Nigeria – Un évêque contesté pour raison ethnique

Une délégation du diocèse nigérian d’Ahiara, qui refuse son évêque pour des raisons ethniques, a été reçue jeudi 8 juin au Vatican par le pape François. Cette délégation était conduite par le cardinal John Onaiyekan, archevêque de la capitale, Abuja, et administrateur apostolique de ce petit diocèse du sud-est du pays dont les catholiques refusent, pour des raisons ethniques, leur évêque nommé en 2012 par Benoît XVI.

Lors de la nomination de Mgr Peter Okpaleke, laïcs et prêtres du diocèse ont en effet refusé leur nouvel évêque au motif qu’il n’était pas issu de l’ethnie Mbaise comme l’était Mgr Victor Chikwe, mort en 2010 après avoir été le premier évêque du diocèse pendant presque 25 ans.

Tout en faisant partie du peuple Ibo, majoritaire dans le sud-est du Nigeria, Mgr Okpaleke, qui a effectué de brillantes études de droit canonique à Rome, vient en effet de l’État voisin d’Anambra. Selon ses détracteurs, il devait être possible de trouver parmi eux un prêtre ayant les qualités requises pour être évêque. La situation dans le diocèse était si tendue que le nouvel évêque a dû être ordonné dans le diocèse voisin d’Owerri et n’a, à ce jour, pas encore pu prendre possession de son diocèse.

Pour calmer le jeu, le Pape François avait, dès juillet 2013, nommé administrateur apostolique du diocèse le cardinal John Onaiyekan, archevêque d’Abuja et homme rompu aux dialogues difficiles. L’année suivante, le cardinal ghanéen Peter Turkson, alors président du Conseil pontifical Justice et paix, avait aussi été envoyé pour évaluer la situation sur place.

« Lors de l’audience d’aujourd’hui, le pape, après mûre réflexion, a parlé du caractère inacceptable de la situation à Ahiara et se réserve le droit de prendre les mesures appropriées », a souligné le Saint-Siège dans un communiqué. Outre le cardinal Onaiyekan, la délégation incluait l’évêque d’Ahiara, les archevêques de Jos et Owerri, ainsi que trois prêtres, une religieuse et un chef traditionnel. Ils ont accompli ensemble un pèlerinage sur les tombes des apôtres Pierre et Paul, ainsi que la basilique Sainte-Marie-Majeure. Ils ont aussi participé ce jeudi matin à la messe célébrée par le Pape François à la Maison Sainte-Marthe.

Ils ont aussi rencontré cette semaine le Secrétaire d’État, ainsi que le préfet de la Congrégation des Peuples et les principaux responsables de ce dicastère, avec lesquels a été examinée « la situation pénible de l’Église à Ahiara ».

Le Pape François est très attentif à ce que les questions ethniques ne viennent pas troubler la vie des diocèses, notamment en Afrique. Lors de sa visite au Kenya, en novembre 2015, il avait lancé un vibrant appel au refus du tribalisme lors d’un rassemblement avec des jeunes, invitant au contraire à un attachement à la patrie, à la nation.

En septembre dernier, recevant des évêques du monde entier en formation à Rome, il avait d’ailleurs mis en garde contre « les différences dues aux différents groupes ethniques d’un même territoire » qui, avait-il expliqué, « ne doivent pas pénétrer dans la communauté chrétienne ». « L’Église est appelée à se mettre toujours au-dessus des connotations tribales et culturelles », avait-il prévenu.

 

Source Radio Vatican

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