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L’IGAS préconise le développement des soins palliatifs à domicile

Favoriser la fin de vie à domicile, c’est ce que préconise l’IGAS dans son rapport sur « les soins palliatifs et la fin de vie ».

Dans un rapport publié le 15 novembre dernier sur « les soins palliatifs et la fin de vie », l’IGAS évalue les conditions de la prise en charge des soins palliatifs à domicile.

Si dans les années 50, les Français mouraient encore, pour leur grande majorité, à domicile, en 2013, seuls 38 % d’entre eux étaient concernés. Une proportion stable par rapport à 2010. Ces patients cependant, « résidaient encore à leur domicile à seulement un mois de leur décès », le transfert vers l’hôpital n’intervenant que dans les « derniers jours de vie ». Or, les capacités d’accueil en lits spécialisés de ces établissements sont insuffisantes pour absorber ces besoins et les personnes en fin de fin s’éteignent « dans des services ‘classiques’, voire pour certaines dans les couloirs des urgences ».

Le rapport, qui s’est aussi intéressé aux conditions de prise en charge, estime que 60 % des situations de fin de vie « nécessitent un accompagnement palliatif », mais que le système existant ne donne pas de réponse satisfaisante. Aussi, « le risque d’une absence ou d’une insuffisance de soins palliatifs existe donc pour plus de 75 % des personnes » qui pourraient en faire la demande.

Par ailleurs, « aucune démarche contractuelle » ne garantit « la réalité et la qualité » de ces soins de fin de vie à domicile. Si les structures se multiplient, souvent de façon désordonnées et sans liens les unes avec les autres, les patients « doivent organiser leur propre parcours de soins ». La nuit, le week-end ou pendant les vacances, « l’intervention de dispositifs d’urgence » « peut aboutir, faute d’alternative, à une hospitalisation pas toujours appropriée ou souhaitée ».

Le rapport évoque les raisons de soutenir le développement des soins palliatifs à domicile. S’ils répondent à l’attente d’une majorité de Français, ils sont aussi rendus nécessaires pour accompagner un nombre croissant de personnes fin de vie : « l’INSEE prévoit 770 000 décès par an à l’horizon 2060, soit une hausse d’environ 50 % par rapport à la situation actuelle ». Enfin, ils doivent permettre de garantir « une meilleure effectivité du droit aux soins palliatifs ».

Parmi les actions à engager, deux aspects sont développés : celui du rôle pivot du médecin traitant dans la prise en charge. Le rapport suggère cependant de le réinvestir « sur des interventions clés » : le repérage des patients ou la préparation de « la phase pré-agonique », et d’accentuer l’implication des infirmiers. L’hospitalisation de ces personnes doit être anticipée, programmée et, si possible, évitée. Le rapport souligne que les capacités d’accueil en lits de soins palliatifs étant sous employées à hauteur de 50 %, les médecins coordinateurs en HAD ou en EPADH devraient pouvoir appuyer les médecins traitants et être autorisés à prescrire et bénéficier de la réserve hospitalière.

Le rapport note cependant que le maintien à domicile n’est pas « adapté à toutes les circonstances de fin de vie » et souhaite « éviter une logique du ‘tout domicile’ » : la question de la maîtrise des dépenses est abordée, celle aussi de la pertinence quand la fin de vie est longue, quand les ressources financières sont insuffisantes ou que la capacité à mobiliser un réseau d’aidants est difficile.

En tout état de cause, favoriser la fin de vie à domicile devrait permettre à de nombreuses personnes âgées ou malades d’envisager plus sereinement leurs derniers instants tout en éloignant le spectre lugubre de l’euthanasie.

 

Source Généthique.org

Brèves

L’industrie pornographique partenaire des services de PMA

L’éditeur de contenus pornographiques Marc Dorcel « fournit gracieusement téléviseurs, lecteurs DVD et films de sa production » à une trentaine d’hôpitaux publics. Un partenariat « discret » qui vise les patients reçus dans les services d’assistance médicale à la procréation et les CECOS (​Centre d’étude et de conservation des œufs et du sperme humains). « Nous n’apportons cette aide qu’aux centres publics parce que nous considérons que l’hôpital a d’autres dépenses prioritaires », commente le PDG Grégory Dorcel. Du côté des médecins, ils estiment observer « moins d’échecs de recueil » de sperme « depuis l’installation de ces téléviseurs » par ailleurs « plus hygiénique que la manipulation de revues ».

