A la une #NLQ

L’édito – Mariage – L’Eglise d’Afrique a des préoccupations différentes de l’Occident

En Occident, la famille est attaquée nous le savons. Elle est laminée par des politiques massivement anti-famille et par une idéologie contraire à la vérité propre de l’homme. Le Gender, qui a conduit à la loi Taubira en vue d’une nouvelle civilisation et dont nous voyons les masques tomber avec la GPA, la PMA, l’euthanasie des mineurs etc, est, pour nous, la préoccupation numéro 1. C’est ainsi du reste qu’elle a totalement occulté l’ampleur et la variété des discussions lors des deux synodes sur la famille.

Inscrits dans une vision résolument progressiste, les médias ont cherché à influencer ce synode, en vue d’accélérer le changement civilisationnel. Hypertrophiant certains aspects abordés dans les séances de travail, pour donner l’impression qu’enfin l’Eglise allait s’ouvrir à la modernité, médias et, ne nous voilons pas la face, toute une partie des chrétiens, ont étouffé les préoccupations des autres continents, qui eux, se trouvent confrontés à d’autres réalités, à d’autres civilisations, bien vivantes ou qui n’en finissent pas de mourir.

Ainsi, face à a question des divorcés-remariés, l’Afrique a-t-elle tenté de faire entendre sa voix en exposant les atteintes portées contre la famille sur le sol africain. Polygamie, anthropophagie, rites initiatiques, rites vaudou et mariages forcés sont autant de résistance à l’épanouissement du modèle familial chrétien.

 

Ici comme ailleurs, nous avons tendance à défendre la famille comme citadelle assiégée, oubliant qu’elle est une globalité et que si elle est menacée à tribord, elle est ipso facto fragilisée à bâbord. L’Eglise universelle est appelée à promouvoir autant qu’à défendre la famille comme lieu d’épanouissement naturel de la personne humaine. En rester à la défense du pré carré n’est-ce pas contraindre la famille à peu à peu succomber sous les coups répétés de l’ennemi ? Ce qui se passe en Occident arrivera en Orient et en Afrique, tout comme ce contre quoi les Africains se démènent aujourd’hui est proche de nous atteindre.

 

 

 

Messes/Prières/Pèlerinages #NLH #NLQ

Rencontre avec le Père Cantalamessa les 17, 18 et 19 mai 2018 au sanctuaire de Trois-Epis (68), à Colmar (68) et à Strasbourg (67)

Grand rassemblement de la Pentecôte « Renouvelés pour évangéliser » avec le Père Raniero Cantalamessa les 17-18-19 mai 2018.

Le Père Raniero Cantalamessa, prédicateur de la Maison pontificale, a été invité par le diocèse de Strasbourg pour animer le « Grand rassemblement de la Pentecôte Renouvelés pour évangéliser ». A l’occasion de ses vœux pour l’année 2018, Mgr Ravel nous a tous invités à y participer.

Il s’agit d’un temps de ressourcement pour susciter ou pour renouveler notre rencontre personnelle avec le Christ ; un temps pour que l’Esprit-Saint réveille en nous « la passion pour l’évangélisation » (Evangelii Gaudium 78).

Mais c’est aussi un temps pour témoigner de notre désir de travailler pour la communion entre tous les chrétiens vivant en Alsace : la participation de la Fraternité Œcuménique du Renouveau en Alsace (FORA) à la préparation et à l’animation de ce rassemblement en témoigne.

Toute personne, quels que soit sa sensibilité spirituelle, son état de vie ou son âge, trouvera sa place dans ce temps de ressourcement qui s’étale sur trois jours :

