christianisme. Il considérait simplement que nous vivions déjà dans un monde post-chrétien.)

Depuis ces temps-là, pourtant, la plupart des gens n’ont guère d’appétit pour lire des attaques théoriques contre le christianisme, la population anti-chrétienne des États-Unis n’a jamais été qu’une entioté plutôt restreinte. Cela ne veut pas dire que ceux qui s’affirment chrétiens soient enthousiastes dans leur christianisme. Non, beaucoup sont indifférents. Mais être indifférent est une chose. Être opposé en est une autre.

Lorsqu’environ les trois cinquièmes du vingtième siècle furent passés, l’anti-christianisme a soudain énormément augmenté aux États-Unis, surtout parmi la jeune génération. L’Amérique est passée par une grande révolution culturelle dans les années soixante, et la partie plus importante de cette révolution est probablement ce que l’on appelle la révolution sexuelle.
Tout à coup, pour ainsi dire en une nuit, les règles de la morale sexuelle, qui n’avaient pour ainsi dire jamais été remises en question depuis des siècles, ont été jetées par la fenêtre. Les relations sexuelles pré-conjugales devenaient bien, les relations sexuelles occasionnelles devenaient bien, la cohabitation hors mariage devenait bien, la maternité hors mariage devenait bien, l’avortement devenait bien, le divorce pour des raisons fantaisistes devenait bien, et peu après, l’homosexualité devenait également bien.
Je ne dis pas que ces choses-là n’existaient pas auparavant. Elles se produisent depuis des temps immémoriaux. Mais lorsqu’elles se produisaient avant la révolution, la plupart des gens disaient : « Ces choses-là ne sont pas bien. » Même les gens qui les pratiquaient en étaient d’accord. Ils disaient : « Ce que je fais est mal, mais ça me plaît, donc je le ferai de toute manière. » Les règles étaient violées, mais elles n’étaient pas rejetées.

Lors de la révolution sexuelle, les règles ont été rejetées. Les jeunes disaient : « mes parents pensent que c’est mal, mais ils se trompent. Ce n’est pas mal du tout. C’est juste le contraire. Lorsque je viole les règles chrétiennes de la moralité sexuelle, je prouve que je suis courageux, libre et éclairé. »

Ces règles désormais rejetées de la morale chrétienne en matière sexuelle ne sont pas seulement des traits incidents ou ornementaux du christianisme. Non, ils sont très proches du cœur même de la religion. Par conséquent, celui qui rejette la morale sexuelle chrétienne rejette également le christianisme lui-même.

Et donc, grâce à la révolution sexuelle, on peut rejoindre la croisade anti-christianisme sans avoir besoin de lire aucun livre. Tout ce qu’il faut faire est de se mettre au lit avec sa petite amie, ou son petit ami, éviter d’avoir une conscience coupable à ce sujet, puis se féliciter de s’être élevé au-dessus de préjugés anciens. N’importe quel imbécile peut le faire. L’anti-christianisme, qui n’avait jamais convaincu plus d’une minorité, est soudain devenu le fait d’une majorité convaincue.

Bien sûr, beaucoup de chrétiens, au moins de nom, ont nié ce que je viens d’affirmer, que d’adopter la moralité (ou l’immoralité, si vous préférez) de la liberté sexuelle entraînât le rejet du christianisme. A ce jour, le protestantisme libéral continue de le nier. Il ferme les yeux sur une grande variété de péchés sexuels, il tolère l’avortement et il ordonne des ministres du culte qui sont ouvertement des homosexuels ou des lesbiennes.

Et lorsqu’il fait cela, il affirme que Jésus (cet aimable rabbin palestinien du premier siècle de notre ère) l’approuverait. C’est évidemment absurde. Le protestantisme libéral poursuit une route d’auto-destruction, une route de suicide institutionnel.

Si la révolution sexuelle a été l’arme la plus efficace contre le christianisme, le mouvement homosexuel (appelé aujourd’hui mouvement LGBT) a été l’arme la plus importante de la révolution sexuelle. Au premier coup d’œil, cela semble terriblement étrange, parce qu’il n’y a pas beaucoup de gens qui souhaitent être libres de s’engager dans des activités homosexuelles ou bisexuelles, et encore moins qui désirent changer d’identité de genre. Alors pourquoi le mouvement LGBT a-t-il été efficace – et il a été très efficace – pour persuader les chrétiens que le christianisme avait tort depuis des siècles de condamner la sodomie homosexuelle ?

Pour deux raisons. D’abord, le mouvement LGBT, depuis maintenant un grand nombre d’années, a été absolument brillant dans l’art de la propagande. Il a dominé les trois postes de commandement (si je puis les appeler ainsi) de la culture populaire américaine : les media, l’industrie des loisirs, et nos meilleures facultés et universités. Pendant des décennies, il a utilisé ces institutions pour répandre la parole selon laquelle « homo c’est bien », que les homosexuels sont « nés comme ça » et que si vous pensez autrement, vous êtes haineux. Plus récemment et très soudainement, il a persuadé l’essentiel de la nation qu’il n’y avait pas nécessairement de lien entre le sexe biologique (masculin ou féminin) et l’identité de genre (homme, femme, et Dieu seul sait quoi d’autre).

Ensuite, il a exploité un grand principe moral chrétien, l’amour du prochain, pour détruire le christianisme. De vrais chrétiens vont s’abstenir de faire souffrir leurs prochains homosexuels ou transgenres. Mais vous pouvez causer de graves douleurs aux sentiments de ces prochains lorsque vous affirmez que les humains naissent en deux sexes, masculin et féminin, et si vous partagez l’ancien enseignement chrétien sur la sodomie. Pour un chrétien, approuver par exemple les paroles de Saint Paul contre l’homosexualité, que l’on trouve dans l’introduction de son épitre aux Romains, est équivalent à dire aux homosexuels et aux lesbiennes qu’ils sont des êtres humains sans valeur.

Le chrétien répond : « Mais ce n’est pas ce que je vous dis. »

« Vous êtes un faux chrétien, répond le propagandiste LGBT, parce que c’est exactement ce que vous faites. »

Naguère, l’homosexualité était considérée comme « l’amour qui n’ose pas dire son nom. » Aujourd’hui, le point de vue chrétien sur l’homosexualité est la censure qui n’ose pas s’exprimer.

Et donc, les Églises protestantes libérales célèbrent ce qui était un grand péché, pendant que les catholiques libéraux, dont de nombreux prêtres et évêques, maintiennent une silence discret, en n’approuvant jamais ouvertement la sodomie, mais en ne la désapprouvant jamais non plus.

C’est comme ça que l’on devient fou.

Source : https://www.thecatholicthing.org/2018/07/27/lgbt-ism-versus-christianity/

Voir aussi la tribune de Cyril Brun “peut-on encore parler d’homosexualité ?”

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