 

Source Généthique.org

Europe non francophone #NLQ

Vatican – Enquête sur l’affaire du petit séminaire Saint Pie X

Une enquête est en cours pour faire « la pleine lumière » sur de présumés abus sexuels qui auraient été perpétrés au petit séminaire Saint Pie X, institution fondée au sein du Vatican et confiée au diocèse de Côme (Italie).

 

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Europe non francophone #NLQ

Belgique – Une vache crucifiée trône dans une église

 Décidément, le diocèse de Hasselt fait parler de lui ; après les bizzareries de la célébration de la Virga Jesse, voici à présent qu’une sculpture d’un artiste contemporain exposée dans une église non désacralisée défraie la chronique et suscite le scandale des derniers rares croyants de cette Flandre déchristianisée qui ne sacrifie plus qu’à Mammon et aux démons du nationalisme. La passivité de l’évêque de Hasselt nous paraît vraiment scandaleuse.

Pas de vache à l’église !

Une quinzaine de croyants se sont rassemblés dimanche après-midi dans l’église de Kuttekoven à Looz (Limbourg), dans laquelle l’artiste Tom Herck a installé son œuvre controversée The Holy Cow (La vache sacrée). Ils protestent contre cette peinture représentant une vache crucifiée et veulent « restaurer l’honneur » de l’église. L’action a été organisée par l’ASBL Katholiek Forum. L’église de Kuttekoven n’est pas encore désacralisée mais l’artiste Tom Herck a tout de même pu y installer son œuvre. Il était présent dimanche. « Je suis content que vous soyez venus, a-t-il répondu aux croyants. Chacun a le droit d’avoir sa propre opinion. » Selon lui, son œuvre n’insulte pas la religion catholique mais fait référence au gaspillage dans notre société.

 

Source

A la une #NLQ #Rome

Joseph Ratzinger continue à être un maître pour les chercheurs de vérité – L’hommage du pape François

« Joseph Ratzinger continue à être un maître … pour tous ceux qui exercent le don de la raison afin de répondre à la vocation humaine de la recherche de la vérité », a affirmé le pape François lors de la septième édition du Prix Ratzinger qu’il a présidée le 18 novembre 2017, au Vatican. Le pape argentin a remis leurs prix aux trois lauréats : le théologien luthérien allemand Theodor Dieter, le théologien et prêtre catholique allemand Karl-Heinz Menke, et le compositeur orthodoxe de musique sacrée estonien Arvo Pärt.

Durant cette rencontre, le pape a adressé « une pensée affectueuse et intense au pape émérite Benoît » : « Sa prière et sa présence discrète et encourageante nous accompagnent sur le chemin commun ; son œuvre et son magistère continuent à être un héritage vivant et précieux pour l’Eglise et pour notre service », a-t-il déclaré.

Après les introductions du p. Federico Lombardi, président de la Fondation vaticane Joseph Ratzinger-Benoît XVI, et du cardinal Kurt Koch, président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, le pape François a salué la provenance œcuménique des trois lauréats : « La vérité du Christ n’est pas pour les solistes, c’est une symphonie : elle demande collaboration docile, partage harmonieux. »

Au cours de la cérémonie, l’œuvre “Pater noster”, qu’Arvo Pärt composa à l’occasion du 60e anniversaire de sacerdoce de Benoît XVI, en 2011, a été interprétée par le compositeur, qui a joué sur un piano ayant appartenu au pape émérite, accompagné d’un jeune soliste des « Voci bianche » de l’Académie nationale de Santa Cecilia.

Voir la traduction intégrale du discours que le pape François a prononcé lors de cette rencontre.

 

Doctrine / Formation

Comprendre l’anthropologie chrétienne

Dans un entretien présentant deux de ses ouvrages, Cyril Brun revient sur l’anthropologie chrétienne.

30 minutes pour comprendre…

 

 

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Connais-toi toi-même

Une nuit square Verdrel

Le Requiem de Mozart, serein ou damné ?

En France #NLQ

Amoris lætitia, le diocèse de Lyon irait-il trop loin ?