  • Jeudi 17 mai au sanctuaire de Trois-Epis, journée de récollection pour les prêtres présents en Alsace, organisé par le Chanoine Jean-Luc Liénard, Vicaire Général.
  • Vendredi 18 mai (16h-21h30), à Colmar, église Sainte-Marie, temps fort pour tous avec les Nouvelles Communautés et les groupes de prière du Renouveau charismatique : conférence, assemblée de louange et temps convivial.
  • Samedi 19 mai, à Strasbourg :
    • 10h00-16h30 : Pèlerinage annuel des collégiens et lycéens. Sur inscription. Contact  : pastojeunes@cathocus.fr ;
    • 13h30 : « Devenir disciples missionnaires » pour tous ceux qui se posent des questions : échanges, enseignement, prière, mission autour de la cathédrale. Rendez-vous à la Maison diocésaine Saint-Pierre (27 rue des Juifs- Strasbourg) ;
    • 16h00-20h00 : Rencontre pour tous à la Cathédrale. Accueil par Mgr Luc Ravel,conférence du Père Cantalamessa et ateliers : foi et vie professionnelle, l’évangélisation en paroisse, la vie de couple, l’unité des chrétiens, lire la Parole de Dieu et s’en nourrir, se laisser conduire par l’Esprit Saint, prier pour la guérison… parmi bien d’autres.
      Le Père Cantalamessa (après sa conférence), animera un atelier spécialement destiné aux jeunes professionnels et aux étudiants.

Pour vous faciliter l’accès à la cathédrale, et si vous venez à plusieurs, vous avez la possibilité de  nous communiquer les coordonnées d’une personne référente pour le groupe ainsi que le nombre des personnes qui le constituent (référent compris). Ces informations sont à transmettre par courrier à  nce-rc@diocese-alsace.fr ou par téléphone au 03 88 21 24 97 ou 07 82 21 39 74.

D’autres informations seront bientôt publiées sur le site Internet du diocèse et sur Facebook

18-19 mai : Journées organisées par le Diocèse de Strasbourg – Nouvelles Communautés et Renouveau Charismatique- avec le concours de la zone pastorale de Strasbourg et en lien avec la Fraternité Œcuménique du Renouveau en Alsace

Messes/Prières/Pèlerinages #NLQ

Messe avec les chrétiens du proche et moyen Orient en la Cathédrale de Strasbourg (67) le 6 mai 2018

Monseigneur Luc RAVEL, Archevêque de Strasbourg, invite les Chrétiens Orientaux présents en Alsace à venir célébrer la messe dans leur rite à la Cathédrale de Strasbourg le 6 mai prochain à 11h. Ils sont originaires du Liban, d’Irak, de Syrie, d’Egypte, de Palestine…

Beaucoup d’entre eux ont subi les exactions et les persécutions de groupes fanatiques. Obligés de fuir leur terre natale et d’abandonner tous leurs biens, ils ont trouvé refuge dans d’autres pays, y compris chez nous en Alsace.

La liturgie sera célébrée selon l’antique rite syriaque d’Antioche (rite majoritaire à Mossoul et dans la plaine de Ninive en Irak). Pour cette messe on utilisera l’araméen, l’arabe et le français. Les autres rites orientaux seront également présents, ainsi que l’Ordre des Chevaliers du Saint Sépulcre.

 

L’organisation est confiée à l’Équipe Diocésaine de l’œuvre d’Orient :

Archevêché – 16 rue Brûlée
67081 STRASBOURG CEDEX
r.vigneron@outlook.fr – 06.25.11.57.03

Messes/Prières/Pèlerinages #NLQ

Veillée de prière pour « Se préparer à accueillir l’Esprit-Saint » le 11 mai 2018 à Raismes (59)

Vendredi 11 mai 2018, de 19h30 à 20h30
A la maison du diocèse de Cambrai :

174 rue Léopold DUSART

59590 RAISMES

 

Vignette_Pere Marie-Eugene de l'Enfant-Jesus

 

Avec des méditations du bienheureux Marie-Eugène de l’Enfant-Jésus,

prendre une heure pour se préparer à accueillir l’Esprit-Saint.

 

Le Bienheureux Marie-Eugène de l’Enfant-Jésus (1894-1967) était père carme, prédicateur,  directeur spirituel, fondateur de l’Institut Notre-Dame de Vie.

Il a écrit « Je veux voir Dieu », un des rares livres capables d’illuminer une vie et de la transformer.   Ce livre a été rédigé pour des personnes concrètes « chercheurs de Dieu ». Il est né de l’écoute de leurs questions, de l’échange d’expériences, du désir de les encourager et de les entrainer plus avant.

Il y partage aussi à mots couverts sa propre expérience spirituelle.

