Ninive : L’archevêque chaldéen d’Erbil expose à l’AED sa vision de l’avenir

Depuis le début de la bataille de Mossoul, les opérations militaires ont progressé dans la plaine de Ninive, permettant notamment de libérer la ville de Qaraqosh. Le 9 novembre 2016, Mgr Warda, archevêque chaldéen d’Erbil a exposé à l’AED (Aide à l’Eglise en Détresse) sa vision de l’avenir.

Même si Mossoul tombe bientôt, les chrétiens réfugiés à Erbil ne retourneront pas chez eux, dans la plaine de Ninive, avant l’été 2017. D’abord, il faudra résister à cet hiver et puis, reconstruire. « Les gens reviendront, c’est une évidence, mais quand ? » s’interroge Mgr Warda. « Ce ‘’quand’’ n’est pas qu’une question de temps mais aussi de situation : quand Mossoul sera une ville sûre, quand le gouvernement soutiendra la reconstruction et essayera de vraiment sécuriser les lieux [la plaine de Ninive]. » Difficile de fixer un calendrier. Les défis s’accumulent.

Sécuriser la plaine : un vœu pieux ?

« A Mossoul, nous prévoyons une dure batailleC’est l’un des bastions de l’État Islamique qu’ils défendront jusqu’au bout. » Si la libération de la ville peut prendre du retard, l’archevêque craint aussi de nouveaux affrontements dans la plaine de Ninive : « Nous avons progressé, en ce qui concerne l’aspect militaire de cette affaire, mais le contexte politique et social n’est pas réglé. Les chrétiens ont peur des querelles politiques. Il y a tout lieu de craindre que certains groupes utilisent la plaine pour renforcer leur position. » Son appel se fait pressant : « Nous avons besoin de la communauté internationale pour faire pression sur toutes les parties concernées. Assez de guerres, assez de violence, nous voulons la paix. »

Outre la sécurisation des territoires, le défi de la reconstruction semble immense : « Dans la mesure du possible, les gens vont voir l’état de leurs villages. Il y a beaucoup d’églises brûlées, de sanctuaires complètement à terre, de maisons incendiées et pillées. » Il insiste : « Nous avons besoin de temps pour reconstruire. »

Après l’EI, le froid, la faim

Compte tenu d’un retour encore impossible pour les exilés, la plus grande préoccupation actuelle de l’archevêque est l’approvisionnement en nourriture, médicaments et abris ainsi que la scolarisation des enfants réfugiés : « Certains pensent peut-être que, comme l’État Islamique est parti de la plaine de Ninive, l’aide n’est plus nécessaire. Mais l’hiver arrive ici. Nous avons besoin de soutien, jusqu’à ce que les gens puissent rentrer chez eux. »

L’archevêque d’Erbil relève tout de même l’immense espoir que suscitent les opérations militaires dans la plaine. Les chrétiens « rendent grâce à Dieu ». « Malgré toutes les difficultés, nous sommes sûrs aujourd´hui que notre pays est en voie de libération. L’État Islamique a enfin été battu ; la Croix est victorieuse. Les gens célèbrent des messes et prient. »

Mgr. Warda signale que « l’AED a fourni 43 % du total des aides d’urgence aux personnes déplacées à Erbil depuis l’été 2014 ».

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