« Mettre un terme aux causes de la migration forcée », martèle le pape

Le pape François appelle les gouvernements à s’unir pour « mettre un terme aux causes de la migration forcée, qui contraint des civils à fuir ».

“Les libertés civiles” (“Libertà civili”) : c’est le titre de la nouvelle publication bimestrielle du Ministère italien de l’Intérieur, qui s’ouvre avec une interview du pape François. Le premier numéro a été présenté ce vendredi 7 avril 2017 par le ministre italien de l’Intérieur, M. Marco Minniti, au “Viminale », siège du ministère, à Rome, à deux pas de Sainte-Marie-Majeure. La revue est consacrée aux questions des droits et de l’immigration dans le contexte italien et européen actuel.

A la première question du directeur de la revue, Giuseppe Sangiorgi, le pape François évoque sa visite au camp de réfugiés sur l’île grecque de Lesbos, le 16 avril 2016, d’où il a sauvé 12 réfugiés, il souligne tout d’abord la force de cet appel aux consciences lancé ensemble avec l’archevêque orthodoxe d’Athènes et le patriarche oecuménique : « La visite à Lesbos et la prière avec l’archevêque Hiéronyme et le patriarche de Constantinople Bartholomée, représente un partage fraternel et de proximité au cri de tant d’innocents qui demandent seulement de pouvoir sauver leur vie. Le partage fraternel avec les autres confessions appelle les consciences à ne pas tourner le dos à l’appel à l’aide et à l’espérance d’aide de frères et sœurs en difficulté. »

Le pape invite à trouver les moyens de gérer les migrations avec « humanité » et en s’unissant : « Les migrations, si elles sont gérées avec humanité, offrent une occasion de rencontre et de croissance pour tous. Nous ne devons pas perdre le sens de la responsabilité fraternelle. La défense de l’être humain ne connaît pas de barrières ; nous sommes tous unis dans la volonté de garantir une vie digne à tout homme, toute femme, tout enfant contraint d’abandonner sa terre. Il n’y a pas de différence de credo qui puisse s’opposer à cette volonté, au contraire. C’est justement dans ces contextes-là que se manifeste qu’on est frère qui travaillent tous les jours à la construction du bien, du même bien. Si la même union était adoptée aussi par les gouvernants des différents pays, alors peut-être pourrait-on faire quelque pas plus concret au niveau global pour les migrants et pour les réfugiés. »

Il invite les gouvernants à voir plus loin, à faire respecter les droits de la personne et à remédier aux causes des « migrations forcées » : « L’île de Lesbos, comme Lampedusa, découvre au monde le visage de personnes innocentes qui fuient la guerre, ; les violences et les persécutions. Des hommes, des femmes, des enfants en voyage seul, qui arrivent, fatigués et épuisés, avec l’espérance de sauver leur vie par des voyages dramatiques par terre et hélas aussi par mer. En Europe, et dans d’autres régions du monde, on traverse un moment critique pour la gestion de politiques migratoires. Les gouvernants ont besoin de voir loin, et de cohésion pour un respect vigilant des droits de la personne et pour mettre un terme aux causes de la migration forcée, qui contraint des civils à fuir. »

 

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