Il a été béatifié à Avignon le 19 novembre 2016.

 

Messes/Prières/Pèlerinages #NLQ

Pélé Cyclo en Avesnois 2018 du 19 au 21 mai 2018 à Ferrière-la-Grande (59)

Bienvenue au Pélé Cyclo 2018 !

La Pentecôte « autrement » ? Trois jours de VTT pour les jeunes de 4°, 3° et 2nde.

 

Pour la cinquième édition du pélécyclo, les étapes se succéderont à nouveau à travers l’Avesnois !

Départ le samedi 19 mai à 9h00 (*) à Ferrière-la-Grande, fin le lundi 21 mai à 14h à l’Institution Saint-Pierre de Fourmies.

 

Trois jours de pélerinage en vélo, en équipe,

avec des temps de joie (jeux, veillée festive , …),

avec des temps de partage et de fraternité,

avec des temps de prière,

pour mieux aller à la rencontre de Dieu, de soi-même, des autres, de la Création.

 

Tout au long du parcours : montées, descentes, chemins à travers bocages et villages, bois et forêts…

 

Un pélé cyclo pour ceux qui aiment l’émotion et n’ont pas peur de l’aventure, du défi  et de l’exploit sportif !

Bref, un pélé cyclo pour toi !

 

Tu peux t’inscrire individuellement ou en groupe avec un accompagnateur majeur.

30 euros pour l’ensemble du séjour.

 

Inscription :

  • Se pré-inscrire en cliquant ici.
  • Télécharger les documents ci-dessous et les renvoyer complétés à :

 Jeunes CathoCambrai – Pélé cyclo,
Maison du diocèse
174 rue Léopold Dussart   BP 17,
59590 Raismes

Télécharger le fichier PDF “Lettre pele cyclo 2018”
Télécharger le fichier PDF “Fiche Inscription pele cyclo 2018”
Télécharger le fichier PDF “fiche sanitaire 2018”

Revoir le pélé cyclo 2017  : photos

Revoir le pélé cyclo 2016  : photos

Revoir le pélé cyclo 2015  : photos et vidéos

Revoir le pélé cyclo 2014  : photos et vidéos

 

 

 

(*) Possibilité de rejoindre le groupe le samedi en début d’après-midi

Conférences/Formations #NLH #NLQ

24 mai 2018 : Journée sur la place de l’image dans l’annonce de la foi à Nantes (44)

Le Service Diocésain de Pastorale Catéchétique (SDPC) vous invite à une journée sur la place de l’image dans l’annonce de la foi :

 

BIBLE ET IMAGES
L’art pour dire Dieu
L’art lieu de catéchèse et d’annonce de la foi.

Jeudi 24 mai 2018 de 9h15 à 16h30 à la Maison diocésaine Saint-Clair (7 chemin de la Censive du Tertre à Nantes, quartier petit Port).

Le père Pietro Biaggi, directeur adjoint du Service National de la Catéchèse et du Catéchuménat (SNCC) nous guidera tout au long de la journée.

  • Interventions du père Pietro Biaggi et du père Gérard Naslin
  • Ateliers en groupe et découverte d’œuvres diverses
  • Travail sur l’image dans l’ancien et le nouveau testament
  • Célébration eucharistique.

Public :  catéchistes en éveil à la foi, enfance et adolescence. Adultes intéressés par la question de la transmission par l’image (art sacré, art profane) : Grands-parents, parents, enseignants…

Inscriptions dés maintenant : sdpc-secretariat@nantes.cef.fr
♦ Renseignements : 02 49 62 22 55
♦ Repas 10€ ou pique-nique / participation aux frais 10€/personne.
♦ Places limitées.
♦ Voiture : Périphérique Nord, porte de la Chapelle n°39, puis direction Centre
♦ Tram : Ligne 2 arrêt Facultés ou Morrhonnière Petit Port.

Bénévolats/Caritatifs #NLQ

Le diocèse de Marseille (13) cherche des bénévoles

Vous avez du temps disponible, vous souhaitez apporter vos compétences au diocèse

Vous êtes invités à vous rendre sur le site des bénévoles et à consulter les offres

https://benevoles.marseille.catholique.fr/Offres ?