[Dans un ] contexte de confusion pastorale et doctrinale que s’est tenu le 15 octobre à la cathédrale Saint-Jean de Lyon un temps de rencontre auquel le cardinal Barbarin avait convié « les fidèles ayant vécu une rupture conjugale », qu’ils soient remariés civilement ou non. L’intention manifestée du cardinal était de panser les blessures dont ces fidèles ont été victimes dans l’Église. Il a donc commencé son propos en leur demandant pardon « pour toutes ces blessures par un regard, un jugement ou un rejet brutal  ». Puis, il a tenté de présenter le changement qu’incarne Amoris lætitia en citant les mots du cardinal Schönborn : « Le pape François a sorti la doctrine de l’Église de son carcan réglementaire, sans la changer du tout. » On aimerait en savoir plus sur ce qu’il faut entendre par « carcan réglementaire ». Familiaris consortio et le texte du cardinal Ratzinger cité plus haut seraient-ils des exemples d’un tel carcan dont la doctrine a enfin été libérée ? Nous ne le saurons pas.

Cependant « il est clair, dit le cardinal, que la phrase de Jésus : “Ce que Dieu a uni que l’homme ne le sépare pas” ne va pas cesser d’être valide par décision du Pape.  » Il s’agit plutôt donc d’un changement dans la manière d’être auprès de ces personnes en souffrance. Écoute, patience, compassion sont nécessaires ce qui exige d’abandonner les deux « attitudes simplistes » : soit l’interdiction pure et simple, soit l’absence de toute règle. Notons qu’une telle alternative manifeste que le sujet serait abordé dans une perspective légaliste. Mais renvoyer dos à dos ces deux attitudes pour privilégier une attitude d’accompagnement et de discernement des cas singuliers peut l’être tout autant ! En effet, la soi-disant position médiane entre le rigorisme et le laxisme reste au même niveau, sur le même plan, à savoir une approche légaliste de la vie chrétienne (morale et sacrements) dans laquelle la conscience doit arbitrer un conflit entre la loi et la liberté. La conscience est alors vue comme une instance autonome devant se déterminer et non plus comme un acte de la raison par lequel la lumière de vérité sur le bien (la loi morale dans une approche non légaliste) éclaire l’acte à poser hic et nunc. Ici le principe moderne de la liberté de conscience ne prend-il pas l’ascendant sur le principe catholique de la conscience tel que saint Thomas, le bienheureux Newman et saint Jean-Paul II l’ont exposé ?

De fait, le cardinal archevêque de Lyon poursuit son discours : « Quand une personne divorcée remariée ne supporte pas de ne pas pouvoir communier, et finalement décide, à cause de cette brûlure intérieure, de ne plus venir à la messe, il serait absurde et inhumain de continuer à brandir devant elle un panneau d’interdiction. Ce serait la conduire à une rupture plus grave encore et l’enfermer dans son amertume. Quand quelqu’un vit cette situation et décide en conscience d’aller communier, personne ne le juge. » Dans une telle situation, la vie sacramentelle semble réduite à un besoin de la subjectivité individuelle devant laquelle le pasteur s’efface de peur d’apparaître comme un censeur inhumain. Cet exemple illustre le faux dilemme dans lequel la manière légaliste d’aborder la situation plonge et le fidèle et le pasteur. L’impossibilité de communier dont parlait le cardinal Ratzinger n’est pas d’abord un interdit. Elle n’est que l’expression concrète de ce que signifient les sacrements dans leur organicité ecclésiale.

 

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En France #NLQ

Consécration du diocèse d’Avignon au Cœur Immaculé de Marie

Monseigneur Cattenoz, archevêque d’Avignon consacrera son diocèse au Cœur Immaculé de Marie ce 8 décembre. Il a invité chaque curé à consacrer leurs paroisses au Cœur Immaculé de Marie.

Chaque jour de la neuvaine précédent ce 8 décembre, les diocésains sont invités à réciter la prière ci-dessous, écrite par le Cardinal Sarah pour cette année 2017 :

Très Sainte Vierge Marie, Reine des Anges et des saints, Médiatrice de toutes grâces,
nous trouvons refuge et protection auprès de Votre Immaculé, car vous êtes notre Mère.
Accordez-nous, comme vous l’avez promis aux trois pastoureaux de Fatima,
de savoir offrir chaque jour notre vie pour le salut des pécheurs.
Que votre amour maternel touche les cœurs endurcis par le péché pour que tous les hommes,
sauvés par le sang de votre Fils versé sur la Croix, trouvent le chemin de l’amour, de la pénitence et de la réconciliation avec Dieu et avec leurs frères.
Alors, nous pourrons chanter tous ensemble et d’un seul cœur
le triomphe de votre maternelle Miséricorde.
Ainsi soit-il.

Puis, un Notre Père, dix Je Vous Salue Marie, un Gloire au Père et trois fois l’invocation suivante : «   Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous  »

Le 8 décembre, ils sont invités à participer à la Messe, à communier et à la procession aux flambeaux, en l’honneur de Notre-Dame

Brèves

François Fillon veut lancer une fondation pour les Chrétiens d’Orient

Si François Fillon a décidé d’arrêter la vie politique, il entend rester fidèle aussi à certains de ses engagements.

