Quand on perd le sens du sacré on perd le sens du profane et on mange la dinde à l’église

S’il est une chose que toutes les religions, depuis la nuit des temps, partagent, c’est bien la distinction sacré / profane ; pur/impur.

Il est évident à l’historien des religions que le pur et l’impur ne revêtent pas la même signification d’un système religieux à l’autre. En revanche, la distinction profane sacré, elle traverse le temps et les cultures, ou bien elle disparaît, ce qui tend à être le cas en Occident dans l’Eglise catholique. Souvent, du reste, gommer la distinction du pur et de l’impur conduit à la profanation du sacré, au sens le plus étymologique du terme.

Rendre sacré, c’est sortir de l’usage ordinaire un objet, un lieu, voire une personne, pour le réserver au monde divin. Ainsi quand la foudre tombe sur un arbre, c’est le signe que Zeus souhaite se réserver cet arbre qui sort du monde ordinaire pour être consacré au divin.

C’est du reste le sens du mot sacrifice, faire sacré (voir notre édito). A l’inverse, profaner, c’est mettre hors du temple, c’est à dire sortir du monde du sacré un objet qui alors retrouve son usage ordinaire. C’est rendre profane.

Cela peut se faire de façon officielle et on utilise alors le terme désacraliser dans notre vocabulaire actuel. Mais cela peut se faire ipso facto par un acte qui, par lui-même, rend l’usage du lieu ou de l’objet à un usage ordinaire, hors du temple, profane.

Quand on ne voit plus la limite du sacré et du profane, tout devient profane et donc “profanable”, c’est à dire utilisable pour le quotidien.

On pourrait rétorquer que David se servit des oblats sacrés pour nourrir ses hommes affamés, sans pour autant commettre de sacrilèges. Mais, la vie est plus sacrée qu’une offrande vouée au culte. Et il est fort probable, connaissant la piété de du roi poète qu’il le fit avec une grande déférence sacrée.

Il n’est pas évident que la fête de la dinde entre dans ce critère et il y a bien profanation au sens strict de abbatiale de Licques. Une profanation inconsciente probablement pour l’immense majorité des participants, traduisant la perte de notion de sacré. Mais de la part du curé la question est plus épineuse. Donner asile à une fête en déroute n’est pas sauver une vie. Et à minima on aurait pu s’abstenir des casquettes et des farandoles.

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