 

NLH #Tribunes et entretiens

Une perspective différente : Scruton et l’écologie conservatrice – Pierre de Lauzun

L’illusion étatique
Scruton s’oppose résolument à l’écologie politique dominante inspirée par une rhétorique revendicatrice, qui met pour l’essentiel la destruction de l’environnement sur le compte de l’entreprise, du profit et de l’avidité. Mais il ne justifie pas pour autant la culture de consommation ou nier le réchauffement global. Pour lui cet affrontement est stérile. Ce qu’il conteste dans la première attitude est le goût pour une politique radicale, dirigée du haut, a priori alarmiste, traitant toute question comme un combat spirituel du bien contre le mal, justifiant par-là les mesures les plus autoritaires et excluant tout compromis.

Or dit-il de telles solutions décidées par en-haut sont en pratique très souvent contre-productives. Décidées par l’Etat, elles créent des incitations artificielles et des rentes ou prébendes, à coups d’interdictions et de subventions. D’où évidemment un intérêt personnel pour beaucoup de ceux qui participent à cette action collective. Mais comme le montrent les résultats désastreux des pays communistes dans le champ écologique, rien ne prouve qu’un système étatique soit bien placé pour gérer de telles préoccupations. Ceci vise notamment une des sources principales de dégât écologique, l’externalisation des coûts, car il est encore plus facile à un organisme public d’externaliser ses coûts qu’à des organes privés. Cela ne veut pas dire que le marché résout tout, mais son intérêt est de comporter une forme de message en retour (feedback), qui en un sens ressemble à un système vivant. En revanche les subventions et régulations détruisent souvent ces effets en retour. Notamment, les formulations du principe de précaution sont vagues et permettent n’importe quelle action bureaucratique : d’un côté des réglementations pointilleuses encadrent une multitude d’activités, de l’autre des réalités nocives sont autorisées (comme les emballages non-dégradables). Ce principe est un obstacle à l’innovation et l’expérience, là même où elles sont absolument nécessaires. Il conduit en outre à désagréger les risques en les traitant séparément : on cherche à les diminuer un par un mais réduire un risque en crée souvent un autre.

La responsabilisation des acteurs
Il y a bien sûr des biens publics qui ne peuvent être fournis que par l’Etat, comme la loi. Cela peut aider à résoudre des questions comme celle du passager clandestin (free rider) ou plus largement la « tragédie des biens communs », qui ne sont pas propriété de quelqu’un en particulier, mais accessibles à tous, avec le risque que chacun se dépêche pour prendre ce qu’il peut avant l’épuisement de la ressource par les autres. Ainsi avec les océans aujourd’hui. Mais la réponse faite spontanément aujourd’hui à ces problèmes, le contrôle public, n’est pas toujours la bonne ; car si quelqu’un veut surexploiter ces biens communs, il faudrait plutôt lui opposer les droits des autres ; il faudrait donc plus de droits de propriété. Le problème principal des communs est dit-il l’absence de marché. Il y avait autrefois des droits transférables sur les pâtures communes, ou des droits de pêche – que la politique européenne a détruits. Quant au dilemme du prisonnier de la théorie des jeux, souvent évoqué pour justifier une intervention publique, il résulte en fait d’un manque d’information. On connaît cet exemple de base de la théorie des jeux : si des prisonniers ne peuvent communiquer entre eux et ont une stratégie purement individuelle, ils font rationnellement des choix individuels qui en interagissant conduisent à un résultat qui n’est pas le meilleur possible pour chacun d’eux. Mais comme le montre aussi cette même théorie des jeux, si ensuite on réitère le jeu, les acteurs développent des stratégies de coopération (et de représailles si nécessaire) avec un résultat global finalement optimal. De façon générale, dit-il, la méthode la plus efficace face à de tels problèmes est la gestion par une communauté locale avec prise de décision commune (mais en cas de besoin possibilité de sanction par des autorités supérieures), sur la base de droits clairs à participer ou non, et avec des sanctions pour les contrevenants : on l’a vu notamment en Suisse. Il propose en outre de supprimer les lois technocratiques sur l’agriculture, que seuls les gros opérateurs peuvent respecter, et de les renvoyer à la décision locale où la pression sociale réduit les coûts environnementaux, tout en faisant payer plus cher les routes ainsi que le planning urbain.