« Je reconstruis ma vie autrement, mais je reste en alerte devant les grands défis du monde », assure-t-il, annonçant son intention de créer une fondation « pour la coexistence des minorités, dont les chrétiens d’Orient »« Entre l’Occident et l’Orient, il faut plus que jamais nouer un dialogue entre les civilisations », estime-t-il.

Un engagement ancien

L’intérêt de François Fillon pour les chrétiens d’Orient ne date pas d’aujourd’hui. Fin 2014, il s’était rendu avec Valérie Pécresse en Irak, puis au Liban, au chevet des chrétiens fuyant les persécutions du groupe État Islamique et du Front al-Nosra (branche syrienne d’Al-Qaida). Ils avaient tous deux organisé le 23 juin 2015 au Cirque d’hiver « un grand rassemblement de mobilisation et de soutien aux chrétiens d’Orient », où ils avaient réclamé pour eux « le droit à l’asile politique ».

Le 15 avril 2017, le candidat LR s’était également rendu à l’église Sainte-Marie Saint-Marc de Châtenay-Malabry (Hauts-de-Seine) pour participer à la veillée pascale célébrée par la communauté copte.

À la suite des attentats perpétrés en Égypte contre cette communauté, il leur avait réexprimé son soutien. « Il y a nécessité pour la France de les défendre, pas seulement parce qu’ils sont des chrétiens mais parce qu’ils représentent au Proche-Orient la diversité ; le jour où il n’y aura plus de diversité au Proche-Orient, c’est la paix qui sera plus fragile et encore plus menacée », avait-il alors déclaré.

 

 Source

Synthèse Hebdo

Edito #52 – Il disperse son peuple… Mais pourquoi ?

« Il (le roi de Juda) mourra à Babylone sans l’avoir vue. Tout son entourage, sa garde et tous ses escadrons, je les disperserai à tous vents et je tirerai l’épée derrière eux. Alors ils connaîtront que je suis le Seigneur, quand je les aurai dispersés parmi les nations et que je les aurai disséminés parmi les pays. » Ez 12, 14-16

Il peut nous paraître surprenant que Dieu châtie ainsi son peuple, le poursuive même de sa vindicte au point de vouloir le disséminer et presque l’anéantir. Quelques lignes plus loin, le même Ezéchiel nous rapporte en effet que le Seigneur ne laisse qu’un petit reste, comme témoin de ce qui s’est passé. Il ne nous est pas dit, un petit reste de justes ! Non, il s’agit d’un reste pour témoigner tout à la fois de la Gloire de Dieu et de ce qui a conduit les hommes à leur perte, ou plus exactement à la perte du royaume céleste. Car que se passe-t-il sinon une déchéance, un nouvel exode, mais mortel celui-ci, du peuple élu ? Le roi déchu quitte Jérusalem assiégée. Il quitte la capitale de la terre promise. Il la fuit de nuit, le visage couvert au point qu’il ne voit même pas le pays où il arrive et qui va lui servir de tombeau, la terre des Chaldéens, dont la capitale n’est autre que Babylone. Babylone, ancienne Babel, est le royaume des hommes, par opposition à Jérusalem, cité céleste. Capitale symbole du monde humain où règne en maître l’orgueil. Telle est l’opposition symbolique que le prophète est invité, par Dieu même, à rappeler aux hommes, à ce petit reste de témoins. Le roi et les siens chutent du haut de la ville céleste, pour s’écraser dans la cité des hommes. Et comment cette chute est-elle possible ? Comment le roi passe-t-il, si vertigineusement, du Royaume divin à celui des hommes ? Comment perd-il la terre promise ? Tout est dit par l’acte prophétique. Il part de nuit, les yeux aveuglés par un voile, une capuche, un pan de son manteau de déporté. C’est un exilé qui fuit de nuit. Mais il ne fuit pas vers la nuit ou dans la nuit. Il part de nuit. Ce qui signifie qu’il est plongé dans le noir au moment où il décide de partir et que dans cette obscurité qui l’assaille et le masque à la fois, il s’enfonce, encore davantage dans les ténèbres en se voilant le visage. Et ainsi où tombe-t-il ? Au pays de l’orgueil qui est aussi la capitale du royaume des Hommes.

