Marseille : prises d’habits au couvent dominicain

Marseille : prises d’habits au couvent dominicain

Le couvent dominicain de la province de Marseille compte désormais huit novices. En effet, huit jeunes hommes ont reçu dimanche dernier l’habit dominicain dans ce couvent.

Voici le le monition du frère Olivier de Saint Martin, prieur provincial :

Chers Louis, Olav, Raymond, Romain, Sébastien, Stanislas, Thomas & Tristan,

Aujourd’hui vous allez commencer votre noviciat, ce temps de discernement nécessaire pour vérifier que la vie dominicaine correspond bien à l’appel que vous avez ressenti de suivre le Christ. Noviciat vient de novus qui nous dit à tous qu’une nouvelle étape commence pour vous. Le signe le plus tangible en sera ce nouvel habit que vous allez recevoir. Il dit ce que vous voulez vivre car comme le rappelle Ben Sira le sage : « la manière dont quelqu’un s’habille, sa façon de rire et sa démarche révèlent ce qu’il est ». Je vous propose donc de reprendre cela pas à pas.

Commençons par la manière dont on s’habille, l’habit donc. J’ai trouvé pas moins de 316 termes commençant par habit dans la langue française. Il y a habitif qui, en grammaire concerne la prise ou la perte de possession. C’est cette seconde option que vous choisissez d’emprunter aujourd’hui répondant au commandement du Christ : « N’emportez ni or ni argent, n’ayez ni sandale ni tunique de rechange ». Il y a aussi habitation, celle que nous vous ouvrons et qui va devenir la vôtre tant au plan matériel que spirituel. Mais il ne suffit pas d’occuper un lieu, de le squatter : il faut l’habiter. Comment faire ? Saint Thomas vous inviterait à distinguer les habitudes des habitus. Les premières sont produites par la répétition d’actes extérieurs commandés par notre affectivité ou notre psychologie. Les seconds ont à voir avec la vertu : ils s’acquièrent par le renouvellement d’actes intérieurs qui finissent par donner un sens assez sûr de ce qu’il faut faire. Au fond, ces mots expriment bien certains enjeux d’une année de noviciat.

Ben Sira continuait son propos sur le rire. Vous le verrez, nous avons des personnalités très riches et très diverses. Chacun de nous a trouvé sa place dans ce « jardin large, généreux et doux » qu’est l’Ordre. Nous y sommes heureux et la joie n’est jamais loin. C’est dans notre devise : Laudare ! Vous êtes aussi très différents les uns des autres. L’Esprit Saint vous réunit et vous propose de former une communauté dominicaine c’est-à-dire vivant selon nos règles et nos Constitutions. Selon les dialogues, « cette discipline est royale en ce qu’elle permet aux parfaits et aux imparfaits de rester à bord de la barque » c’est-à-dire de se convertir et de vivre. Dès lors, si ces règles sont vécues comme une contrainte extérieure, si elles vous étouffent, dites-le ! Ce serait juste le signe que notre vie n’est pas faite pour vous. Il ne faut pas avoir de scrupule ! Les portes ne seront pas verrouillées. En revanche, si elles vous aident à épanouir le fils de Dieu que vous êtes, votre amitié avec le Christ, c’est une très bonne nouvelle. Si elles vous donnent en plus, par-delà les aspérités et les épreuves de la vie, d’être heureux et joyeux, c’est une excellente nouvelle. Saint Dominique avait dit un jour aux novices : « Vraiment vous avez bien sujet de vous réjouir et de rire. N’êtes-vous pas sortis de la prison du diable, brisant les chaînes dont il vous avait liés pendant bien des années ? Riez donc, bien-aimés, riez ! »

Ben Sira terminait sur la démarche. La vôtre, à cause ou grâce à l’habit, va changer ! Mais cette célébration est surtout le signe extérieur de la démarche spirituelle que vous entreprenez. Vous n’allez pas prendre l’habit mais le recevoir. C’est un don qui rappelle que « c’est bien par grâce que nous sommes sauvés ». Vous allez, en plus, être revêtus, par un frère. Par ce geste, nous vous offrons notre fraternité, nous vous ouvrons toutes grandes les portes de notre communauté et de notre vie. Dorénavant, nous vous regardons et considérons comme des frères que rien, extérieurement, ne distinguera des autres. Nous vous demandons donc de vous comporter « en tant que tel ». Cela n’est pas inné mais s’apprend. C’est donc une invitation à découvrir en profondeur ce que nous sommes, qui nous sommes. Cela passera par notre histoire avec ses sommets mais aussi ses parts d’ombre. Voudrez-vous l’assumer, vous inscrire dans cette lignée ? Un petit signe discret se trouve dans le rosaire que vous porterez. Il vous aide à découvrir, à l’école de Marie, les mystères de la vie du Christ, pour que vous les viviez. Il a aussi appartenu, ce rosaire, à d’autres frères avant vous. Priez pour eux, et priez les ! Et confiez-vous à Notre-Dame du Rosaire.

Chers Louis, Olav, Raymond, Romain, Sébastien, Stanislas, Thomas & Tristan, voilà ce que nous vous proposons de vivre en vous revêtant de l’habit de l’Ordre. Alors, voulez-vous découvrir cette vie nouvelle selon l’Esprit Saint, cette vie dominicaine, cette vie de communion fraternelle, où on agit « avec allégresse et simplicité de cœur » ? Si oui, avancez-vous ! Et que le Seigneur continue son œuvre afin que « la manière dont vous vous habillerez, votre façon de rire et votre démarche révèlent ce que vous êtes » !

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