Compter sur la protection de l’Etat rend irresponsable, mais dit-il cela n’absout pas les grandes entreprises. Car elles ont-elles aussi une capacité anormale à se protéger contre le côté négatif de leur activité, avec trois grandes dérives : on externalise les coûts ; on tire aide, protection ou subsides de l’Etat ; et on se protège du risque. Notamment, le principe même de la société anonyme crée un hasard moral car actionnaires et direction sont protégés par la loi contre les poursuites liées à l’action de la compagnie, et prennent dès lors des risques qu’ils ne prendraient pas sinon. Mais dit-il la solution n’est pas d’introduire l’Etat dans le jeu : elle est de responsabiliser ces agents.

Plus largement, le fait est que les marchés ne sont pas bons pour traiter les rejets, qui sont pour les producteurs un coût qu’ils cherchent à transférer. Ces égouts collectifs de fait sont dès lors surchargés. Dans ce cas précis il faut des régulations, dont le rôle est de faire supporter le coût éventuel des opérations par ceux qui les réalisent. La solution est notamment dans cette notion juridique ancienne qui est la responsabilité générale (law of torts) ; elle oblige à internaliser les coûts. Son danger potentiel est d’inhiber la prise de risque ; mais dit-il cela permet de protéger l’environnement plus efficacement qu’une série de réglementations ad hoc. Cela dit, cela suppose qu’une partie lésée soit identifiable, et un bon fonctionnement de l’appareil judiciaire (et donc pas des jurys à l’américaine eux-mêmes irresponsables). Les questions techniques : l’exemple de l’énergie On pourra objecter qu’il est des cas où une action internationale paraît s’imposer au vu du caractère mondial des problèmes en cause, et on cite les gaz à effet de serre. Mais dit-il, sauf cas particulier comme l’interdiction des gaz nuisant à la couche d’ozone, où l’intérêt collectif était clair et ne heurtait pas de plein fouet des intérêts particuliers, de tels traités sont assez peu efficaces et on a peu progressé par cette méthode. En effet, plus la faute est lourde, plus on a d’incitation à ne pas respecter les règles. Dans le cas des bouteilles en plastique, le coût en serait très élevé, et donc rien ne débouche. On respecte rarement les traités quand ils vont contre votre intérêt immédiat ; et il n’y a aucun précédent où des sanctions ont été mises en place à un tel niveau.

Il est néanmoins tout à fait justifié d’agir dans ce domaine de l’énergie fossile. On peut commencer nous dit Scruton par décentraliser la production de l’énergie, et introduire une taxe proportionnelle sur les émissions (sans quota) ce qui a l’avantage de frapper les consommateurs, qui sont les vrais responsables. Mais ajoute-t-il, la seule vraie solution au réchauffement et au besoin d’énergie est qu’on découvre une énergie non polluante et bon marché. Une question centrale est alors la recherche scientifique, qui doit être intensifiée. Mais en la matière, à nouveau, en l’absence d’incitation suffisante du marché pour la réaliser, puisque le bénéfice n’en est que pour les générations futures, cela suppose des financements publics. Voilà donc un domaine où l’action publique directe a pleinement son sens.