L’orgueil est un guide aveugle qui nous fait avancer dans la nuit et nous coupe de la lumière divine. Ce faisant, nous perdons et le chemin et la destination. En quittant ainsi Dieu pour lui-même, se préférant à Dieu, l’homme déchoit du trône où pourtant Dieu l’avait installé en son royaume. Que nous sommes loin de l’entrée triomphale du peuple élu ou de David à Jérusalem ! Une sombre fuite par un trou creusé dans la muraille. Et dès lors, le roi est un fuyard. Mais qui fuit-il ? La colère de Dieu ? Nullement ! Il quitte, à la hâte, une citadelle cernée par les hommes eux-mêmes, ceux-là même qui le déporteront au pays de l’orgueil. En laissant prise à cette supériorité qu’il se donne, persuadé qu’il sait mieux que Dieu ce qui est bien ou mal, vrai ou faux, l’homme s’aveugle de l’éclat de sa vanité. Et, comme après un flash, l’œil ne voit plus rien, le roi lui-même se perd et perd le chemin de l’exil, forcé par ceux-là même qu’il pensait ses alliés. Il devient un déporté de l’orgueil, un banni de son propre royaume. Cette brèche, qu’il fait dans le mur, est tout à la fois l’effondrement de sa position privilégiée dans la cité divine et la signature de son manque de confiance en Dieu qu’il défie encore une fois, pensant se sauver lui-même. Et au lieu de se couvrir de cendres et de faire pénitence, il se couvre encore de lui-même et mourant, sans avoir vu le pays qui l’accueille, il ne perçoit même plus que sa vanité l’a réduit au néant.

Mais qui l’a banni de son royaume ? Dieu ne lui a pas dit de s’en aller, comme il a défendu le jardin à Adam. C’est lui-même qui fuyant se bannit et se rend à l’ennemi qui triomphe et pourchasse les siens, jusqu’à la quasi extermination. Car l’orgueil est un mal qui aveugle, il est un poison mortel qui coupe l’homme de Dieu. Et ainsi, ce n’est pas Dieu qui exile, ou frappe, mais c’est le roi déchu qui, s’enfuyant, sort de la protection même de Dieu, après l’avoir perdu de vue dans son aveuglement.

Tel est, me semble-t-il, l’état de monde politique actuel. Ceux qui ont le pouvoir ─ c’est-à-dire, les peuples dans leur ensemble et pas seulement les responsables politiques ─ sont aveuglés par le brillant de leur propre suffisance et cherchent en eux-mêmes les moyens de se sauver. Pour ce faire, ils en sont aujourd’hui réduits aux dernières extrémités : percer la muraille de la cité divine ─ les lois élémentaires de la nature ─ et s’élancer dans une éperdue course en avant dans le brouillard. Nouvelle Babel, ils estiment aujourd’hui en remontrer à Dieu et pensent pouvoir s’élever très haut au-dessus de Lui.

Ils sont maîtres de la loi qu’ils changent à leur gré. Mais dans cet orgueilleux aveuglement, leur souffrance ne fait que grandir. La douleur en fait des morts vivants, sans paix ni joie réelles. Peuple hagard et en fuite, il n’est, en fait, comme dit le prophète Osée « qu’en exil, faute de connaissance », parce que refusant de recevoir de Dieu ce qui le dépasse, il préfère s’enfuir au pays de l’orgueil, où pourtant, il n’est qu’à regarder autour de nous … il ne trouve que mort.

Ne nous y trompons pas ! Si nous voulons changer le monde, il faudra passer un jour ou l’autre par cette remise en cause de la toute-puissance de l’Homme. Pour ce, il n’est guère que deux chemins : l’effondrement de cette tour de Babel et faire rayonner toujours plus la lumière divine.

M’est avis que ceci n’est possible qu’en réaffirmant haut et fort l’existence de Dieu en tous lieux, publics et politiques compris. Nous sommes à l’heure des prophètes qui, partout où ils sont, représentent des lumignons de la présence divine. Mutatis mutandis, c’est exactement ce qu’a fait, à son niveau, le vaste mouvement de manifestation qui s’étend depuis la manif pour tous au soutien des chrétiens d’Orient. Il est temps de remettre Dieu dans la rue, c’est-à-dire, non pas d’abord couvrir nos pavés de processions, mais en tout temps et tous lieux être des témoins vivants de cette parole de vie. Il nous faut donner Dieu au monde, pour que l’homme puisse à nouveau se donner à Dieu, librement !

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Edito #52 – Il disperse son peuple… Mais pourquoi ?

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