Ne jamais dissocier liberté, vérité et charité

Par un moine de l’abbaye de Triors sur le site de l’Homme Nouveau :

Le 3 octobre s’est ouvert la 15ème assemblée générale ordinaire du Synode des évêques. Le thème choisi, la jeunesse, aurait beaucoup plu à Jean-Paul II. Créé par Paul VI, le synode a pour but de favoriser l’union étroite entre le Pontife romain et les évêques et d’aider le pape pour défendre l’intégrité de la foi et de la morale, la préservation et le renforcement de la discipline ecclésiastique et pour étudier les questions qui ont trait à l’action de l’Église dans le monde. Souhaitons et prions pour que la vérité se fasse, car le relativisme ambiant combattu avec tant de bonheur, sinon toujours avec succès, par Benoît XVI, infeste tous les secteurs de notre société permissive, y compris dans l’Église. C’est essentiel pour bien orienter les jeunes qui, précisément en raison du relativisme, ne savent pas toujours où aller et comment se décider pour un choix définitif.

Le Pape commence par dire merci. Cela n’est pas sans importance à notre époque qui a complètement perdu la notion d’action de grâces, comme d’ailleurs les paroles les plus élémentaires de politesse. Mais après les remerciements purement protocolaires, le Pape remercie les jeunes de faire confiance à l’Église, mère et éducatrice, à laquelle nous devons toujours être fiers d’appartenir. En effet, malgré toutes les faiblesses humaines de ses membres pécheurs et les vicissitudes de l’Histoire, malgré les tempêtes impitoyables qui s’abattent sur elle, l’Église demeure toujours sainte et immaculée en elle-même. D’autre part c’est uniquement elle qui pourra nous transmettre le message toujours actuel du Christ.

Après l’action de grâces, le Pape parle avec courage et franchise, car il entend ne jamais dissocier liberté, vérité et charité, préférant une critique honnête et transparente aux vains bavardages et aux dangereux quolibets ou préjugés. Il demande à ses auditeurs l’humilité de l’écoute indispensable pour tout vrai dialogue. En effet, pour le Pape le synode demeure avant tout un exercice ecclésial de discernement qui exige impérativement la franchise dans la parole et l’ouverture dans l’écoute de Dieu et non des médias, le discernement n’ayant rien à voir avec les slogans publicitaires. Pour cela, il faut se souvenir que Dieu est toujours à l’œuvre dans l’histoire des hommes. Notre Dieu est un Dieu personnel qui vient personnellement à la rencontre de chacun de nous qu’il aime nommément. Mais l’écoute suppose le silence. C’est pourquoi le Pape a fait l’innovation d’introduire de nombreux moments de silence dans les débats. C’est certainement une heureuse initiative qui va dans le sens du très beau livre du cardinal Sarah, La force du silence. Et puisque Dieu est présent dans l’histoire des hommes, l’homme doit cheminer ici-bas avec Dieu, ouvert aux surprises de Dieu dont les voies ne sont jamais les nôtres, comme le disait déjà le prophète Isaïe. Cela implique aussi, sans aucun libéralisme ni aucun naturalisme pour autant, de sortir de ses préjugés de petite chapelle ou des stéréotypes inefficaces et mêmes dangereux. Le but n’est pas de diviser, mais bien d’unir les générations entre elles par la mémoire et aussi la fidélité à la tradition vivante. Les vieux doivent être respectés, les jeunes aimés. Saint Benoît le recommandait déjà à ses moines. Souvent les jeunes ont tendance à mépriser les anciens, oubliant la véracité du proverbe affirmant que lorsqu’un vieux meurt, une bibliothèque brûle. Le Pape met aussi en garde à nouveau contre le mauvais cléricalisme, celui qui veut arriver au pouvoir et non pas servir à l’image de Jésus et de sa Mère la servante du Seigneur.

Pour lire le discours du Pape François

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