Modifier les priorités et motivations
Il ajoute qu’une dimension essentielle du problème est d’ordre politique et culturel. D’un point de vue conservateur dit-il, la poursuite effrénée de la gratification individuelle remet en cause l’ordre social tout autant que la planète. Le point commun entre conservateurs et environnementalistes est de se demander où nous sommes, quel endroit nous est propre, et que nous voulons léguer à nos descendants. C’est l’amour partagé de la maison, du foyer (home). Une politique sage consiste à protéger et maintenir les coutumes et institutions qui mettent un frein à nos appétits, renouvellent les sources de satisfaction sociale, et nous empêchent de passer le coût de ce que nous faisons à d’autres qui n’y sont pour rien. Comment favoriser des motivations non égoïstes chez des personnes ordinaires ? Si on ne trouve pas une motivation pour les gens, la cause de l’environnement est perdue. On a cherché à traduire les préoccupations d’environnement en termes économiques, mais en réalité ils sont d’abord un problème moral. Notamment rappelle-t-il on ne peut faire entrer dans un calcul la question des générations futures. La bizarrerie du raisonnement économique, effectué sur la base de préférences individuelles, est que c’est incapable de donner un sens au cas du soldat qui donne sa vie, ou de la mère qui sacrifie sa carrière pour une enfant handicapé ; alors que leur rôle est essentiel. Dans les deux cas c’est une idée d’eux-mêmes qui les motive. La moralité suppose la responsabilité de nos actes envers les autres. Transformer cela en un calcul de préférences ou de prix à payer est caricatural. L’homo economicus n’a pas idée des buts de la vie, de la maîtrise des désirs, etc. Dans un raisonnement moral on n’échange pas des préférences, on sauvegarde des choses qui ne peuvent faire l’objet de transactions : des personnes, une communauté, le sexe, la justice, l’honneur. Le motif moral n’est pas une préférence mais un jugement. Il faut notamment dit-il voir la nature comme source de valeurs intrinsèques et non pas instrumentales, y compris la nature sauvage.

Subsidiarité et communautés proches
Pour lui donc, le vrai écologisme suppose de définir quelque chose qu’on appelle ‘chez soi’ (oikos, la maison) et dont on s’occupe. L’oikos passe avant l’économie. La vraie question pour l’environnement est d’inciter les gens à chercher à résoudre pour eux-mêmes les problèmes écologiques, en responsabilisant ceux qui ne souffrent pas des conséquences de ce qu’ils font, tout en accroissant la résilience d’ensemble du système. L’Etat doit créer un cadre propice pour cela. En matière d’environnement, les conflits locaux sont mieux résolus par la discussion et des compromis, qui sont inacceptables pour les activistes. Et d’ailleurs les groupes de volontaires prolifèrent là où l’Etat ne prend pas en charge. Il faut exploiter et non chasser ce facteur essentiel qu’est l’esprit public, dont l’origine est le patriotisme, l’esprit d’appartenance : tel problème est notre problème en tant que membres de tel groupe. Les meilleurs citoyens du monde seront les communautés qui se sentent responsables de leur habitat comme un foyer.

En outre, le souci du passé et du futur est créé par l’attachement, la responsabilité envers des proches, et elle se réduit avec la distance. Et ce n’est que dans certaines circonstances qu’on opère par choix rationnel. Beaucoup d’obligations sont fondées sur la piété, ou sur une justification morale ou religieuse, comme la gratitude. La société n’est pas fondée sur un contrat ; pour qu’il y ait contrat il faut une forme de confiance et la loi. Le type de personne en qui la confiance est possible est produite par la famille, qui n’est pas un contrat ; la loi suppose l’Etat, qui ne l’est pas plus. Considérer la responsabilité abstraitement la détache de ce qui lui donne un sens pratique, qui est la sympathie de personne à personne, et qu’il faut si on peut étendre et non réduire. L’attachement au foyer (home) est important ; on en peut donner des explications psychologiques ou évolutionnistes, comme à toute la moralité, mais cela néglige la dimension de responsabilité interpersonnelle. C’est dans cette expérience que se forment les enfants, et ceux qui sont privés de foyer sont durablement perturbés. En outre, la défense de l’environnement suppose des volontaires, et c’est dans des petits groupes que la tradition se forme. Or les traditions sociales sont des formes de connaissance, par adaptation progressive et transmission d’information. Elles permettent à une société de se reproduire. Avec le culte des petites communautés, le respect des morts et de la tradition, le souci des générations futures est au centre de la pensée conservatrice. Car si le futur est inconnu, le passé lui est connu, et le souci du passé développe la perspective transgénérationnelle. On le voit dans la vie familiale : c’est une chaîne où on donne et reçoit, et surtout qu’on transmet ; et cela ne comporte aucun calcul utilitaire pour nous-mêmes. S’y ajoute le rôle très important des institutions collectives et des associations, et plus encore des fondations (trusts). Ces dernières sont une création remarquable, car elles imposent une responsabilité indéfinie à ceux qui la gèrent : ils ont les devoirs de la propriété mais pas les droits. Dans une bureaucratie en revanche la responsabilité disparaît.

