Pape François : pour résoudre le problème des migrations, aider les pays d’origine

Pour résoudre le problème des migrations, une des pistes de réflexion indiquée par le pape François c’est d’aider les pays d’origine.

Le pape a été interrogé sur la question des migrations – dramatiquement présente en Amérique latine – dans l’avion de Panama à Rome (27-28 janvier 2019). Il a aussi rappelé avec insistance la « prudence nécessaire aux gouvernants pur gérer les migrations.

Voici notre traduction de la question et de la réponse du pape François.
AB

Vous avez dit qu’il était absurde et irresponsable de considérer les migrants comme porteurs d’un mal social. En Italie, les nouvelles politiques sur les migrants ont conduit à la fermeture du centre de Castelnuovo di Porto, que vous connaissez bien. Là, on voyait des signes d’intégration, les enfants allaient à l’école et maintenant, il risquent d’être déracinés. 

J’ai entendu parler de ce qui se passait en Italie mais j’étais plongé dans ce voyage. Je ne connais pas les faits avec précision, même si je peux imaginer. Il est vrai que le problème est très complexe. Il faut de la mémoire. Il faut se demander si ma patrie a été faite par des migrants. Nous, les Argentins, tous des migrants. Les Etats-Unis, tous des migrants.

Un évêque a écrit un très bel article sur le problème du manque de mémoire. Et puis les mots que j’emploie : recevoir, le cœur ouvert pour recevoir. Accompagner, faire grandir et intégrer. Le gouvernant doit user de prudence, parce que la prudence est la vertu de celui qui gouverne. C’est une équation difficile.

Il me vient à l’esprit l’exemple suédois qui, dans les années 70, avec les dictatures en Amérique latine, a reçu beaucoup d’immigrés, mais ils ont tous été intégrés. Je vois aussi ce que fait Sant’Egidio, par exemple : il intègre tout de suite. Mais l’année dernière, les Suédois ont dit : arrêtez-vous un peu parce que nous ne parvenons pas à finir le parcours d’intégration. Et cela, c’est la prudence du gouvernant.

C’est un problème de charité, d’amour et de solidarité. Je redis que les nations les plus généreuses pour recevoir ont été l’Italie et la Grèce et aussi un peu la Turquie. La Grèce a été très généreuse et aussi l’Italie, très. Il est vrai qu’il faut penser avec réalisme.

Et puis il y a autre chose : la façon de résoudre le problème des migrations est d’aider les pays d’où viennent les migrants. Ils viennent à cause de la faim ou de la guerre. Investir là où il y a la faim, l’Europe est capable de le faire, et c’est une façon d’aider ces pays à grandir. Mais il y a toujours cet imaginaire collectif que nous avons dans l’inconscient : il faut exploiter l’Afrique ! Cela appartient à l’histoire et cela fait mal ! Les migrants du Moyen-Orient ont trouvé d’autres voies de sortie. Le Liban est une merveille de générosité, il accueille plus d’un million de Syriens. La Jordanie, même chose. Et ils font ce qu’ils peuvent, espérant réintégrer. La Turquie aussi en a reçu. Et nous aussi, en Italie, nous en avons accueilli. C’est un problème complexe dont il faut parler sans préjugés. 

Je vous remercie beaucoup pour votre travail. Je voudrais dire quelque chose à propos de Panama : j’ai senti un sentiment nouveau, il m’est venu ce mot : Le Panama est une nation noble. J’ai trouvé de la noblesse.

Et puis je voudrais dire autre chose que nous, en Europe, nous ne voyons pas et que j’ai vu ici à Panama. J’ai vu des parents qui élevaient leurs enfants en te disant : c’est ma victoire, c’est ma fierté, c’est mon avenir. Dans l’hiver démographique que nous vivons en Europe – et en Italie, en-dessous de zéro – cela doit nous faire réfléchir. Quelle est ma fierté ? Le tourisme, les vacances, ma villa, mon petit chien ? Ou mon enfant ?

© Traduction de Zenit, Hélène Ginabat

Source : Zenit.org

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