LREM – PMA-GPA… entre incohérence et peur des Manifs

Les députés La République en marche (LREM) ne sont pas au diapason sur des sujets sociétaux qui clivent la société française. Une dissonance qui se fait entendre sous les lambris de l’Assemblée nationale, faute de corpus idéologique solide et rassembleur construit durant la période électorale. C’est peut-être une faiblesse autant qu’une force de la méthode Macron : conjuguer la promesse de « progressisme » à celle d’un large débat, incluant les « conservateurs », qui doit être « apaisé » et ne pas « brutaliser les consciences ».

« Ce sont des sujets sur lesquels la société française a besoin de dialoguer et, même au sein du mouvement, on ne peut pas arriver avec des certitudes, une position verticale forte », explique ainsi le député Aurélien Taché. Ce cadre a par exemple été fixé pour l’extension de la procréation médicalement assistée (PMA) et la gestation pour autrui (GPA). Le chef de l’État est personnellement « favorable » à la première, « défavorable » à la seconde, sans que sa position ne fasse consensus, y compris dans son équipe rapprochée.

Des « progressistes réalistes »

« On est des progressistes réalistes », résume ainsi une source gouvernementale, intimement favorable à la GPA. « Peut-on lancer la GPA en France ? Non. La France n’est pas prête et on se gâcherait la possibilité d’avoir un débat serein », répond cette source. En toile de fond, il y a la crainte de reproduire l’épisode des manifestations contre le « mariage pour tous » en 2013, l’anti-modèle pour Emmanuel Macron.

Appeler à une concertation préalable est aussi une manière de temporiser sur des questions qui pourraient envenimer le début de quinquennat. « Emmanuel Macron est resté assez prudent, certes, mais c’était aussi pour contenir l’instrumentalisation de ces sujets par ses opposants », souligne un autre député.

Manque de cohérence

Revers de la médaille, les Marcheurs risquent d’être bousculés par l’actualité, sans réponse cohérente à opposer. Le thème de la laïcité a ainsi resurgi récemment, sur fond de polémique entre Charlie Hebdo et Mediapart, permettant à Manuel Valls, député apparenté LREM, d’affirmer sa posture intransigeante et clivante sur le sujet.

« Je suis convaincu qu’il faut assumer un libéralisme culturel, le cosmopolitisme, assumer qu’il y ait plusieurs identités et religions mais qu’on se retrouve tous dans la nationalité », rétorque Aurélien Taché. Un autre député LREM rappelle, en guise d’avertissement : « Beaucoup de gens de gauche ont rejoint Emmanuel Macron en opposition aux déclarations de Manuel Valls sur la laïcité notamment. »

 

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