Le risque de ne voir la liberté et la personne humaine qu’en termes plus ou moins scientifiques et notamment biologiques conduit à voir l’autre comme un automate, et finalement à supprimer la responsabilité et la culpabilité et à réduire nos engagements. Cela explique notre attitude irresponsable envers l’environnement. Il faut au contraire donner aux choses une valeur intrinsèque et non pas instrumentale. Et cela vaut notamment pour le foyer, la maison, la patrie. L’amour du foyer pousse à l’histoire et à la conservation du passé, compris comme héritage vivant ; il change l’appréhension du temps, en fondant la durée qui relie au passé et au futur. C’est sur cette base qu’on peut espérer assurer le respect de l’environnement, pas par des oukases : non pas un foyer nostalgique, mais un endroit où on continue à vivre. C’est un besoin fondamental de se demander où on appartient, et si on ne l’a pas on le cherche. C’est ce qui nourrit aussi le patriotisme et l’esprit de sacrifice correspondant, autour d’une idée de ‘nous’, qui fonde un ordre politique, et qui comporte cette notion, et donc de territoire commun. Il faut favoriser l’appartenance, pas l’enrégimentement au profit d’une cause.

Beauté, piété et désacralisation
En bref l’amour de l’environnement (écophilie) nous appelle à la responsabilité et non au calcul, à aimer et non à utiliser, à respecter et non à exploiter. Il faut regarder les choses autour de nous comme des fins en elles-mêmes. S’y ajoutent deux grandes motivations : l’amour de la beauté et le respect du sacré, qui étaient autrefois liés. On admet volontiers que ce qui est beau a une valeur intrinsèque. Ce n’est pas inutile, mais comme l’amitié cela ne vaut et en définitive n’est utile qu’en étant recherché pour soi-même. Dans le système dominant, on voit l’environnement comme quelque chose à instrumentaliser ; d’où, par réaction, des concepts abstraits et irrationnels comme celui de Gaia. Mais pour montrer les limites de l’instrumentalisation et de l’approche réductrice, l’exemple de l’amitié est bien meilleur : l’utilité qu’elle peut avoir n’en est qu’un sous-produit.

C’est aussi le cas de la beauté. Deux erreurs dominent ici : croire que la beauté est purement subjective, ce qui rend le consensus impossible ; ou considérer qu’elle ne compte pas, qu’elle n’a pas de valeur économique – d’où les saccages esthétiques de paysages par la modernité. L’instrumentalisation omniprésente, notamment par la publicité, nous colonise, et fait de tout un objet de consommation. L’attitude esthétique est un refuge contre le consumérisme. En cela elle n’est pas subjective ; on le voit dans les anciennes et belles villes d’Europe, qui résultent du fait que le jugement esthétique y était considéré comme l’expression d’une communauté. L’esthétique n’est pas un moyen de s’affirmer, mais de s’insérer. Loin de servir à s’exprimer soi-même, la beauté fait partie de la construction d’une maison commune – comme les rituels de la table, et les objets correspondants. C’est une construction commune, fondée sur la tradition.

Une analyse très riche, qui n’est certainement pas le dernier mot sur la question. Mais elle peut aider à rééquilibrer ce que les approches écologistes habituelles ont d’inutilement radical, et surtout de revenir aux motivations profondes qui peuvent nourrir une approche efficace et responsable de l’environnement.

Pierre de Lauzun

Source : Pierre de Lauzun

A la une #Amérique latine #Dans le Monde #NLQ

Nicaragua – “Tous les héros ne portent pas de cape, les miens portent des soutanes”

L’évêque auxiliaire de l’Archidiocèse de Managua, Monseigneur Silvio Báez, est devenu le héros de centaines d’étudiants qui ont été sauvés et protégés par l’évêque alors qu’ils manifestaient contre des réformes sociales au Nicaragua. Alors que le gouvernement du Nicaragua a nié les attaques, Mgr Báez a répondu par Facebook.

Lire la suite sur CATOLICO DEFIENDE TU FE (en Espagnol)

A la une #En France #NLQ

Mgr Xavier Malle : “Ne pas instrumentaliser les migrants”