“Ni syncrétisme, ni relativisme”, ni subjectivisme : le problème n’est pas là.

En réaction à notre article sur les propos du pape François “Ni syncrétisme ni relativisme”, un lecteur attire notre attention sur d’autres problèmes qui selon lui minent le dialogue inter-religieux.

 

“Ni syncrétisme, ni relativisme”, ni même, probablement, subjectivisme, mais le problème n’est pas là.

Ce problème a commencé à apparaître dès les années 1970, en théologie chrétienne des religions non chrétiennes, et dès la fin des années 1970 ou le milieu des années 1980, dans le Magistère et la pastorale catholiques tournés vers les croyances non chrétiennes et les croyants non chrétiens.

Il est ou serait d’ailleurs très inexact et très injuste de considérer que ce problème a eu un caractère marginal ou négligeable sous Jean-Paul II et Benoît XVI, et qu’il n’a un caractère préoccupant ou prépondérant qu’à cause ou que depuis le début du pontificat du Pape François.

Le problème est ici : l’ensemble des conceptions et des pratiques actuellement dominantes, dans le domaine des réflexions des catholiques sur les croyances non chrétiennes et dans celui des relations des catholiques avec les croyants non chrétiens (un ensemble bien moins confessant ad extra que dialoguant ad extra),

– semble vraiment fréquemment plus consensualisateur et iréniste qu’évangélisateur et réaliste,

ou, si l’on préfère,

– semble vraiment très souvent, non plutôt opposé, mais plutôt propice au confusionnisme, au nominalisme, au perspectivisme, au consensualisme.

Cela ne signifie pas que cet ensemble est formellement partisan de ce confusionnisme, de ce nominalisme, de ce perspectivisme, de ce consensualisme, mais cela signifie qu’il est matériellement propice au développement, au sein ou autour de l’Eglise catholique, de ces quatre traits de caractère, plus ou moins constitutifs d’un même courant de pensée et d’action.

On rappellera ici que le confusionnisme peut très bien déboucher sur un effacement, par des catholiques, de la différence de nature qui existe entre la religion chrétienne et les religions ou les traditions croyantes non chrétiennes, sans pour autant constituer, au moins dans un premier temps, du syncrétisme, au sens propre de ce terme.

On rappellera aussi que le consensualisme peut très bien déboucher sur une occultation, par des catholiques, de la différence de nature qui existe entre la religion chrétienne et les religions ou les traditions croyantes non chrétiennes, sans pour autant générer, au moins dans un premier temps, du relativisme, au sens strict de ce terme.

Qu’importe donc que l’on ne soit ni syncrétiste, ni relativiste, ni même subjectiviste, si on laisse entendre que toutes les dénominations croyantes sont presque également légitimes, du point de vue catholique postmoderne, ou si on laisse entendre que ce qui compte c’est que chacun soit en accord avec sa propre perspective croyante, dans le respect de la sensibilité de chacun et dans le souci de la solidarité entre tous, du même point de vue !

En d’autres termes, oui à la coexistence pacifique inter-religieuse et non à l’auto-censure pacifiste catholique.

Mais celle-ci n’est-elle pas fréquemment considérée comme la condition sine qua non, pour que soit possible celui-là ?

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